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Monde

Attaque contre la liberté de la presse

La justice anglaise approuve l’extradition d’Assange : exigeons sa libération immédiate !

La justice anglaise a annulé vendredi en appel la décision de non-extradition de Julien Assange, et poursuit la persécution du journaliste pour avoir divulgué des informations sur l'activité de l'impérialisme américain

lundi 13 décembre 2021

Crédits photo : Reuters

La décision avait été prise le 4 janvier dernier : la juge britannique Vanessa Baraitser avait rejeté la demande des Etats-Unis d’extradition du lanceur d’alerte Julien Assange. Mais la décision a été balayée en appel vendredi dernier par la Haute Cour de Londres : la justice britannique devra donc à nouveau examiner la demande des Etats-Unis.

Selon le site d’information canadien La Presse : «  Le dossier doit maintenant être transmis sur ordre de la Haute Cour de Londres à la secrétaire d’État à l’Intérieur, Priti Patel, qui doit donner son aval avant que l’extradition puisse aller de l’avant.  »

Le lanceur d’alerte est accusé par le gouvernement nord-américain de divulgation de documents secret défense au travers du site Wikileaks. Plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires avaient en effet été diffusés mondialement, mettant en lumière les agissements de « l’oncle Sam » dans les guerres impérialistes menées en Irak et en Afghanistan. Il risque jusqu’à 175 ans de prison.

Dans un communiqué publié sur le site de WikiLeaks, la compagne de Julien Assange, Stella Moris, a dénoncé «  une grave erreur judiciaire  ». Mais malgré les conséquences pour la santé mentale de Julien Assange et le risque important de suicide en cas d’extradition mis en avant par plusieurs psychiatres et qui avait justifié le refus de l’extradition en première instance, la justice anglaise a fini par céder face à l’insistance du gouvernement américain.

Un acharnement judiciaire de plus de dix ans

Depuis 2010 et les grandes révélations de WikiLeaks, Julian Assange fait en effet face à une répression internationale. Tout d’abord sous le coup d’un mandat d’arrêt Interpol pour agression sexuelle à la demande de la Suède, le journaliste est arrêté par le gouvernement britannique en décembre 2010 en vue d’une extradition. Une affaire qui a fréquemment été décrite comme une manipulation visant à réprimer le journaliste et à faciliter son extradition aux Etats-Unis, et qui à pour le moment été classée sans suites.

Finalement libéré sous caution mais toujours sous la menace d’une extradition, il se réfugiera pendant sept ans dans l’ambassade équatorienne de Londres où il sera néanmoins espionné en permanence par des caméras et des micros installés par la CIA. Un asile qui prend fin en 2019 avec l’arrivée de Moreno à la tête de l’Equateur, plus favorable à l’impérialisme américain. Il est alors arrêté par la police londonienne.

De son côté, dès 2010, la justice américaine a ouvert une enquête sur WikiLeaks et Julian Assange, l’inculpant pour espionnage et piratage informatique. Parmi ces multiples chefs d’accusation, le plus central est celui d’avoir aidé sa source Chelsea Manning alors analyste militaire, à accéder à des documents classés secrets défense. Ce qui dépasserait sa fonction de journaliste et permettrait aux États-Unis de le condamner comme espion et hacker.

Si la demande d’extradition avait finalement été rejetée à l’hiver dernier par la juge Vanessa Baraitser, il s’agissait néanmoins d’une victoire relative pour la liberté de la presse et la défense des lanceurs d’alerte, le journaliste s’étant vu refuser dans le même temps sa demande de remise en liberté sous caution.

Exigeons la libération immédiate d’Assange !

Par cette nouvelle décision prise en appel vendredi, et en ouvrant la voie vers une possible extradition d’Assange, les Etats-Unis et ses alliés entendent faire passer un message à tous les lanceurs d’alerte qui voudraient rendre public le vrai visage de l’impérialisme dans le monde.

Les amis et les avocats du journaliste ont déjà fait part de leur volonté de contester cette décision devant la Cour suprême britannique. Cet acharnement c’est celui de l’impérialisme occidental qui cherche à criminaliser tout ce qui pourrait le remettre en cause : face à l’intensification de la répression que subit Julien Assange, nous devons nous mobiliser et exiger haut et fort le rejet de son extradition, sa libération et l’abandon de toutes les charges à son encontre !




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