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Du Pain et des Roses

Contraceptifs et éducation sexuelle pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir !!!

« La marche pour la vie » manifeste à Paris. La vie… de qui ?

Le collectif d'associations « En marche pour la vie », qui réunit notamment Choisir la vie, la fondation Lejeune, Renaissance catholique ou les Survivants, a appelé à la « Marche pour la vie » ce dimanche 22 à Paris. Environ 10.000 manifestants ont protesté contre la « banalisation » de l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) et la proposition de loi prévoyant de pénaliser les sites de désinformation sur l'IVG. Leire Izargorri

lundi 23 janvier 2017

Cette année, la manifestation a été plus politique que celles des années précédentes auxquelles nous avions déjà été habitués. Cette fois-ci, l’appel arrive juste à trois mois de la présidentielle et une semaine avant que L’Assemblée Nationale se prononce sur la proposition de loi adoptée début décembre au Sénat contre « l’entrave numérique à l’IVG »qui pénalise les sites internet pratiquant la désinformation sur l’Interruption Volontaire de Grossesse, se faisant passer pour des sites d’information.

Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, a demandé aux candidats à la présidentielle « une politique de santé publique qui lutte contre les IVGs » et une politique « d’accompagnement des femmes enceintes ».

Comme ses prédécesseurs, le pape François, fidèle à la doctrine de l’Église Catholique, est un fervent opposant à l’avortement.Il n’a donc pas hésité à saluer et soutenir la manifestation avec une lettre dans laquelle il encourage les participants « à œuvrer sans relâche pour l’édification d’une civilisation de l’amour et d’une culture de la vie. »

La nouveauté est arrivée du côté de Sens Commun,mouvement issu des anti-mariage pour tous et affilié au parti Les Républicains, qui soutient de longue date le candidat à la présidence de la République François Fillon, et qui n’a pas hésité lorsqu’il a fallu donner leur soutien : « Le 22 janvier, nous battrons le pavé pour dire notre attachement à la vie, depuis son commencement jusqu’à sa fin. » Nous avons donc déjà un aperçu de toute la politique réactionnaire que peut porter le candidat des Républicains, incarnation d’une idéologie conservatrice mortifère.

Marchons pour la vie… oui ! Mais la vie de qui ?

Le jour précédant la « Marche pour la vie », des marches de femmes ont eu lieu en différents payssuite à l’investiture de Donald Trump ; à Paris autour de 7000 personnes ont marchés pour défendre les droits des femmes, l’IVG et dénoncer le mépris du nouveau président des Etats-Unis à l’égard des femmes.

La riposte s’est organisée sur Twitter. Les internautes militant pour le droit à l’IVG ont lancé le#JeSuisProChoixavec des contre-arguments qui rappellent les conséquences des avortements clandestins qui provoquent« la mort d’une femme toutes les neuf minutes dans le monde », selon le Planning familial.

Tandis que le débat se limite à discuter si on est pour ou contre l’avortement, millions des femmes continuent à le pratiquer illégalement, la plupart d’entre eux en clandestinité, dans des conditions insalubres et néfastes (incarnées par ce symbole terrible des luttes pour l’IVG, le cintre, un des outils privilégiés des avortements clandestins depuis trop longtemps.) Certaines sont mortes, d’autres survivent mais avec des séquelles pour leur santé.

On ne peut pas fermer les yeux face à la réalité, les femmes travailleuses et pauvres sont celles qui subissent le plus les conséquences des avortements clandestins et le manque des méthodes de contraception pour pouvoir vraiment laisser aux femmes la liberté de leurs propres corps, leurs sexualités et leurs maternités.

Alors, quand ils disent « marcher pour la vie », la question qui suit est claire : « Oui, mais… la vie de qui ? » Bien sûr, pas la vie des femmes exposées à la mort et aux dangers des avortements clandestins.

Être contre l’avortement ce n’est pas être en faveur de la vie, mais en faveur de l’avortement clandestin, parce qu’avec ou sans le droit d’avorter, les femmes vont continuer par tous les moyens à essayer de survivre, à s’adapter aux conditions que le travail ou la famille leur imposentou à ne pas prolonger la violence d’un viol.

Aujourd’hui, il n’existe pas une éducation non sexiste qui permet l’éducation de toute la population sur l’avortement, les méthodes contraceptives, la sexualité… Si on veut vraiment marher pour la vie, marchons pour l’éducation sexuelle, marchons pour l’accès gratuit aux contraceptifs pour ne pas avorter, marchons pour l’avortement légal pour ne pas mourir !

Tans que l’avortement n’est pas libre et gratuit, la clandestinité et ses risques sont l’unique sortie.