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Politique

La préfecture du Val-d’Oise interdit la Fête de Lutte Ouvrière

En raison de l’épidémie, le rendez-vous de l’organisation trotskiste a été interdit vendredi dernier par la préfecture du Val-d'Oise tandis que le Puy du fou et les pèlerinages à Lourdes obtiennent des dérogations. Un deux poids deux mesure scandaleux dans le contexte de crise économique de la rentrée sociale

lundi 24 août

@ LP/Marie Persidat pour Le Parisien

La traditionnelle fête de lutte ouvrière est l’un des plus importants rendez-vous de l’extrême gauche française avec plusieurs dizaines de milliers de participants annuels. L’événement qui devait initialement se tenir en juin a été repoussé à la rentrée en raison de l’épidémie. Une annulation qui vient s’ajouter à celle du No Mad Festival de Pontoise ou encore aux larges restrictions i Malgré les nouvelles mesures sanitaires renforcées prises par l’organisation, et le nombre de participants revu à la baisse ; la préfecture du Val-d’Oise a tout de même décidé d’interdire l’événement vendredi dernier prétextant une nature à « favoriser la diffusion du virus ».

Dans le même temps, la Macronie accorde des dérogations à ses amis, comme cela s’est illustré avec le Puy Du Fou qui a pu accueillir le weekend dernier 9000 personnes dans un spectacle. Dans une logique du deux poids deux mesures, les pèlerinages à Lourdes et les consécrations religieuses qui y sont liées ont-elles aussi obtenu des dérogations. Ces autorisations à la carte s’inscrivent dans un processus à deux vitesses, avec d’un côté une répression menée contre une organisation comme Lutte Ouvrière à sa fête annuelle, mais aussi aux rassemblements et mobilisations antiracistes ou des hospitaliers ; de l’autre des dérogations pour les copains à Macron.

L’interdiction de la fête est un coup du gouvernement de directement porter à l’organisation de Lutte Ouvrière pour qui la fête représente l’une de ces principales sources de revenus. Dans le contexte d’une rentrée sociale placée sous le joug d’une crise économique et sociale sans précédent, la volonté de s’attaquer indirectement à l’une des principales organisations de l’extrême gauche est explicite ! Lutte ouvrière n’entend pas en rester là et des discussions sont en cours pour qu’un rassemblement puisse se tenir. « On essaye de trouver des solutions. On va se battre pour ça même si on n’a peut-être pas les moyens d’autres sociétés privées », déclare LO pour Le Parisien. L’attention du parti se porte désormais sur la tenue du grand meeting de rentrée prévu le 16 novembre.




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