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La relation entre l’Allemagne et la Chine redevient une source de tensions avec les Etats-Unis

Le chancelier allemand Olaf Scholz est le premier dirigeant européen à se rendre à Pékin depuis le début de la pandémie du Covid-19. Il a également été le premier dirigeant occidental à rencontrer Xi Jinping depuis son couronnement pour un troisième mandat. Son voyage a suscité de vives critiques dans le pays et à l'étranger, notamment aux États-Unis.

vendredi 11 novembre

(Crédits photo : KAY NIETFELD / AP)

Avec la guerre en Ukraine, les courants atlantistes de Berlin sont passés à l’offensive

Jamais auparavant le voyage d’un chancelier allemand à Pékin n’avait suscité autant de controverses au sein du pays. La ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock est à l’avant-garde dans les attaques politiques agressives en direction de Pékin, sous prétexte de lutter pour les droits de l’homme.

Le mois dernier, la ministre des Verts déclarait à la Süddeutsche Zeitung que l’expérience de l’Allemagne avec la Russie avait montré « que nous ne pouvons plus nous permettre d’être existentiellement dépendants d’un pays qui ne partage pas nos valeurs. [...] Une dépendance économique totale basée sur le principe de l’espoir nous expose au chantage politique ». Elle n’a d’ailleurs pas hésité à attaquer publiquement le chancelier alors à l’étranger  : « C’est le chancelier qui a décidé de faire ce voyage à ce moment-là », a-t-elle ainsi commenté, mardi 1er novembre, depuis Tachkent.

Pendant la rencontre de Scholz avec Xi à Pékin, Baerbock a continué à attaquer le chancelier. Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Münster, elle a annoncé que les discussions du G7 étaient axées autour de comment éviter de répéter les erreurs du passé commises avec la Russie, avec la Chine », affirmant que l’ambition d’impliquer Moscou par le biais de la coopération économique – par exemple, avec Nord Stream 2 – avait été une erreur.

D’autres représentants des Verts se sont prononcés dans la même veine. Reinhard Bütikofer, député européen des Verts, a déclaré dans Le Monde que M. Scholz « devrait laisser à la maison la délégation d’entreprises qui l’accompagne en Chine et expliquer à Xi Jinping ce que nous entendons par rivalité systémique et que « Scholz court après une Chine qui n’existe plus. Alors que la Chine a profondément changé, Scholz fait du “Merkel as usual” ». Pour cet ancien président des Verts allemands (2002-2008), parti membre de la coalition du social-démocrate Olaf Scholz, l’accusation est sévère  : « Le contrat de coalition que nous avons signé fin 2021 dit clairement que l’Allemagne doit se montrer beaucoup plus exigeante à l’égard de la Chine. Il faut croire que le chancelier ne se sent pas lié par cet engagement », regrette M. Bütikofer.

La visite de M. Scholz – et l’acquisition d’une participation de 24,9 % dans un terminal à conteneurs de Hambourg par la compagnie maritime chinoise Cosco [1] – a suscité une forte opposition de la part des Verts et du Parti Libéral Démocratique (FDP), partenaires du gouvernement de coalition dirigé par le Parti social-démocrate (SPD) de M. Scholz. Il s’agit de la première crise majeure de l’actuelle coalition gouvernementale. C’est aussi la première question politique sur laquelle la CDU/CSU et les petits partis de la coalition sont alignés. Selon le leader de la droite allemande, Friedrich Merz (Union chrétienne-démocrate), Olaf Scholz « ne pouvait choisir un pire moment » pour se rendre à Pékin, moins de deux semaines après le 20e congrès du Parti communiste chinois, « lors duquel des menaces violentes ont été proférées contre Taïwan et où le prédécesseur du président Xi Jinping, Hu Jintao, s’est fait sortir de la salle devant les yeux du monde entier ». Cet ancien président de Blackrock en Allemagne est un idéologue atlantiste et – tout comme Baerbock – un partisan de la stratégie américaine d’endiguement économique et technologique de la Chine. Ils affirment que l’Allemagne a une dépendance économique dangereuse vis-à-vis de la Chine, un argument qui n’est étayé par aucun fait pertinent, mais qui est renforcé par les conséquences de la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis du gaz russe.

