^

Jeunesse

Mobilisation contre les E3C

La répression continue dans les lycées : garde à vue, vigiles violents et menaces de zéros

Dans les lycées, la mobilisation continue et avec elle, la répression. Professeurs et lycéens ont ainsi été confrontés à une nouvelle salve de répression administrative et policière. Ce mardi matin de nouveaux invités, les EMS, équipes mobiles de sécurité du rectorat, ont semé la violence, notamment au Lycée Mozart au Blanc Mesnil.

mardi 25 février

 Crédit photo : France 3 

Depuis la rentrée de la zone C, la mobilisation a repris dans les lycées. Grève de la surveillance, blocages, rassemblements : dans de nombreux lycées, les épreuves sont perturbées. Avec un phénomène nouveau dans certains lycées : les élèves refusent massivement d’aller composer. C’était le cas à Paul Valéry à Paris ou à Colbert, mais aussi au lycée Newton à Clichy La Garenne. Dans d’autres lycées, les E3C ont été bloqués et annulés, comme à Jean Jaurès à Montreuil.

Tout autant de signes que la contestation reste importante malgré la répression qui s’abat sur elle, allant des menaces de zéros (comme ce matin encore au Lycée Paul Valéry) à la violence physique. Cette répression est mise en place pour imposer une pression aux lycéens mobilisés et faire cesser par la peur ce mouvement de la jeunesse.

Ce mardi, un nouveau lycéen a été arrêté au Lycée Lakanal après un contrôle d’identité en marge des E3C. De fait, la présence policière est permanente sur les lycées et les gardes à vue se multiplient pour endiguer la détermination lycéenne.

Au lycée Mozart, c’est une nouvelle brigade qui a été testée, les EMS, équipes mobiles de sécurité du Rectorat. L’EMS a tenté de forcer la mise en place des épreuves dans ce lycée où les professeurs sont massivement en grève et où aucune épreuve des E3C n’a encore eu lieu. Le communiqué des enseignants du lycée raconte : « ils se sont mis à invectiver les élèves en les bousculant, les ceinturant, les molestant, n’hésitant pas à jouer de leur force physique : une élève a été blessée, une parente d’élève violemment bousculée. »

En plus de ces équipes était aussi présent un huissier du rectorat, comme l’explique le communiqué des enseignants : « un huissier mandaté par le rectorat pour constater des entraves à l’entrée du lycée prenait en photo et observait de près la scène. Nous lui avons demandé s’il comptait également témoigner des actes de violence de la part des EMS qu’il avait pu constater comme nous, il nous a répondu que ce n’était pas dans le cadre de sa mission et qu’il était payé par le Rectorat, auquel, par conséquent, il obéissait ». Le communiqué dénonce aussi une gestion plus que chaotique des épreuves de l’après-midi, avec des convocations sans surveillance notamment. D’autres épreuves n’ont pas eu lieu, boycottées par des élèves qui ont décidé de ne pas se laisser faire.

Il s’agit là d’une démonstration de la faiblesse d’un gouvernement prêt à tout pour faire passer ces épreuves malgré la défiance qu’elles suscitent et la mobilisation des lycéens et de leurs professeurs. Des méthodes autoritaires auxquelles le gouvernement est abonné, après la répression administrative et policière qui a été appliquée pendant la première salve d’E3C ou sur les piquets de la RATP.




Mots-clés

Répression policière   /    E3C   /    Mouvement des retraites 2019-2020   /    Education nationale    /    Lycées   /    Education   /    Répression   /    Jeunesse