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Acharnement politique !

La justice anglaise autorise l’extradition d’Assange : exigeons sa libération immédiate !

La justice anglaise vient d’autoriser formellement l’extradition du lanceur d’alerte australien vers les Etats-Unis, où il est menacé de 175 ans de prison, il y risque la torture et l’exécution. La persécution du lanceur d’alerte pour avoir divulgué des informations sur les crimes de l’impérialiste américain, se poursuit et s’intensifie.

mercredi 20 avril

Crédit photo : Justin Tallis/AFP

Alors qu’en décembre janvier, la Haute Cour de Londres balayait la décision du juge britannique Vanessa Baraitser de rejeter la demande d’extradition des Etats-Unis du lanceur d’alerte, finalement la justice britannique finit par l’autoriser formellement ce mercredi. Le tribunal de Westminster a ordonné son extradition, qui doit désormais être acceptée par la secrétaire d’État à l’intérieur Priti Patel.

Détenu à l’isolement total, torturé psychologiquement, depuis trois ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh en Angleterre, et subissant un acharnement judiciaire depuis plus de dix ans, cette décision, pour le fondateur de Wikileaks âgé de 50 ans, représente une terrible nouvelle. Accusé par le gouvernement nord-américain de divulgation de plus de 700 000 documents secret-défense sur les activités militaires et diplomatiques de « l’oncle Sam », notamment en Irak et en Afghanistan, il risque jusqu’à 175 ans de prison. Il est visé par 18 chefs d’accusations, dont le plus central est celui d’avoir aidé sa source Chelsea Manning, analyste militaire, à accéder à des documents classés secret-défense.

Depuis 2010 et les révélations de WikiLeaks, la répression internationale n’a connu aucun répit. Sous les coups d’un mandat d’arrêt Interpol pour agression sexuelle à la demande de la Suède – maintenant retiré, le journaliste est arrêté par le gouvernement britannique en décembre 2010 en vue d’une extradition. Finalement libéré sous caution, il se réfugia pendant sept ans dans l’ambassade équatorienne de Londres, où il sera espionné en permanence par la CIA, jusqu’à l’arrivé au pouvoir de Moreno à la tête de l’Equateur en 2019, plus favorable à l’impérialisme américain et qui le remettra entre les mains de la police londonienne.

Des persécutions et une peur constante qui accompagnent Julian Assange depuis plus d’une décennie, qui ont conduit à son état d’instabilité physique et psychologique. Ce diagnostic avait motivé la justice britannique à rejeter la demander d’extradition début janvier 2021 face aux risques de suicide très élevés une fois détenu par les Etats-Unis. Malgré cela, la justice britannique confirme qu’elle cède face à l’instance du gouvernement américain et rend la terrible extradition du lanceur d’alerte australien aux Etats-Unis, potentiellement possible dans les vingt-huit jours si ses avocats ne font pas appel.

Un nouveau pas vers l’extradition, à présent dans les mains de la secrétaire d’Etat à l’intérieur britannique Priti Patel. Nul doute que cette ultra-réactionnaire, fan de Margat Thatcher, et dont la carrière a été entachée par des pourparlers secrets avec le gouvernement israélien, alors qu’elle faisait partie du gouvernement de Theresa May, ne porte ni Assange, ni la liberté de la presse et encore moins le droit d’asile en haute estime. D’autant que, pour cette partisane du Brexit, et le gouvernement de Johnson, l’éloignement diplomatique d’avec l’Union Européenne, se réalise par un réalignement avec les Etats-Unis, comme en témoigne l’alliance Aukus dans le Pacifique.

Si le lanceur d’alerte peut encore bénéficier de recours juridique pour la repousser un peu, cet acharnement de la part des Etats Unis cherche clairement à faire passer un message à tous les journalistes qui voudraient rendre public le vrai visage de l’impérialisme dans le monde. C’est le vrai visage de l’impérialisme américain, tendance Obama, Trump ou Biden ! A l’heure, où les tensions géopolitiques ne cessent de s’accroître, à l’image de la guerre en Ukraine, le contrôle de l’information et la diplomatie secrète sont des piliers indispensables des Etats. En temps de guerre ou de course à l’armement, les mains pleines de sang des puissances impérialistes, incarnant soi-disant un « bloc démocrate pour le liberté » doivent rester cachées.

Face à l’intensification de la répression que subit Julien Assange, il faut exiger haut et fort le rejet de son extradition, sa libération immédiate et l’abandon de toutes les charges à son encontre !



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