Ces critiques virulentes à l’encontre d’Olaf Scholz sont l’expression en Allemagne même d’un nouveau maccarthysme à l’égard des « amis de la Chine » qui se répand depuis les États-Unis. Cependant, comme le dit Mikko Huotari, directeur du Mercator Institute for China Studies, le plus grand centre de recherche européen consacré à la Chine, implanté à Berlin, la réalité est plus complexe. « Pour son premier déplacement en Asie en tant que chancelier, fin avril, Scholz s’est rendu au Japon et non pas en Chine, alors que celle-ci est le premier partenaire commercial de l’Allemagne. Dans les prochaines semaines, il va également aller au Vietnam et à Singapour. Cela montre que l’Allemagne veut diversifier ses réseaux d’alliance en Asie. La chancellerie est consciente du risque que représente une trop grande dépendance de l’Allemagne vis-à-vis de la Chine, même si cela ne se traduit pas encore par une stratégie claire [2], analyse-t-il.

Ce qui est certain, c’est qu’un changement tectonique est en train de se produire en Allemagne, en rupture avec l’approche de l’ancienne chancelière Angela Merkel, qui souhaitait des relations économiques toujours plus étroites avec Pékin. L’échec catastrophique de la politique russe de l’Allemagne a accéléré ce changement. Comme l’affirme Mikko Huotari : « Depuis le 24 février, l’Allemagne a pris conscience de l’énorme problème posé par sa dépendance vis-à-vis de la Russie, notamment pour ses approvisionnements en gaz. Cela change en profondeur le débat que nous avons sur l’attitude à tenir face à la Chine. Il y a encore trois ou quatre ans, la discussion portait sur le fait de savoir si une entreprise comme Huawei devait avoir accès au marché de la 5G en Allemagne. Aujourd’hui, c’est notre stratégie globale vis-à-vis de la Chine qui est en jeu. La Chine est devenue un sujet de discussion politique majeur en Allemagne, y compris au sein du gouvernement », observe M. Huotari, alors que le gouvernement allemand s’est engagé, pour la première fois, à élaborer une « stratégie en direction de la Chine » dont la publication n’est pas attendue avant le printemps 2023.

Ce changement s’exprime aussi au sein du patronat. Selon une récente enquête de la Chambre de commerce allemande en Chine, le cœur de l’économie allemande, le « Mittelstand », composé de petites et moyennes entreprises manufacturières, est moins optimiste quant aux perspectives du marché chinois que ses homologues de plus grande taille. Pour la première fois, Siegfried Russwurm, président de l’influent lobby industriel de la Fédération des industries allemandes (BDI), a été exclu de la délégation malgré le fait qu’il ait exprimé son intérêt pour le voyage. Le BDI a été le premier à mettre en garde les entreprises allemandes contre les risques croissants sur le marché chinois et les a encouragées à adopter un comportement responsable face aux violations des droits de l’homme en Chine. Lors de la conférence annuelle du BDI en juin, M. Russwurm a décrit la position de l’industrie allemande sur la concurrence entre les États-Unis et la Chine comme étant « claire comme de l’eau de roche »  : « Nous sommes fermement ancrés dans la relation transatlantique. Il n’y a pas d’équidistance dans les relations de l’Union européenne avec les États-Unis et la Chine ». Ces positions du BDI vont à l’encontre de certains de ses propres membres, pour qui le désengagement de la Chine n’est même pas une option. Il s’agit des dirigeants de grandes entreprises qui sont devenues fortement dépendantes du marché chinois, notamment dans le secteur automobile (par exemple Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW), l’ingénierie (par exemple Siemens) et la chimie (par exemple BASF).

