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Politique

Enfer Carcéral

La prison tue. Troisième mort en un mois dans la maison d’arrêt de Gradignan

La mort d’un jeune détenu à la maison d’arrêt de Gradignan vient s’ajouter à la série de suicides que l’on voit apparaître dans les prisons françaises, conséquence des conditions de vie inhumaines des détenus et de la justice répressive.

jeudi 9 juin

Crédit photo : Philippe LOPEZ / AFP

Un nouveau drame s’est déroulé mercredi 1er juin au centre pénitentiaire de Gradignan près de Bordeaux. Il était 18h50, la distribution des repas touchait à sa fin, lorsque le surveillant en charge du quatrième étage a vu de la fumée sortir d’une des cellules. Les matons se sont donc empressés d’éteindre l’incendie avant que celui-ci ne se propage aux autres cellules. Un premier détenu de cette cellule âgé de 37 ans a été retrouvé avec de multiples blessures et en détresse respiratoire tandis que le second âgé de vingt ans a été retrouvé mort brûlé sur son lit en hauteur. Une enquête a été ouverte par le parquet de Bordeaux pour éclaircir les circonstances du décès nous informe Le Parisien

Cet événement tragique vient s’ajouter à deux autres drame survenus au sein de la prison en moins d’un mois dans le même établissement, le 10 mai dernier un détenu de 35 ans s’est donné la mort dans sa cellule seulement quelques jours après la pendaison d’un autre détenu.

Mais cela vient s’ajouter à une autre série de décès et de suicides qui se sont produits plus tôt dans l’année toujours à la prison de Gradignan, en juillet et octobre 2021 deux détenus se sont donnés la mort et en mars 2021 une détenue de 19 ans est morte d’une overdose.

En tout c’est plus de 120 suicides que l’on décompte dans les prisons françaises pour la seule année 2021. Avec un taux de population qui dépasse les 230 % chez les hommes et 160 % chez les femmes, la prison de Gradignan fait partie des plus surpeuplées de France. Un tel nombre de détenus qui a pour conséquence la surpopulation des cellules où bien souvent ils sont entassées à trois dans une cellule de 9m2, une atteinte à la dignité humaine.

Ces chiffres dramatiques montrent bien le problème systémique de la Justice et de ses prisons. D’autant plus dans un climat de surenchère sécuritaire menée par Macron et l’extrême-droite, la justice favorise le développement de procédures de jugements rapides comme des comparutions immédiates et des incarcérations de courtes durées. Finalement, quand elles ne tuent pas, les conditions et la violence omniprésente dans les établissements de détention ne promettent qu’une marginalisation accrue à la plus part des prisonniers qui subissent aujourd’hui ce système carcéral.



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