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Notre classe

La mairie de Paris distribue des masques semblables à du « Sopalin » aux séniors

Alors que la mairie de Paris avait annoncé la mise à disposition de masques à destination des publics fragiles et des personnes âgées, elle devra passer commande à nouveau pour distribuer des protections décentes.

mardi 12 mai

L’obsession du moindre cout

A défaut de masques chirurgicaux, ce sont des masques à usage unique, semblables à « des rouleaux de sopalin » qui étaient prévus pour les séniors. Un tissu très fin et de multiples lanières dont l’efficacité semble douteuse en plus d’être difficile d’utilisation. Des masques à venir chercher en mairie, découpés au fur et à mesure, sans emballage plastique individuel. Un choix inconscient quand la région parisienne est l’une des zones les plus touchées et que déconfinement rime avec transports bondés et risque sanitaire accru.

Une tentative de faire des économies admet ouvertement Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo : « Ces masques découpés au laser et fabriqués en masse n’étaient pas chers par rapport aux masques chirurgicaux mais manifestement ils ne sont pas simples à mettre en place ». La mairie avait en effet commandé 500 000 de ces masques auprès d’AppCell, une entreprise qui s’étonne aujourd’hui des critiques émises au sujet de la fragilité des masques.

Résultat des courses : s’ils étaient utilisés pour « d’autres publics », la mairie livrerait 250 000 masques chirurgicaux en « compensation ». Quant aux masques en tissus, la mairie promet un stock de 2,2 millions, dont la distribution doit commencer dès lundi. Leur obtention est toutefois soumise à une inscription sur internet et sera limitée à un masque par personne. Enfin, la mairie de Paris promet la distribution de masques chirurgicaux jusqu’à juin et la Région Ile-de-France continue d’en fournir aux abords des métros.

Des masques pour protéger la population, pas pour financer les industriels

Si les maires LR dénoncent à juste titre ce nouveau scandale, c’est dans le même temps pour mieux vanter l’initiative très médiatisée de Valérie Pécresse et la distribution de 40 000 masques la semaine dernière. Mais force est cependant de constater qu’aucun ne s’aventure au-delà de quelques coups de communication. En effet, le chiffre de 40 000 masques est dérisoire, tout comme les 2 millions promis par la mairie. Un nombre bien insuffisant lorsqu’on connait les besoins quotidiens en masques mais aussi les stocks gigantesques de masques de la grande distribution qui en a commandé plus de 500 millions.

Face à la nécessité sanitaire alors que des milliers de vie sont en jeux, seule la réquisition de ces stocks par l’Etat sous contrôle des soignants et des travailleurs pourrait permettre d’exiger aujourd’hui la seule solution possible : la gratuité des masques pour toutes et tous.

Dans le même sens, confier la production de ces denrées essentielles à une entreprise privée tout en cherchant à diminuer les coûts au maximum ne peut qu’aboutir à la production de masques inefficaces comme c’est déjà le cas dans plusieurs grandes surfaces. En plus de mettre en danger la santé de ceux que l’on envoie travailler, il s’agit d’une gestion totalement irrationnelle, qui ne sert que les intérêts de ces entreprises qui fournissent à bas coût une marchandise inutilisable. La production et la distribution des masques doit être contrôlée par les travailleurs spécialisés en lien avec les soignants à même d’en évaluer la qualité, fonction des besoins de la population et loin de l’avidité capitaliste.




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