Martin Brudermüller, PDG de BASF, est l’un des patrons les plus favorables à Pékin et appelle à la fin du « China bashing ». Le gouvernement chinois l’a récompensé en lui accordant une exemption des règles strictes du zéro COVID. En septembre, M. Brudermüller a pu se rendre en Chine sans passer par la quarantaine pour inaugurer le nouvel investissement de 9,9 milliards de dollars de BASF à Zhangjiang, en présence du vice-premier ministre chinois Han Zheng. Le PDG de Volkswagen, Oliver Blume, a récemment défendu l’usine de l’entreprise à Urumqi, au cœur de la province chinoise du Xinjiang, en déclarant  : « Il s’agit de porter nos valeurs dans le monde ». Ce qui est clair, c’est que ce sont ces grandes et puissantes entreprises, ayant des liens étroits avec les réseaux de pouvoir nationaux et internationaux, qui prennent les décisions. Ce qui est également clair, c’est que l’évolution des conditions géopolitiques et les tensions sur le modèle allemand, jusqu’ici couronné de succès, rendent plus difficile leur rôle hégémonique sur l’ensemble du monde des affaires allemand.

Le sens du voyage de Scholz à Pékin

Pour l’Allemagne, l’accès au marché chinois est une question centrale  : le pays dépend dans une large mesure de sa puissante machine à exporter pour sa prospérité. Le caractère important de son industrie manufacturière est une source majeure de ses moyens d’existence et de sa cohésion sociale, contrairement à d’autres pays impérialistes où la désindustrialisation a fait des ravages non seulement économiques mais surtout sociaux, comme on peut le voir aux États-Unis ou en France.

Dans le même temps, comme nous l’avons évoqué dans d’autres articles, l’Allemagne a été durement touchée par la guerre en Ukraine après que la Russie a coupé à l’Europe une partie centrale de son approvisionnement en gaz. Avec la récession qui s’annonce, Scholz ne peut pas se permettre de mettre en péril les relations économiques de l’Allemagne avec la Chine.

Dans ce contexte, Scholz a fait cavalier seul tant au niveau de la coalition gouvernementale qu’au niveau européen, mécontentant fortement son homologue français Emmanuel Macron, qui souhaitait également un voyage à Pékin. Si l’axe franco-allemand a montré récemment de nombreuses failles, cette situation montre à quel point les enjeux sont importants pour Scholz. Il est possible que Berlin souhaite négocier d’urgence des accords économiques avant une nouvelle escalade de la guerre économique américaine contre la République populaire de Chine. Par exemple, Berlin veut protéger l’industrie automobile de la révolution électrique, qui menace de bouleverser le marché du travail européen [3]. La présence de Volkswagen dans la délégation de M. Scholz à Pékin témoigne de cette préoccupation [4]. La politique industrielle américaine dans ce secteur encourage exclusivement la production nationale et a désespéré les fabricants européens. La Chine, en plus d’être un acteur majeur de ce secteur émergent, est également un important extracteur de matières premières telles que le lithium et le graphite, dont l’Europe manque et sans lesquelles il ne peut exister de bases solides à une industrie de l’automobile électrique.

L’Allemagne se heurte au renforcement du protectionnisme américain

En parallèle à ces évènements, on ne saurait oublier la réalité que Washington devient de plus en plus protectionniste pour surpasser Pékin. Les Allemands sont furieux des dispositions « Buy American » de la loi sur la réduction de l’inflation du président Joe Biden, qui favorisent les véhicules électriques produits dans le pays. Pour la Maison Blanche, défendre sa base industrielle pour concurrencer la Chine est une évidence, mais les constructeurs automobiles allemands ne comprennent pas pourquoi ils devraient eux aussi en être exclus. Berlin veut redoubler d’efforts, comme en témoignent ses considérations sur la réouverture des négociations de libre-échange avec Washington, ce qui rend cette situation d’autant plus alarmante pour l’Allemagne qui est loin de vouloir abandonner son modèle de croissance basé sur les exportations industrielles.

