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Politique

Anti-racisme

La youtubeuse Nadjélika en procès pour avoir dénoncé le racisme policier. Soutien !

Ce 6 janvier, la youtubeuse Nadjélika est passée devant le tribunal pour avoir interpellé un policier noir lors d'une manifestations en juin contre les violences policières. A l'oeuvre : la volonté de faire taire les voix qui s'élèvent contre le racisme

mercredi 6 janvier

Crédit photo : Black Traap

Alors qu’aux Etats-Unis les manifestations secouaient le pays après la mort de Georges Floyd, le 2 juin 2020 40 000 personnes répondaient présent à l’appel du Comité Justice et Vérité pour Adama pour dénoncer les violences policières et le racisme. La youtubeuse Nadjélika a alors interpellé un policier noir en disant «  Honte sur toi ! Vendu ! T’es de leur côté, t’as pas honte ?  ». Elle souhaitait ainsi pointer une contradiction entre le fait qu’il soit noir et qu’il « participe à cette institution raciste » qu’est la police, comme elle l’expliquait à la sorti de son procès hier. 

Elle est en effet poursuivie pour ces faits, elle  était appelée comparaître ce mercredi 6 janvier devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris après une plainte déposée par le policier en question. 

Les charges retenus contre Nadjelika sont « outrage aggravé envers personne dépositaire de l’autorité publique  » or cela n’a rien d’anodin comme le soulignait son avocat maître Arié Alimi à la sortie de l’audience : « L’outrage c’est cette infraction qui permet à des policiers de se prémunir de tout propos à leur égard dans le cadre de l’exercice de leur fonction. C’est une infraction qui a été créée justement pour empêcher la liberté d’expression, notamment dans les manifestations. »

Ce qui est à l’œuvre une fois de plus c’est la répression d’une des voix de la dénonciation du racisme et des violences policières : durant le premier confinement elle avait témoigné d’un cas de violence policière près de chez elle. Or après la manifestation du 2 juin elle n’a pas été la seule a être visée par un procès : un proche du comité Justice et Vérité pour Adama est poursuivi pour avoir filmé le rassemblement. Une répression judiciaire a été mise en place et le procès de Nadjelika incarne cette volonté de faire taire les voix qui se lèvent contre le racisme dans l’institution policière. C’est ce que soulignait son avocat qui expliquait qu’il existe une volonté « de lutter contre les militants anti-racistes et contre l’anti-racisme. C’est ça l’enjeu de ce débat. » Et pour attaquer les militants anti-racistes le parquet choisit d’attaquer pour … racisme. En effet Nadjelika, qui est noire, est attaquée pour racisme et son avocat souligne : « la question c’est est-ce qu’on va pouvoir aujourd’hui condamner des personnes qui st des militants antiraciste, qui tiennent des propos anti racistes[..] pour des infractions qui seront considérées comme raciste ».

Le procès a été reporté et aura lieu le 3 mars : il est nécessaire que toutes celles et ceux qui sont sortis dans la rue au mois de juin soient solidaires de Nadjelika face à la répression éminemment politique dont elle est victime.




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