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Politique

Grève du 5 décembre

La direction de la SNCF a peur et fait peur en bloquant les réservations de train début décembre

À une semaine de la grève du 5 décembre, la direction de la SNCF s’attend à un très fort mouvement. Afin de limiter un maximum l’impact de la grève, elle a décidé de bloquer les réservations de billet entre le 5 et le 8 décembre prochain.

jeudi 28 novembre

La direction de la SNCF a annoncé à Franceinfo que « Les ventes TGV INOUI, OUIGO et Intercité sont limitées pour les 5, 6, 7 et 8 décembre ».

Sur BFM TV, le groupe explique que « Les trains sont fermés à la vente et affichés “complets”, ceci pour permettre aux clients déjà dotés d’un billet pour les 5, 6, 7 et 8 décembre et dont le train ne circulera pas, de bénéficier de la “souplesse d’accès” sur un train dont la circulation est assurée ».

Cette mesure de la SNCF n’est pas faite en direction de l’usager malgré ce qu’explique le groupe.
En effet, celle-ci craint surtout l’impact de ce mouvement qui s’annonce très suivie d’un côté et joue sur les conséquences que peut avoir le mouvement sur les usagers de l’autre.

Jean-Pierre Farandou, nouveau patron de la SNCF, l’a lui-même indiqué mercredi soir après avoir rencontré le secrétaire d’État aux Transports Jean-Baptiste Djebbari à Asnières.« Les organisations représentatives se sont lancées dans des préavis (de grève) à partir du 5. On s’attend à un mouvement qui sera suivi. Donc […] nous prenons quelques précautions ». « Nous estimons qu’à ce stade il ne faut pas monter trop vite en puissance sur l’offre que nous ferons le 5 décembre. On sait que le mouvement sera suivi, on ne sait pas encore à quel point » a-t-il poursuivi.

De fait, la SNCF se prépare à une forte mobilisation. Le fait de bloquer les ventes permettra à la SNCF de ne pas rembourser les usagers et de les pousser à prendre leur propre moyen de locomotion afin de contourner légèrement la grève. Mais ce qui est le plus important dans cette annonce, c’est le fait que la SNCF ait bloqué les ventes jusqu’au 8 décembre, apparemment jusqu’au 10 dans certain cas.

La SNCF s’attend donc à ce que la grève reconductible soit appliquée au moins sur 4 jours. Un mouvement qui va se nourrir de la colère des cheminots engrangée depuis la bataille du Rail et qui a déjà ressurgi de manière éparse et victorieuse comme à Châtillon et au Landy. Mais ainsi, elle met également une pression sur les cheminots via les usagers.

Mais ce n’est pas tout, la SNCF tente de jouer sur un autre front, la bataille du remplacement des grévistes en préparant la mise en place de plans B, ces derniers sont pour la plupart des cadres formés sur le tas pour remplacer les grévistes sur certaines opérations parfois sécuritaire et donc dangereuses sans expérience. Dans certains secteurs, la où la grève s’annonce suivie la direction de la SNCF propose le Taxi et une chambre d’hôtel pour les non grévistes.

Si au sein de la SNCF, il y a véritable souci du service envers les usagers c’est bel et bien les cheminots qui l’ont. La direction de la SNCF avec le gouvernement ont organisé la casse du service public. Au nom de l’ouverture à la concurrence et du profit, ils ont sacrifié le service aux usagers et les conditions de travail des cheminots. On a pu le constater après l’accident de TER dans les Ardennes, qui avait mis en danger la vie des passagers et du conducteur, forcé de laisser son train et ses passagers seuls pour aller chercher de l’aide. Cette situation résultait directement de la politique de la SNCF qui, pour faire des économies, n’avait prévu qu’un seul employé dans ce train. Et ce sont les cheminots qui ont fait valoir leur droit de retrait, au nom de leur sécurité et de celle des usagers !

Si d’un côté la SNCF a peur de ce mouvement, surtout du fait que l’ensemble des syndicats appelle à la reconductible à partir du 5, de l’autre elle essaye de faire sortir la CFDT de ce tous ensemble fragile. Comme l’a expliqué à BFM son secrétaire général adjoint, Sébastien Mariani, la CFDT 4ème Organisation Syndicale avec ses plus de 14% des voix aux élections professionnelles de 2018, « est en mesure d’atténuer le blocage » si le gouvernement fait des concessions.

On sait que la CFDT-Cheminot a tendance à se cacher derrière l’impact des mouvements sur les usagers pour sortir de la grève. Cela avait été le cas lors de la bataille du rail. Avec la tenue du bac, le gouvernement avait appelé à la responsabilité des syndicats devant les bacheliers. La CFDT avait sauté sur l’occasion et avait déclaré être « en colère et mobilisée, mais aussi responsable » et avait appelé à « ne pas participer au mouvement de grève le lundi 18 juin et le vendredi 22 juin ».

Ainsi, la direction de la SNCF tente de provoquer la peur chez les usagers en fermant l’accès aux ventes de billets de train. Le but étant de provoquer un retournement de l’opinion publique et la colère envers les cheminots. En étant seuls dans la bataille, les cheminots isolés ne pourront pas défaire à eux seuls l’offensive du gouvernement sur les retraites. La solidarité et les convergences sont des ingrédients indispensables à la victoire. Seul un mouvement reconductible et interprofessionnel rassemblant non seulement les cheminots, mais aussi les dockers, les raffineurs, les routiers, les étudiants, les salariés de la santé, du service public, de l’éducation peut battre le gouvernement et imposer une fois pour toute la réforme des retraites.




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