Noah Barkin, du groupe Rhodium pour la Chine et membre du German Marshall Fund of the United States, est un atlantiste convaincu. Il dépeint l’ambiance sur le Vieux Continent  : « Les Européens, pour leur part, ne sont pas enthousiastes face à ce qu’ils considèrent comme un protectionnisme américain croissant et un mépris pour les solutions multilatérales. Reinhard Bütikofer, un fervent défenseur de la coopération transatlantique au Parlement européen, a averti la semaine dernière que les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne risquaient d’entrer en crise en raison d’une longue liste de politiques américaines, telles que les mesures protectionnistes de la loi sur la réduction de l’inflation de l’administration Biden et la poursuite d’accords plurilatéraux tels que le cadre économique indo-pacifique et l’alliance Chip 4. Le mois dernier, un fonctionnaire de l’UE m’a fait part de son inquiétude quant au fait que le Conseil du commerce et de la technologie UE-États-Unis pourrait être proche d’un « point de rupture ». Le commissaire européen au commerce, Valdis Dombrovskis, se rendra à Washington la semaine prochaine pour des réunions visant à apaiser les tensions commerciales et à redynamiser le TTIP [5] ».

La réalité sur le terrain est encore plus grave. « Un nombre croissant d’entreprises allemandes étendent leur présence aux États-Unis – toujours plus au détriment de sites de production en Allemagne. Les causes en sont, d’une part, les énormes programmes d’investissement aux États-Unis et, d’autre part, les conséquences des sanctions occidentales visant à "ruiner la Russie" (Annalena Baerbock). Depuis l’année dernière, Washington a mis en œuvre des mesures de relance économique, dont certaines à trois chiffres, pour inciter les entreprises allemandes à installer des sites de production aux États-Unis. En raison des subventions offertes aux États-Unis, la société Northvolt envisage de suspendre son projet de construction d’une usine de batteries dans le nord de l’Allemagne et de construire une usine en Amérique du Nord. Dans le même temps, l’existence d’industries à forte intensité énergétique est menacée en Allemagne, en raison des prix élevés actuels de l’énergie. La menace de leur délocalisation à l’étranger – en particulier aux États-Unis, où les prix de l’énergie sont nettement plus bas – est tangible. Ainsi, la réindustrialisation des États-Unis va de pair avec la désindustrialisation de l’Allemagne ». [6]

Les limites du renforcement américain et les tensions croissantes entre occidentaux

Pour l’instant, l’une des grandes victoires diplomatiques de l’administration Biden se situe au niveau de la politique transatlantique, où elle est parvenue à consolider son emprise sur l’Europe en plaçant la question de la Russie au centre de l’actualité, alimentant ainsi les craintes des pays européens d’une résurgence historique de la puissance russe. Derrière cette opération, dans leur lutte pour préserver leur hégémonie mondiale, les États-Unis cherchent à établir un nouveau rideau de fer, en sapant la relation privilégiée entre Berlin et Moscou (grâce à la guerre en Ukraine puis au sabotage des gazoducs Nord Stream). À cela s’ajoute la volonté des États-Unis de séparer la Chine de l’Union Européenne afin d’affaiblir la force économique dont jouissait l’Allemagne en tant que leader et moteur économique de l’Europe.

Il est clair que la Chine est la question la plus importante et la plus difficile dans la relation transatlantique. Les États-Unis, principal allié militaire de l’Allemagne et – toujours – le principal foyer de l’industrie allemande à l’étranger, intensifient massivement leur lutte pour le pouvoir contre la Chine et exigent une loyauté inconditionnelle de leurs alliés. Par exemple, l’administration Biden vient d’imposer un embargo généralisé sur les semi-conducteurs à la Chine, afin de la priver des branches les plus avancées de son industrie high-tech et de l’affaiblir profondément (intelligence artificielle (IA), supercalculateurs, puces à haute performance). Mais les conséquences de ces politiques de part et d’autre de l’Atlantique sont très différentes. Pour les États-Unis, le désengagement de la Chine pose des problèmes de chaîne d’approvisionnement, mais va de pair avec la volonté protectionniste fondamentale de corriger un important déficit commercial. Pour l’Allemagne, en revanche, la Chine est un marché vital pour de nombreux exportateurs industriels allemands.

