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Hypocrisie

La mairie de Paris fait la chasse aux panneaux anti-féminicides 

Une campagne d'affichage a été lancée pour dénoncer les féminicides et mettre en lumière l'inaction du gouvernement. Anne Hidalgo – qui se revendique pourtant féministe – fait la chasse à ces affichages. Les militantes ont écopé de 400 euros d'amende.

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Crédit photo : Pauline Makoveitchoux

Alors que les féminicides sont en augmentation depuis le début de l’année et qu’on a appris il y a quelques jours que la barre des cent femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint a été dépassée, toute la classe politique se met en branle pour parler féminisme et lutte contre les violences faites aux femmes. Schiappa a organisé un Grenelle, qui a donné beaucoup de vent pour des mesures plus qu’insuffisantes. Ce Grenelle s’est résumé à une tentative de surfer sur la colère qui gronde et qui augmente à mesure que la liste macabre s’allonge.

Anne Hidalgo, maire de Paris, a également organisé en août un rassemblement devant l’hôtel de ville pour dénoncer les féminicides et « interpeller le gouvernement ». Elle explique ainsi que le gouvernement ne peut plus « continuer à faire seulement de la communication ». C’est d’une hypocrisie sans nom de la part de la maire de Paris.

Pour quelqu’un qui veut soi-disant « plus que des déclarations d’intention », il est assez ironique de voir qu’après avoir organisé un rassemblement contre les féminicides, la Mairie de Paris fait maintenant la chasse aux militantes féministes qui recouvrent les murs parisiens d’affiches rendant visible l’horreur de ces morts et dénonçant l’inaction du gouvernement.

Fin août, un groupe de femmes à l’initiative de Marguerite Stern a commencé à se réunir pour peindre des affiches reprenant les noms et conditions d’assassinat de ces cent femmes, ou encore des messages comme « Féminicide : la grande cause du quinquennat » ou encore « Féminicides partout, justice nulle part ». L’initiative s’est répandue dans plusieurs villes. Vendredi 6 septembre, alors qu’un groupe colle près de Matignon, elles sont interpellées par la police. Après avoir exigé leurs identités, la police les verbalisent et elles écopent d’une amende de 68 euros chacune, pour un montant total de 400 euros.

La si « féministe » Mairie de Paris s’est défendue en arguant que « la cause défendue par les militantes n’est pas la question. Les agents n’ont pas à juger les slogans : ils font leur travail en verbalisant l’affichage sauvage ». Mais ce qui se cache derrière ça, c’est une criminalisation du militantisme et des mobilisations qui s’inscrit parfaitement dans les événements de l’année, dans la continuité de la loi « anti-casseurs ». Il est intéressant de voir que la priorité de la mairie et de la police est de lutter contre la contestation et tous signes un peu visibles de mécontentement.

L’hypocrisie d’Hidalgo et sa chasse aux panneaux anti-féminicides, nous rappelle que pour lutter et gagner le combat contre les féminicides et les violences faites aux femmes, il faudra s’organiser en toute indépendance du gouvernement et des institutions. Il faudra se mobiliser dans la rue pour imposer nos revendications !

C’est la voix que nous portons à travers notre collectif féministe Du Pain et des Roses :


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Philomène Rozan

Etudiante à l’Université Paris Cité , élue pour Le Poing Levé au Conseil d’Administration

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