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La suppléante de Castaner traîne un Gilet jaune au tribunal, il passe 4 nuits en prison

Laurent, ouvrier et Gilet jaune a passé 3 jours et 4 nuits en prison pour rien, suite à la plainte d'Emmanuelle Fontaine-Domeizel, élue comme suppléante de Castaner dans la deuxième circonscription des Alpes-de-Hautes-Provence.

jeudi 9 mai

Photo : Stéphane Duclet

Figure du mouvement des Gilets jaunes, Laurent Vicente a été poursuivi en justice par la députée LREM, Emmanuelle Fontaine-Domeizel, élue comme suppléante de Castaner dans la deuxième circonscription des Alpes-de-Hautes-Provence, comme le rapporte le journal Médiapart. Ce charpentier-couvreur-zingueur quadragénaire, a été jugé mardi 7 mai en comparution immédiate au tribunal de Digne après avoir passé quatre nuits à la prison des Baumettes près de Marseille. La députée LREM l’accuse de l’avoir menacée et d’avoir été agressif avec elle à deux occasions au cours du mouvement. Devant le tribunal il était accusé d’ « acte d’intimidation pour obtenir d’un élu qu’il accomplisse ou s’abstienne d’accomplir un acte de sa fonction » et de « provocation non suivie d’effet à commettre un crime », encourant 10 ans de prison et 45 000 euros d’amende !

Ce qu’il c’est vraiment passé : lors de leur première rencontre à une réunion publique organisée dans le cadre du Grand débat, l’ouvrier avait tendu à la députée un acte de destitution fictif et lui avait dit qu’il fallait en finir avec la démocratie représentative. Quelques temps plus tard, le 29 mars, à l’école de Sisterons, où la députée est venue faire une apparition, Laurent Vicente et quelques Gilets jaunes sont là et la préviennent : « Vous nous aurez toujours sur votre dos, il n’y a qu’avec la gendarmerie et la police que vous serez en sécurité. » Finalement lundi de Pâques, une manifestation a lieu devant la maison de la députée dans le but, comme le rapporte Médiapart de « montrer [aux députés du département] comment ils étaient traités par les forces de l’ordre, et pour qu’eux aussi, respirent les gaz lacrymogène, alors que les Gilets jaunes avait été violemment réprimés dans une manifestation quelques semaines plutôt. Lors de cette action, les Gilets jaunes se sont contentés de crier des slogans et citer la constitution comme on le voit sur cette vidéo :

Devant les témoignages, la « justice », pourtant ultra répressive avec les Gilets jaunes depuis le début du mouvement, a finalement été contrainte de reconnaître l’inanité des accusations et de déclarer la relaxe. La présidente du tribunal en a quand même profité pour menacer Laurent Vicente, en déclarant que la prochaine fois ça ne se passerait pas aussi bien.

Pour s’être insurgé contre le fait d’être soit-disant représenté par une députée macroniste, fille de sénateur et avoir voulu montrer à la suppléante de Castaner, les violences policières que subissent les Gilets jaunes depuis 5 mois, Laurent, ouvrier vivant du RSA et de petits boulots a passé 4 nuits en prison et risquait dix ans de privation de sa liberté et des dizaines de milliers d’euros d’amende ! Pendant ce temps Castaner, responsable des centaines de blessés graves faits par la police, dont une vingtaine d’éborgnés et cinq personnes amputées, pendant le mouvement, ne sera jamais poursuivi. Il peut continuer à diffuser des mensonges d’État en toute impunité – sans jamais être inquiété par les lois liberticides sur les fakes news du gouvernement. Et pendant que la justice de classe poursuit et condamne les Gilets jaunes à tour de bras, les hommes de main de Macron et autres Benalla peuvent continuer leurs violences et agissements voyous en toute liberté.




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