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La majorité de la Chambre des Représentants a approuvé l’impeachment contre Trump

La chambre basse du Congrès a approuvé la procédure d’impeachment contre le président, pour la troisième fois dans l'histoire américaine : Que peut-il se passer à partir de maintenant ?

jeudi 19 décembre 2019

La Chambre des représentants des États-Unis (chambre basse) a débattu mercredi de l’impeachment du président Donald Trump pour abus de pouvoir et obstruction au Congrès. La majorité démocrate à la Chambre a garanti le vote affirmatif hier soir et M. Trump est en passe de devenir le troisième dirigeant de l’histoire à subir un procès politique au Sénat qui pourrait se terminer par son – improbable - révocation "Il ne nous a pas laissé le choix ", a déclaré la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi.

Au cours des semaines précédentes, le processus s’est concentré sur la Commission des renseignements de la Chambre des représentants, dont les conclusions ont servi de base à la poursuite de l’accusation portée contre M. Trump pour avoir fait pression sur le président ukrainien Volodymyr Zelenski afin qu’il mène des enquêtes avantageuses politiquement. Plus précisément, le Comité des renseignements a déterminé qu’il est incontestable que Trump a explicitement demandé à Zelenski d’enquêter sur le fils de Joe Biden, l’un des présidents démocrates potentiels, entre autres comportements " inappropriés ".

Les démocrates accusent Trump d’abus de pouvoir, de corruption et de trahison, demandant à une puissance étrangère d’intervenir dans la politique intérieure des États-Unis à ses propres fins.

Pour sa part, M. Trump a déclaré qu’il n’y avait eu aucun comportement inapproprié dans ses interactions avec le gouvernement ukrainien. Le parti républicain s’est tourné vers la défense du président. Les dirigeants républicains sont passés de la négation des faits à, une fois ces derniers admis, leur rejet comme motif de mise en accusation.

La présidente de la Chambre, la démocrate Nancy Pelosi, a déclaré à l’ouverture du débat sur les accusations portées contre M. Trump que son parti n’avait " pas d’autre choix " que de lancer des poursuites contre le président. "Il est tragique que des actions imprudentes aient rendu la mise en accusation nécessaire. Il ne nous a pas laissé le choix", a déclaré Pelosi.

Alors que le président Donald Trump a déclaré sur Twitter qu’il n’avait " rien fait de mal " et a ajouté : " C’est une attaque contre l’Amérique et une attaque contre le Parti républicain !

Dans l’histoire des États-Unis, seuls deux présidents - Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998 - ont été destitués ; aucun n’a été condamné par le Sénat. L’autre président qui a failli passer par le même processus est Richard Nixon, qui a été accusé du scandale du Watergate, mais qui a démissionné avant que la Chambre ne puisse voter sur sa destitution.

Pour condamner Trump, une majorité des deux tiers du Sénat est nécessaire. Les politiciens des deux partis estiment que cela a peu de chances de se produire, puisque le Sénat est à majorité républicaine. En d’autres termes, personne ne croit que la mise en accusation soit possible.

Les Démocrates ont remporté une victoire tactique, bien que le plus probable est qu’ils ne parviennent pas à faire aboutir le processus en une fin anticipée de l’administration Trump. En même temps, M. Trump a aligné presque sans heurts son parti sur sa direction, malgré le fait qu’il ait été fortement contesté par l’establishment conservateur dans des domaines allant de la politique étrangère aux tendances protectionnistes et au manque de stratégie pour diriger l’empire et le monde occidental. Jusqu’à présent, les sondages indiquent que lorsqu’il s’agit de de briguer la présidence, le "populisme" trumpiste a encore un avantage.

Les démocrates et les républicains se servent du procès à des fins électorales, bien que selon plusieurs sondages, l’impeachment n’ait pratiquement pas modifié la perception de Donald Trump ni réduit sa base électorale.

Le procès Trump est, jusqu’à présent, le point culminant d’une guerre civile de basse intensité opposant des sections de l’appareil d’État (l’" État profond " intangible pour les électeurs) aux classes dirigeantes et à leurs partis.

Ces divisions débouchent sur des gouvernements aux bases électorales réduites, qui sont soutenus par une polarisation politique et une fracture sociale, qui tirent ses racines dans l’érosion de l’hégémonie néolibérale et la crise capitaliste de 2008. Ces divisions par le haut facilitent les initiatives de ceux d’en bas. Non seulement en Équateur, au Chili, au Soudan ou en Algérie, mais aussi dans les pays centraux eux-mêmes. En France, nous avons vu cela avec les "Gilets jaunes". Et aux États-Unis avec l’imposante grève de six semaines des travailleurs de General Motors et maintenant avec la lutte de milliers d’enseignants à Chicago.

Trad. Max Demian.




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