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La violence de la réforme de l’assurance-chômage gêne même des économistes proches de Macron !

Ce mercredi, Le Monde révélait les critiques faites à la réforme de l’assurance-chômage par plusieurs économistes orthodoxes ayant soutenu Macron pendant la campagne présidentielle de 2017. Des positions qui rappellent l’ampleur de l’attaque que constitue cette réforme.

mercredi 31 mars

Crédits photo : AFP / Ludovic Marin

La réforme de l’assurance chômage, dont les premiers touchés seront les plus précaires, devrait s’appliquer à partir du 1er juillet 2021. Fin mars, l’Unédic, organisme chargé de l’assurance chômage, évaluait le nombre de chômeurs susceptibles d’être pénalisés par l’entrée en vigueur de cette réforme à 1,15 millions. Toujours selon l’Unédic, les allocations mensuelles baisseront ainsi de 17% pour ces chômeurs, en raison de la modification des règles de calcul des indemnités journalières. Largement critiquée, le retrait de cette réforme est également au centre des revendications des occupations des théâtres.

Une réforme si violente que même des économistes ayant soutenu Macron en 2017 se sont permis de la critiquer, comme l’a révélé Le Monde ce mercredi. C’est ainsi que Jean Pisani-Ferry, ancien directeur « du programme et des idées » du Président pendant la campagne présidentielle, a fortement désapprouvé le nouveau calcul du salaire journalier de référence : « L’appliquer aujourd’hui, c’est risquer de pénaliser des précaires à la lisière du marché du travail qui ont été déjà durement frappés par le choc Covid » note-t-il. Selon le même article du Monde, Phillipe Aghion, économiste ancien conseiller de Macron pendant la course à l’Elysée, ajoute que ce nouveau mode de calcul est basé sur l’idée fausse qu’existerait : « un chômage essentiellement volontaire, ce qui est encore moins le cas aujourd’hui avec la pandémie ».

De plus, pour Jean Pisani-Ferry, le timing est mal choisi par l’exécutif : « engager une réforme conçue avant la crise, même si elle a été amendée, c’est donner le sentiment que le gouvernement ne prend pas la mesure de tout ce que la pandémie a bouleversé ». C’est aussi l’avis de Phillipe Aghion qui estime que « ce n’est pas le moment ».

Enfin, plusieurs critiques quant au manque de dialogue social sont également exprimées de la part de ces économistes pourtant proches de Macron. Pour Philippe Aghion, l’assurance-chômage surgit « contre l’avis des organisations syndicales », alors qu’il faudrait au contraire « du consensus ». Pour Gilbert Cette, économiste ayant également apporté son soutien à Macron en 2017 et ex-membre du Conseil d’analyse économique, « c’est un problème de contrat social ».

Qu’il s’agisse de Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion ou Gilbert Cette, ces prises de positions d’économistes orthodoxes proches de Macron est exemplaire de l’ampleur de l’attaque que constitue cette réforme, dont Michel Husson rappelait récemment la violence.

Malgré tout, en pleine crise économique et alors que des dizaines de plans de licenciements tombent chaque semaine, aucun plan de bataille n’est toujours mis en œuvre par les directions syndicales face à cette attaque historique. Leur silence assourdissant est un scandale à l’heure où il s’agirait d’organiser une riposte face au gouvernement.




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