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Politique

Éducation nationale

La rentrée se profile, sans dépistages massifs ni moyens supplémentaires

La rentrée s’approche pour les académies de la zone A et, malgré la multiplication des cas de variants, le gouvernement et le ministère de l’Éducation nationale ne sont manifestement pas prêts. Entre les annonces d’un renforcement des protocoles puis leur relâchement ces dernières semaines, c’est le manque de moyen mis en œuvre qui demeure constant.

jeudi 18 février

Crédit photo : STEPHANE DE SAKUTIN/AFP

Les rentrées se suivent et se ressemblent en ce qui concerne les mesures du ministère de l’Éducation nationale, ou plutôt l’absence de celles-ci. Depuis la fin du mois de janvier, la propagation du virus est surtout marquée par la multiplication des cas de variants anglais, brésilien ou sud-africain. Ces variants ont notamment pour conséquence de conduire à une transmission augmentée du virus.

Le gouvernement avait annoncé il y a quelques semaines un soi-disant protocole renforcé pour faire face au rebond des cas positifs, mais la réalité a vite rattrapé les effets d’annonces et dans les faits, le protocole avait été allégé. En particulier, les mesures qui avaient été prise pour faire face aux variants avaient été supprimées. Plus de distinctions des cas et de leurs contacts. Comme à son habitude, le gouvernement avait surtout misé sur un effet d’annonce le 1er février, avant de revenir à la politique de l’autruche qui est de mise moins de 15 jours après.

Autre rétro-pédalage : les 200 000 tests salivaires hebdomadaires promis ne seront pas au rendez-vous. Après s’être engagé sur cet objectif, le gouvernement revient sur ses déclarations : « Il ne s’agit pas d’un volume dédié à l’Éducation nationale mais un volume global. ». Aucune nouvelle non plus concernant les détecteurs de CO2 recommandés quasi-unanimement par les études scientifiques pour favoriser l’aération des salles de classes, et déjà adoptés par certains de nos voisins européens.

La volonté du gouvernement reste comme à son habitude de faire en sorte de sauvegarder l’économie et de garder les écoles ouvertes, comme garderie du MEDEF. Ainsi, même s’il a enfin été admis que les établissements scolaires sont bel et bien des lieux de circulations du virus, il n’en reste pas moins que les mesures prises restent dérisoires, voire complétement inexistantes.

À titre d’exemple, dans la région de Dunkerque, les enseignants se sont mobilisés pour dénoncer l’absence de protocole face à l’explosion du nombre de cas de variants anglais parmi les élèves. Pas moins de 10% des classes seraient fermées et seules des mesures cosmétiques sont proposées, en plus de l’extension du mode hybride entre les cours à distances et les cours dans l’établissement au collège, alors que c’est déjà le cas au lycée.

Dans tous les cas, la question des moyens pour l’éducation est esquivée par Blanquer, alors qu’elle est centrale pour faire face à la pandémie. En effet, il y a d’abord la question des moyens matériels et des locaux. Jusqu’à maintenant, la seule solution proposée était d’aérer régulièrement, mais face à l’hiver cette option devient plus compliquée. À cela s’ajoutent les problèmes d’approvisionnement en savon ou gel hydroalcoolique, ou encore en masques de qualités. En effet, alors que les masques de catégorie 1 deviennent le minimum, ils ne sont pas encore distribués gratuitement.

Il faut aussi noter que le fonctionnement hybride, contrairement à ce qui est mis en œuvre par le ministère, nécessite aussi des moyens dédiés. Au premier rang de ces besoins, il y a bien évidemment l’accès à du matériel informatique de qualité suffisante, tant pour les élèves que pour les enseignants. La gestion des cours en distanciel augmente aussi la charge de travail des enseignants et devrait donc, en toute logique, conduire à l’embauche massive de professeurs.

Finalement, un autre secteur est mis à mal par la crise du Covid-19 : celui des vies scolaires. En effet, ceux que l’on appelle communément surveillants ont vu leur charge de travail fortement augmenter, ne serait-ce qu’au niveau du protocole inapplicable dans les cantines. Bien évidemment cette augmentation de charge de travail ne s’est pas traduite par une augmentation du nombre de postes. C’est ce qui a pu être mis en avant par la mobilisation des AESH au cours des derniers mois ainsi que les témoignages vidéo que nous avions recueillis..

En cette période de vacances d’hiver, ce dont a besoin l’Éducation nationale c’est de moyens. Humains d’abord, tant en termes de professeurs que des autres postes indispensables au bon fonctionnement des établissements. C’est la première condition pour pouvoir réduire les effectifs par classes ce qui est, au-delà du cadre de la pandémie, est une condition de base pour permettre de bonnes conditions de travail et d’apprentissage. Ensuite il faut aussi des moyens matériels, tant en termes de masques ou de savon qu’en termes de matériel informatique.

Mais à la veille de la rentrée (ou de vacances dans la zone C), force est de constater que rien n’est fait.




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