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Politique

Crise de l'inflation

La hausse de l’électricité plafonnée à 4% jusqu’à début 2022 : Macron continue de nous enfumer

Interrogée ce vendredi 3 décembre sur BFM Business, Barbara Pompili, a annoncé que l’Etat plafonnerait la hausse de l’électricité de 4% jusqu’à début 2022. « Quoi qu’il arrive l’état protègera » a-t-elle affirmé … mais sûrement pas les plus précaires.

vendredi 3 décembre 2021

Crédit photo : AFP

Depuis le mois de septembre, les prix de l’énergie mais aussi des produits de grandes consommations s’envolent. En bref, ce sont toutes les dépenses de première nécessité pour une grande partie de la population qui explosent, et ce à échelle mondiale. Face à cette crise de l’inflation, qui affecte en premier lieux les plus précaires, le premier ministre avait annoncé fin septembre un « bouclier tarifaire » sur les prix de l’énergie avec donc une limitation à 4% de l’augmentation des tarifs de l’électricité, mais aussi le versement d’une « prime inflation » pour les ménages les plus modestes à hauteur de 100 euros et versée une seule fois à partir du mois de décembre.

Dans cette droite lignée, ce vendredi, la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a assuré que face à la flambée des prix de l’électricité, « l’Etat protégera » les consommateurs en garantissant la limitation de la hausse à 4% pour les particuliers jusqu’à début 2022. « Ce n’est jamais une folie d’accompagner nos concitoyens dans des moments de crise » a-t-elle ajouté. A quelques mois des présidentielle et alors que l’inquiétude et la colère croissent sur la question du pouvoir d’achat, Barbara Pompili a donc cherché à redorer l’image du gouvernement et à rassurer les plus précaires sur son action.

D’après des calculs du Figaro cette promesse du gouvernement de limiter l’envolée des prix de l’électricité devrait coûter aux alentours de 12 milliards. On voudrait bien souffler l’idée au gouvernement de rétablir l’ISF (l’impôt sur les grandes fortunes) qu’il a lui-même supprimé, mais évidemment on se doute que ceux que « l’état protègera » ce sont ceux qu’il a l’habitude de protéger… les riches ! Et Barbara Pompili d’annoncer la couleur : « Notre priorité est de faire en sorte que l’évolution du prix de l’énergie pénalise le moins possible les entreprises ». En réalité, le gouvernement cherche à faire diversion et maintient une forme de statu quo, maintenant, in fine, les taxes et les profits du grand patronat : le constat est clair, ce sont toujours les classes populaires qui vont devoir payer. Et ce sont donc malgré tout 4 %, qui continueront à s’ajouter à l’ensemble des autres hausses. Sur ce terrain, le coût reporté sur les consommateurs est particulièrement scandaleux lorsque l’on sait qu’EDF, entreprise dont l’État reste le principal actionnaire, va réaliser des bénéfices records en 2022.

Dans cette perspective, la ministre a incité à « consommer moins d’énergie » et annoncé en ce sens l’accélération des travaux de rénovation et d’isolation des bâtiments soutenus financièrement par l’Etat. Mais rien de concret à l’horizon, en attendant les classes populaires devront se serrer la ceinture ou ne pas se chauffer.

Une hausse des prix partie pour durer : imposons une augmentation des salaires

Si depuis le début de cette crise de l’inflation, les économistes et le gouvernement se veulent rassurants, à l’image de Barbara Pompili ce vendredi, et promettent que cette augmentation des prix n’est que passagère, la réalité c’est que [l’indice du prix en zone euros est à son plus haut niveau depuis 30 ans - > https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/11/30/l-inflation-en-zone-euro-au-plus-haut-depuis-trente-ans_6104195_3234.html] et que comme l’indique Le Monde ce n’est pas prêt de s’arrêter : « Mois après mois, les économistes et les banquiers centraux estiment que le phénomène est passager. Mois après mois, ils sont démentis ». Le président de la FED devant la commission bancaire du Sénat ce mardi 30 novembre, faisait en ce sens un constat édifiant : « il faut s’attendre à ce que les pressions inflationnistes se maintiennent pendant une bonne partie de l’année prochaine ».

Alors que la hausse des prix risque à nouveau de s’accélérer comme le note Le Parisien le prix des pâtes a à nouveau augmenté de 2,5%, celui des lentilles de 0,39%, et des huiles avec +,0,05% seulement pour le mois de novembre. Ainsi, d’après le décompte provisoire de l’INSEE, la perte du pouvoir d’achat des français en un 1 an est de 2,8% et elle va s’intensifier comme le souligne Emily Mayer interrogée par Le Parisien qui explique que sur les produits des marques nationales, qui sont encadrés juridiquement, l’inflation risque d’arriver à retardement et de se faire ressentir au mois de Mars. A cela s’ajoutent, l’augmentation de la taxe foncière qui devrait connaître une hausse d’au moins 3% en 2022 ainsi que celle du prix des loyers dont l’indice de référence a fait un bond de 1% selon l’INSEE.

Face à cette situation qui met dès le 15 du mois une grande partie de la population dans le rouge, une colère commence à émerger dans notre camp social à l’image de la démultiplication des grèves dans les secteurs de première et seconde ligne qui posent avant tout la question des salaires, et donc du pouvoir d’achat. Comme à Séphora, à Leroy Merlin, mais aussi dans des secteurs du public à la SNCF et à la RATP et chez les petites mains de l’éducation nationale avec la grève des AESH. Cette combativité qui s’exprime dans ces secteurs aussi précaires et éparpillés est le signe d’un ras le bol dans notre camps social. Mais pour aller au bout de ces revendications et taper fort pour renverser le rapport de force, il est plus que jamais nécessaire de proposer un projet alternatif à même de rassembler ces colères autour de revendications fortes. C’est en ce sens qu’avec Révolution Permanente nous voulons faire entendre une candidature et un programme de lutte révolutionnaire pour la présidentielle de 2022.

Nous y défendrons le gel des prix sur les produits de première nécessité, ainsi que la réquisition immédiate et la rétribution aux consommateurs de l’ensemble des superprofits accumulés par les grandes entreprises de l’énergie. Et comme le coût de la vie ne cesse d’augmenter, il faut imposer, a minima, que les salaires suivent à travers un mécanisme d’indexation des salaires et des pensions sur le taux d’inflation, ainsi qu’une hausse de tous les salaires et du SMIC à 1800 euros.



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