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Crise sanitaire

Landes. Le variant indien se propage : levons les brevets !

Si la situation sanitaire en France semble nettement s’améliorer, le variant indien menace le retour à « la normale » et met en avant la gestion impérialiste de la crise sanitaire.

lundi 7 juin

Crédits photo : AFP

Depuis quelques semaines, la situation sanitaire en France semble permettre un retour à « la normale ». Dimanche matin sur BFMTV, Olivier Véran s’exprimait ainsi : « de façon globale, la situation épidémique continue de s’améliorer fortement dans l’ensemble du pays ». Le discours triomphaliste du gouvernement concernant l’ouverture des terrasses, des cinémas et des musées depuis le 19 mai est répété en boucle par les médias et prépare la nouvelle phase de déconfinement du 15 juin.

Pourtant, si le nombre de contaminations continue de décroître en France, la situation n’est pas sans contradictions. Si dans la majorité des régions de France, la situation sanitaire s’améliore, le spectre du variant indien, appelé Delta, menace le plan de déconfinement. Ce variant pourrait devenir un danger important puisqu’étant 40% plus contagieux que le variant anglais, qui est lui-même 50% plus contagieux que la source originelle du SARS-Cov-2, il provoque donc un taux de mortalité plus fort. C’est le 24 mai qu’il est apparu dans les Landes pour la première fois en France. Selon l’ARS, "la situation épidémiologique est défavorable, le taux d’incidence est supérieur au taux d’incidence régional et au taux national" ; en effet, le taux d’incidence est à 95,6 pour 100.000 habitants. Benoît Elleboode, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine et médecin en santé publique, déclare à propos de ce variant sur France Info-] : « On a aujourd’hui deux cas de variants delta qui ont été séquencés, c’est-à-dire bien identifiés comme variant delta. On a une suspicion de variant delta sur une cinquantaine de patients. ».

Ce variant a remis en question le plan de déconfinement de la Grande-Bretagne, car en plus d’être plus contagieux, il est aussi plus résistant aux vaccins, notamment au vaccin Pfizer. Selon une étude de l’institut Pasteur du 27 mai, les anticorps fabriqués par le vaccin sont efficaces contre le variant anglais mais beaucoup moins contre le variant indien. L’institut Pasteur précise aussi que la progression du variant indien a été très rapide au Royaume-Uni. Olivier Schwartz, coauteur de l’étude et directeur de l’unité virus et immunité à l’Institut Pasteur explique : « Nous montrons que ce variant à propagation plus rapide a acquis une résistance partielle aux anticorps. Par exemple les sérums de patients ayant eu un Covid-19 et recueillis jusqu’à 12 mois après les symptômes ainsi que les personnes ayant reçu le vaccin Pfizer restent neutralisants, mais sont 3 à 6 fois moins puissants contre le (variant indien) B.1.617.2 par rapport au B.1.1.7" (variant anglais). ».

De fait, si la situation s’améliore, la crise est loin d’être totalement depassée. Cette menace, née dans un pays pauvre et qui n’a donc que très peu de moyens sanitaires pour faire face à une telle pandémie, montre comment les pays impérialistes inscrivent leur stratégie vaccinale dans leurs propres intérêts. En France, 56% des personnes de plus de 50 ans, dont les personnes les plus à risques, sont vaccinées, ce qui protège d’une nouvelle saturation des hôpitaux, et le 31 mai, la vaccination s’ouvre à toutes les personnes de plus de 18 ans avec 19 millions de doses pour le mois de juin. Cependant, les pays moins riches continuent de souffrir de la pandémie et sont très loin du retour à « la normale » tant revendiqué.

Concernant l’Inde, le pays où est né le variant qui menace le plus les pays d’Europe, la situation est catastrophique : « Nous ne transportons presque plus de patients malades maintenant… presque uniquement des cadavres », raconte Vikas Kumar Gupta, l’un des ambulanciers, qui attend depuis des heures qu’un bûcher se libère. Aujourd’hui, il y a 100 636 nouveaux cas par jour et plus de 344 000 personnes sont mortes du coronavirus depuis le début de la pandémie.

Les habitants du pays sont si pauvres qu’il n’ont pas les moyens d’offrir un enterrement à leurs proches, d’autant que les services funéraires sont dépassés par le nombre de morts. Vishal Maurya, le premier à être tombé sur ces corps à moitié inhumés, dans le district d’Unnao, à quelques centaines de kilomètres de Vanarasi, la ville sainte de l’Uttar Pradesh au nord de l’Inde, raconte : « À gauche sur les berges, vous pouvez voir ceux qui ont assez d’argent pour acheter du bois et brûler leurs proches, décrit-il. À droite, il y a des tas de corps enterrés dans le sable. Il y a plusieurs centaines de cadavres ici ! ».

Nous ne pouvons pas laisser les pays impérialistes gérer la crise sanitaire en suivant uniquement leurs intérêts. Nous devons revendiquer la levée des brevets pour que tous les habitants de tous les pays aient accès au vaccin, que les pays pauvres ne voient pas leur population mourir tandis que les pays riches commencent à ouvrir les cinémas et les terrasses en se vantant de leur victoire. Nous devons lutter pour l’expropriation des laboratoires, les scientifiques en première ligne sont les mieux placés pour mener à bien une campagne de vaccination pour l’intérêt de tous les travailleurs du monde entier.




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