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Politique

De la droite à l'extrême droite

La macronie nomme un soutien de Zemmour conseiller à la secrétaire d’Etat à la citoyenneté

Après avoir fait des alliances avec le RN à l'Assemblée nationale, Macron a nommé un conseiller au secrétariat d’Etat à la citoyenneté qui est un soutien public d’Eric Zemmour, qui a démissionné 24 heures après face à la polémique. Une nomination qui montre toute l'hypocrisie du barrage républicain promis pendant les élections.

jeudi 8 septembre

Crédit photo : SEBASTIEN BOZON / AFP

Mercredi 7 septembre, France info révélait aux yeux de la population la toute fraîche nomination de Brieuc Frogier en tant que conseiller spécial au secrétariat d’Etat à la citoyenneté, un soutien public d’Eric Zemmour au moment des élections présidentielles. Une nomination qui a indigné à juste titre bon nombre de personnes et qui, cinq heures après, a poussé Brieuc Frogier à démissionner pour tenter d’éviter le scandale politique. Cette nomination, certes brève, a néanmoins permis de rappeler aux yeux du public l’accointance de Macron avec l’extrême droite.

Mais qui est Brieuc Frogier ? Actuellement élu à l’assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie, Brieuc Frogier est un fervent opposant à son indépendance. C’est d’ailleurs sur cette base politique que ce proche de Zemmour a décidé de le parrainer au moment des élections présidentielles, et a directement rejoint son parti Reconquête. Selon Nouméa post il a meme entrepris de structurer le parti sur l’île et de le faire grandir. Cela montre bien la totale adéquation idéologique entre le conseiller démissionnaire et l’extrême-droite.

En réalité, cette nomination au secrétariat d’Etat à la citoyenneté d’un anti-indépendantiste n’est pas une erreur comme a pu le dire Olivier Veran, mais une confirmation de la politique colonialiste de la France envers les Kanaks. Car, déjà, la secrétaire d’Etat à la Citoyenneté, Sonia Backès, que Frogier a pu côtoyer à l’assemblée territoriale de Nouvelle-Calédonie et qui en est d’ailleurs toujours la présidente, est elle-même une anti-indépendantiste convaincue.

Alors que durant le précédent mandat de Macron, le référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie avait été vivement dénoncé par les indépendantistes, car il s’était déroulé en pleine crise Covid pour affaiblir le vote pour le oui, ces nominations au gouvernement de ces deux personnages sont en réalité une énième provocation envers les Kanaks.

Mais si cette nomination a fait polémique, ce n’est pas seulement au sujet de l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie (qui n’a en réalité même pas été traitée par les médias) mais plus sur le lien qu’entretient Macron avec l’extrême-droite. Après avoir joué la carte du barrage républicain pour sortir victorieux d’un second tour très serré avec Marine Le Pen, c’est en effet vers l’extrême-droite que se tourne la faible majorité présidentielle pour pouvoir gouverner. Et au-delà des liens avec le RN, revendiqués des deux côtés, la nomination éclair d’un ancien Zemmouriste est une preuve de plus de l’accointance du parti présidentiel vis-à-vis de l’extrême-droite et de ses idées.

Et si la démission de Brieuc Frogier a été mise en avant par la macronie pour apaiser la polémique suscitée, toujours est-il que cela met plus généralement en lumière des familiarités avec l’extrême-droite qui visent aussi et surtout à mener main dans la main des attaques anti-sociales et réactionnaires.



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