Dans ce contexte, le chancelier Olaf Scholz s’est rendu à Pékin avec le message explicite que, quel que soit le climat actuel, l’Allemagne ne souhaite pas se désengager de la Chine. En outre, en discutant de l’intelligence artificielle avec Xi, Scholz rappelle aux États-Unis que l’Allemagne non seulement ne veut pas rompre ses liens les plus sensibles avec la Chine, mais qu’elle ne veut pas non plus se laisser entraîner dans l’étranglement technologique de Pékin, actuellement dans la tourmente des restrictions à l’exportation de puces et de machines pour les produire mises en place par Washington au début de l’automne. De cette manière, l’Allemagne, troisième exportateur mondial derrière les États-Unis, résiste à la stratégie de rupture menée par les États-Unis et, grâce à son poids en tant que première économie de l’UE, exerce un contrepoids important à la stratégie américaine. Parallèlement aux dissensions croissantes sur le front oriental, notamment sur la manière dont la guerre doit se terminer, et aux voix qui commencent à se faire entendre au sein de la politique étrangère allemande pour critiquer la guerre économique contre la Russie comme une « aberration » et recommander une fin rapide des sanctions, cette opposition allemande à la politique menée par les États-Unis contre la Chine promet des relations orageuses entre Berlin et Washington dans un avenir proche.

Notes :

[1] Les deux parties se sont entendues sur ce niveau d’investissement à la suite d’un compromis  : l’entreprise chinoise n’aura ainsi aucun droit de vote ni aucun droit de regard sur la gestion et les décisions stratégiques. Quelques jours avant le voyage du chancelier allemand en Chine, son ministre des Finances a bloqué la vente à une entreprise suédo-chinoise d’une petite usine servant à la production de semi-conducteurs. Le ministre allemand des Finances, Robert Habeck, s’est systématiquement opposé aux deux accords de manière égale. Arguant de son opposition lors d’une conférence de presse, il a déclaré que l’Europe devait cesser d’être naïve en laissant les acquisitions se faire via le marché et être aussi intelligente que la Chine dans ce domaine. Les États membres de l’UE devraient unir leurs forces pour conserver les industries importantes dans l’UE. Dans le cas du port de Hambourg, c’est Scholz qui a fait pencher la balance en faveur de l’entrée de Cosco au capital.

[2] « Volée de critiques sur la visite d’Olaf Scholz en Chine », Le Monde, 3/11/2022

[3] Selon l’institut susmentionné, le marché chinois continue de gagner en importance pour l’industrie automobile allemande. Il est depuis longtemps le principal marché de vente des constructeurs automobiles allemands et revêt une importance particulière pour le passage aux véhicules électriques (VE). D’une part, c’est de loin le plus grand marché du monde et, d’autre part, sur le plan technologique, la branche chinoise des VE est clairement en avance, notamment en ce qui concerne les batteries et les logiciels. Les constructeurs automobiles allemands ayant trop longtemps misé sur le moteur à combustion interne, ils ont perdu du terrain face aux producteurs chinois innovants dans les VE, qui s’apprêtent même à utiliser leur force sur leur marché national pour conquérir une position de leader sur le marché mondial, au détriment, en définitive, de leurs concurrents allemands. Ces derniers, à leur tour, voient leur meilleure chance dans l’utilisation des capacités hautement innovantes de l’industrie chinoise pour regagner leur compétitivité. Elles investissent donc massivement dans la recherche et le développement en République populaire.

[4] Volkswagen est responsable de plus de 30 usines employant plus de 90 000 personnes en Chine. Le plus grand constructeur automobile européen vend plus d’une voiture sur trois en République populaire, et aucun autre marché étranger ne génère des bénéfices comparables. Alors que les deux autres grands marchés de vente - l’Europe et les États-Unis - continuent de baisser, les ventes de voitures en Chine ont augmenté de 15 % cette année dans l’ensemble du secteur. Mais VW, comme d’autres constructeurs automobiles, poursuit une stratégie à deux volets. L’entreprise veut vendre des voitures en Chine aussi longtemps qu’elle le pourra. Mais pour ne pas s’exposer entièrement à la Chine, l’entreprise investit actuellement 7 milliards d’euros dans le deuxième marché automobile mondial, les États-Unis.

[5] « Watching China in Europe - October 2022 » 5/10/2022.

[6] « Power Struggles Behind the Front (II) » German-Foreign-Policy.com 4/11/2022.



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