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Politique

Édito

La grève à un tournant : réussir le 9 pour embrayer le 10, le 11... jusqu’à la victoire !

Après 36 jours de grève, le mouvement arrive à un tournant. Dans une séquence où des appels à la reconductible ont fleuri en dehors du « cœur » de la mobilisation, la réussite du 9 janvier est primordiale pour embrayer sur la suite, et ouvrir les voies de la victoire.

mercredi 8 janvier

Lors de la manifestation organisée par la base des grévistes de la RATP et de la SNCF le 26 décembre dernier / Crédits photo : O Phil des contrastes}

Après la tactique du pourrissement de la grève, le gouvernement cherche aujourd’hui à plier le jeu le plus rapidement possible. C’est tout le sens de la volonté d’un « compromis rapide » de Macron, comprendre un passage en force, comme on a pu le voir ce 8 janvier au travers des « négociations » avec les syndicats de la fonction publique. Ce changement de cap s’explique, avant tout, par le fait que 24 jours après la dernière grande date de mobilisation nationale, les grévistes, qui en sont à 36 jours de grève notamment à la SNCF et à la RATP, sont toujours là !

Une donnée pour le moins inattendue pour Macron, qui a joué la carte du pourrissement de la grève pour chercher à briser le cœur de la contestation, par la matraque s’il le fallait, comme nous avons pu le voir sur les différents dépôts de la RATP, entre autres. Mieux, en ce début d’année 2020, le mouvement se durcit dans certains secteurs, notamment du privé. Ainsi, l’ensemble des raffineries sont aujourd’hui en grève, avec blocage des expéditions. Autre secteur central, celui des éboueurs, où un appel national à la grève à partir du 9 janvier a été lancé.

En soi, les raffineries peuvent être le moteur, la locomotive pour une entrée plus large de secteurs du privé dans la bataille, ce qui pourrait changer radicalement la donne dans le rapport de force face à Macron. Dans le secteur public, l’Éducation nationale, qui a été un secteur fort du mouvement avant les vacances de Noël – et dont un noyau a poursuivi la mobilisation, dans le soutien aux autres secteurs, en particulier envers les cheminots et travailleurs de la RATP – pourrait aussi revenir en masse dans la bataille. D’autant plus que les hésitants de la fonction publique – et il est des endroits où il faut chercher pour les trouver – voient arriver la rupture conventionnelle comme mesure pour dynamiter le statut de fonctionnaire, et tout les acquis qui vont avec, faire disparaître le modèle même d’un statut plus protecteur que celui qui existe dans le privé. Public comme privé, chaque secteur reçoit des attaques, en plus des retraites qui nous touchent toutes et tous. L’occasion de rappeler que cette bataille est aussi une bataille contre un gouvernement des riches qu’il s’agit de faire reculer pour gagner sur tout le reste, pour des retraites décentes à taux plein à 60 ans pour toutes et tous – 55 pour les métiers les plus pénibles - pour le partage du temps de travail et éradiquer le chômage, pour en finir avec les licenciements, pour en finir avec les brimades du patron et des petits chefs. Une autre société pour laquelle il vaut la peine de combattre et de perdre des jours de salaire.

Nous sommes donc à un tournant de la mobilisation. La question de l’extension est ouverte, et il est possible et urgent de massifier la grève pour arracher la victoire. La séquence des vacances a aussi vu le rôle clé que pouvait jouer l’auto-organisation, par le biais de la coordination RATP/SNCF, qui a rythmé la mobilisation et a été un facteur décisif pour que, à l’approche de ce 9 janvier, les secteurs centraux de la grève soit toujours là ! En ce sens, il est important qu’un maximum de personne soit en grève et en manifestation le 9... et poursuive le 10, le 11... et jusqu’à la victoire. Pour se faire, il est indispensable que la « grève appartienne aux grévistes », décide de l’ensemble des modalités et revendications, pour franchir un cap décisif.




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