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Notre classe

La grève continue chez Mecachrome pour 200€ d’augmentation !

Les grévistes de Mecachrome entament leur 8e jour de grève, et continuent de revendiquer une augmentation minimum de 200€ face à l’inflation. La direction propose 65€, ils ont décidé de poursuivre leur mouvement !

mercredi 18 mai

Pour leur 7ème jour de grève, le 17 mai, les grévistes de Mecachrome avaient appelé les soutiens extérieurs à venir les soutenir devant leurs ateliers. Ce sont une cinquantaine de personnes, des syndicalistes de la sous-traitance aéronautique (Alten, Capgemini, Ateliers de la Haute-Garonne), des syndicalistes enseignants de la CGT Educ’action, la CNT, des militants Gilets jaunes des rond-points, ou des organisations politiques comme le NPA, Lutte Ouvrière et Révolution Permanente. Ce rassemblement avait lieu lors du dernier jour prévu des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO).

Face à l’inflation, les grévistes se mobilisent pour obtenir une augmentation de salaire de 7 %, et surtout une augmentation minimale de 200€ pour tous ! Alors qu’elle proposait initialement des augmentations générales de 2 % (avecune inflation de 4,8 % ce mois-ci, qui va encore grimper les mois qui viennent), elle a progressivement monté sa proposition à 2,5 %, puis 3,5 % lors de la réunion du 17 mai. Là où les grévistes insistent sur la nécessité d’un minimum d’augmentation de 200€, la direction parle de… 65€ !

Un signe déjà que la pression de la grève se fait sentir, même si la direction veut encore faire durer le rapport de force. Si la grève n’a lieu que sur le site de Launaguet, à côté de Toulouse, où la CGT est majoritaire et a poussé à la grève, force est de constater qu’elle exprime des revendications qui peuvent atteindre les quelques 2500 autres collègues répartis sur les autres sites dans le pays. Les autres syndicats (CFTC, CFDT, CFE-CGC, FO) ne se sont pas risqués à signer l’accord immédiatement et ont préféré convoquer des Heures d’Information Syndicale sur les autres sites. La direction a laissé jusqu’à vendredi pour que les syndicats décident de signer un protocole d’accord ou de « désaccord » comme il de coutume dans les négociations annuelles. Pour essayer de peser dans le rapport de force face à la grève, elle a décidé de faire du chantage à la signature, en menaçant de revenir sur les 3,5 % : « la signature, pour moi, ça vaut 1 % » a ainsi lancé un cadre dirigeant de l’entreprise, en guise de pression.

Nous avons souligné dans de précédents articles les aspects les plus positifs de la grève de Mecachrome, notamment sa volonté de durer, son organisation en assemblée générale, avec la tension permanente que la grève appartienne aux grévistes et pas simplement aux représentants syndicaux, mais aussi sa volonté d’extension et de recherche d’alliances. L’assemblée générale de mardi a aussi montré que les ouvriers de Mecachrome n’envisagent pas juste leur grève comme une pression uniquement pour le moment des NAO. Très souvent, on a l’habitude de voir des grèves qui se trouvent disciplinées par l’agenda des négociations avec le patronat (que ce soit pour des NAO ou des PSE). En l’occurrence, la direction de Mecachrome a déjà souligné qu’elle ne trouvait pas normale qu’il y ait grève pendant des négociations, révélant au passage comment ces négociations ont pour but de désarmer et d’empêcher les conflits sociaux. Mais de nombreux grévistes l’ont rappelé : « 200 euros, ce n’est pas un caprice ou une posture, c’est le minimum face à la situation ».

« Moi aujourd’hui je veux vivre de mon salaire, et aujourd’hui je suis obligé de demander la prime d’activité pour pouvoir vivre. »

Dans cette revendication, les ouvriers ont certes pris l’inflation actuelle en compte, mais aussi des années à travailler sans aucune augmentation ! Plusieurs salariés témoignent dans l’AG : « j’ai 10 ans de boîte, j’ai été augmenté deux fois ! ». Ils ont été nombreux à souligner aussi que c’est le rapport de force qui dicte les augmentations de salaire, négociations ou pas, « y a pas besoin de NAO pour faire grève ! ». Même une fois celles-ci passées, si le patron veut que les ouvriers reprennent le travail, il faut mettre 200€ sur la table.

Ainsi, le chantage de la direction ne fait pas peur aux grévistes, et la grève a été reconduite avec la volonté de se battre pour ses 200€ d’augmentation mensuelle sans céder à la technique de la carotte et du bâton utilisée par les dirigeants. La ligne affirmée est celle de ne pas accepter les miettes de la direction, mais même si les autres syndicats signent le protocole d’accord, les grévistes souhaitent continuer ! La grève a donc été votée à nouveau pour aujourd’hui, le 18 mai, le vendredi 19 et le lundi 21 mai.

D’ores et déjà des liens ont été tissés avec des syndicats CGT de l’aéronautique dans certaines villes qui vont organiser des diffusions de tract devant les autres sites de Mecahers pour prendre des liens. La lutte qui se poursuit à Launaguet envoie évidemment un signal important aux collègues des autres sites : il est possible de se battre pour obtenir une augmentation, et le chantage de la direction n’est pas une fatalité. Une potentielle extension, même partielle, serait évidemment un coup dur pour la direction.

En attendant, et même si les grévistes sont déterminés à poursuivre jusqu’au bout pour l’obtention de leurs revendications, il est clair que la direction veut laisser la situation tirer en longueur pour faire jouer l’argument financier. L’inflation qui est à la base de la colère fait aussi craindre une fiche de paye plus basse le mois prochain alors que certains se retrouvent à découvert avant la fin du mois. Pour cela il a été décidé d’ouvrir la caisse de grève pour aider les collègues qui en ont besoin. Une caisse de grève qui pèse déjà quelques milliers d’euros.

Il n’est que trop évident que les patrons et les riches savent se serrer les coudes en cas de coup dur, en témoigne les quantités astronomiques d’argent public déversés dans le secteur aéronautique pendant le Covid. Notre classe doit savoir faire preuve d’une solidarité encore plus forte pour l’emporter et il devient essentiel de faire un don à cette caisse de grève pour soutenir la lutte des Mecachrome, qui comme nous l’avons dit sur leur piquet mardi, « n’est pas juste la lutte des Mecachrome, mais la lutte de l’ensemble des salariés, des jeunes et des classes populaires » pour des salaires décents et pour que nous n’ayons pas à payer le coût de l’inflation. Alors que Mecachrome est en passe de fusionner avec WeAre pour peser à terme, 450 millions de chiffre d’affaires, apportons tout notre soutien, physique, moral et financier aux grévistes de Mecachrome pour qu’ils fassent plier leur direction !



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