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#VeritePourMahamadou

La famille de Mahamadou Fofana conteste la version policière et porte plainte pour « homicide volontaire »

Les circonstances qui entourent la mort de Mahamadou Fofana, membre de la famille d'Assa Traoré, sont troubles. Suite à une visite du corps du défunt à l'hôpital de Garches, Assa Traoré a remis hier en cause la version policières des événements et dénoncé la criminalisation de son cousin dans la presse.

mercredi 16 septembre

Crédit photo : Capture d’écran conférence de Presse

Dimanche dernier, Mahamadou Fofana, cousin de Assa traoré, est mort dans ces circonstances très troubles suite à une intervention policière qui serait liée à une affaire de vol de moto à Marly-le-Roi (78). Mahamadou Fofana, poursuivi par la police, aurait plongé dans la Seine et aurait trouvé la mort en se noyant d’après la version mise en avant par les forces de répression. Un appel à témoins avait été lancé lundi soir par le site Là-bas si j’y suis afin de faire toute la lumière sur cette affaire et ne pas laisser la seule version policière des faits s’exprimer, comme c’est systématiquement le cas dans les affaires de ce type dans les quartiers populaires.

Mercredi 16 septembre, la famille de Mahamadou Fofana, s’est rendu à l’hôpital de Garches pour voir la dépouille du cousin de Assa Traoré. Dans un premier temps, la police s’est interposée et a refusé l’accès à la morgue à la famille, faisant une fois de plus pression sur la famille Traoré et bafouant l’autorisation faite par l’hôpital à la famille d’avoir accès au corps. Finalement, la famille a pu avoir accès à la chambre mortuaire et au corps de Mahamoudou Fofana.

Lors d’une conférence de presse donnée suite à la visite du corps, Assa Traoré est revenue sur les circonstances très troubles qui entourent la mort d’un des membres de sa famille. La militante, connue pour son combat pour obtenir la vérité sur la mort de son frère Adama Traoré, a ainsi expliqué que « l’autopsie ne peut pas affirmer qu’il est mort noyé » et que « même les experts et les médecins ne peuvent pas le confirmer ». Une déclaration qui remet ainsi directement en cause la version des policiers qui affirme que Mahamadou Fofana s’est jeté à la Seine, a été secouru par un agent de police et que les policiers ont ensuite fait en sorte de le réaminer ans parvenir à le sauver de la noyade.

Assa Traoré a également insisté sur le fait que « la version des policiers a changé à plusieurs reprises » : « On nous parle d’une passerelle, on nous parle qu’il s’est jeté d’un pont, on nous parle qu’il a nagé et qu’il s’est fatigué et aujourd’hui on nous dit qu’il était inconscient dans l’eau. Aujourd’hui, de ce qu’on a pu voir, c’est qu’il a été frappé sauvagement, qu’il a été frappé lourdement au crâne. Son crâne est déformé. La question qu’on se pose c’est, est-ce qu’il a été frappé et poussé dans l’eau ? ». Elle a ainsi insisté sur la déformation du crâne de Mahamadou Fofana et les « hématomes au niveau du visage » qui laissent à penser qu’il « a été tapé à plusieurs reprises » avec une matraque.

Dénonçant la pratique visant à « criminaliser la victime [...] pour justifier la mort », Assa Traoré a aussi exigé que le procureur de Versaille soit démis de cette affaire car « il a médiatisé l’affaire en mettant en avant les antécédents judiciaires de Mahamadou Fofana » comme c’est systématiquement le cas dans les affaires qui concernent les personnes issues des quartiers populaires, tandis que la version policière, elle, n’est jamais remise en cause. Or, les incohérences et les modifications nombreuses dans la version des faits présentée par la police laissent à penser que toute la lumière sur cette affaire reste encore à faire.

Dans un communiqué réclamant #veritepourmahamoudou, les membres de la famille dénoncent d’ailleurs le fait que la procureure ait choisi de dissimuler ces éléments, notamment les « lésions importantes d’allures récentes au niveau de la tête », qui interrogent la version policière de la noyade. C’est d’ailleurs sur cet aspect que le communiqué insiste le plus : « L’instruction judiciaire devra notamment déterminer les circonstances dans lesquelles le défunt, présentant des lésions inexpliquées au niveau de la tête, s’est retrouvé dans l’eau. - A-t-il reçu des coups entraînant une perte de connaissance ? - Est-il tombé ou a-t-il été poussé dans la Seine ? ». Le communiqué envisage l’hypothèse de « l’homicide volontaire » dans cette affaire. C’est d’ailleurs sous ce chef d’inculpation que Yassine Bouzrou, avocat de la famille Traoré, va déposer plainte.

La révélation des lésions au niveau du crâne laissent penser qu’une fois de plus, la violence des policiers pourrait être responsable de la mort de Mahamadou Fofana. Assa Traoré a assuré vouloir faire faire toute la lumière sur cette affaire car « aujourd’hui quand se bat c’est pour tous les Adama Traoré que ce soit Mahamadou Fofana ou que ce soit toutes les autres victimes. On se bat pour que la police arrête cet acharnement contre notre famille, contre tout ces jeunes là » et pour dénoncer qu’on « On vi[ve] dans un monde où quand un Noir, un arabe ou un non-blanc croise la police, il n’a pas d’autre issue que de mourir ou d’être éborgné ».




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