^

Du Pain et des Roses

LUTTER CONTRE LES RÉACTIONNAIRES

La marche de lesbiennes prend la rue pour la PMA pour tou.te.s et contre la lesbophobie

Ce dimanche 25 avril, une grande marche lesbienne aura lieu à Paris et dans d’autres villes de France pour revendiquer le droit à la PMA pour tou.te.s mais aussi contre la lesbophobie. Une première réponse dans la rue des lesbiennes face au droit à la PMA largement revu à la baisse par le Sénat pour les femmes seules, les lesbiennes et les personnes trans.

vendredi 23 avril

Crédit photo : Geoffroy Van Der Hasselt / AFP

Si les médias parlent de cette marche comme la première marche lesbienne inspirée des Dyke March, en 1979 le groupe des « lesbiennes de Jussieu » avait déjà marché contre la lesbophobie. Cette fois-ci c’est la coordination des collages lesbiens, créée en décembre 2020, qui appelle à une marche lesbienne ce dimanche 25 avril dans plusieurs villes de France. Dans le contexte actuel de crise sanitaire et économique, les personnes LGBTI sont parmi celles les plus touchées, à la fois par le chômage et la précarité grandissante, mais aussi face au confinement où nombre de personnes LGBTI se sont retrouvés obligées d’être confinées dans des foyers violents à leur égard. Une violence psychologique terrible qui fait écho aux statistiques sur la santé mentale des personnes LGBTI. Par exemple en Angleterre les statistiques du London Assembly Health Committee montrent que 40 % des personnes de la communauté LGBT sont susceptibles de souffrir de maladies mentales comme l’anxiété et la dépression, contre 25 % de la population.

Une initiative particulièrement progressiste dans la période alors que les débats sur la loi bioéthique qui devait donner l’accès à la PMA pour tou.te.s ne sont pas finis, c’est bien par la rue que les droits démocratiques s’arrachent. En effet, les derniers débats au Sénat concernant la loi bioéthique ont marqué un large recul pour l’accès à la PMA pour tou.te.s. Parmi les amendements les plus conservateurs, si le recours à la PMA devenait légal pour toutes les femmes, son remboursement lui est conditionné à un « critère d’infertilité médicalement diagnostiqué ou la non transmission d’une maladie d’une particulière gravité » et donc interdit aux femmes seules ou en couples. Un recul significatif pour le droit à la PMA pour tou.te.s, puisque nombre de femmes et de couples de femmes précaires ne pourront pas s’offrir le luxe d’y avoir recours, dès lors qu’elle n’est pas remboursée, conditionnant de facto l’accès à la PMA à des critères économiques et de classe.

La marche lesbienne de ce 25 avril sera de fait une première réponse sur le terrain de la mobilisation face aux attaques à l’encontre des femmes lesbiennes ainsi que des personnes trans, délibérément oubliées du projet de loi bioéthique. Les revendications sont claires : la marche revendiquera la PMA anonyme par défaut, gratuite et remboursée pour tou.te.s, sans conditions, la possibilité de donner ses ovocytes à sa compagne grâce à la méthode ROPA, pouvoir conserver ses gamètes lors d’une transition de genre dans tous les centres de conservation et pouvoir les utiliser dans le cadre d’une PMA pour tous les couples ainsi que la possibilité du refus de l’appariement (nécessité d’avoir un donneur avec des caractéristiques physiques proches des demandeuses).

C’est pourquoi nous devons être nombreux et nombreuses ce dimanche 25 avril à la marche lesbienne pour revendiquer un accès libre et gratuit à la PMA pour tou.te.s, ainsi que contre la lesbophobie, la transphobie et toutes les violences LGBTI-phobes. À Paris la marche commencera à Châtelet pour rejoindre République.




Mots-clés

Pride   /    marche des fiertés   /    LGBTphobie   /    PMA   /    Du Pain et des Roses