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Notre classe

Grève illimitée chez un sous-traitant d'Airbus

Latécoère en grève, une première depuis plus de 40 ans !

Correspondants Hier à Toulouse et Gimont (Gers), a débuté une grève illimitée suite à un désaccord avec la politique financière des nouveaux actionnaires de Latécoère, une première depuis 1972 ! Près de 140 grévistes étaient sur place sur le piquet de grève à Toulouse, et près d'une cinquantaine à Gimont. Devant l'usine de Latécoère, sous-traitant de rang 1 d'Airbus à Toulouse, des ouvriers se sont placés devant le portail, avec une banderole et une grosse sono pour dynamiser le piquet.

jeudi 10 décembre 2015

La gestion des nouveaux actionnaires comme point de départ du mouvement

Les raisons de la colère ? La gestion des deux nouveaux actionnaires, les fonds de pension américains Apollo et Monarch, qui, agissant de concert, sont les principaux décisionnaires, bien que représentant environ un quart du capital, le reste se trouvant éparpillé entre actions individuelles ou publiques. La CGT dénonce dans un communiqué "un dialogue social bafoué, une multiplication des sanctions disciplinaires, un management par objectifs déshumanisants, des incitations appuyées à la « mobilité »" , mais surtout que "[d]es décisions calamiteuses ont été prises alors que les salaires ont été gelés cette année, alors que tous les objectifs industriels ont été atteints [.. ;] " avec par exemple le cadeau de 10 Millions d’euros sous forme d’actions gratuites au management du groupe, ou encore l’augmentation de salaires des membres du Conseil d’Administration. C’est une des causes de la colère des ouvriers, dont beaucoup voient leur salaire plafonner à 1400€ nets depuis trop longtemps.
La dynamique de délocalisation, d’abord au Mexique, puis récemment au Maroc (et bientôt en Moldavie pour une partie ?) est une autre crainte des salariés. Les suppressions de poste au moment où le carnet de commandes d’Airbus déborde ont effectivement de quoi choquer.
La direction, elle, prépare déjà sa défense : les salaires auraient fortement augmenté ces dernières années. Et elle se dit prête à ouvrir des négociations début 2016, avant les NAO du printemps... Tout un programme... (une ligne de défense d’ailleurs assez proche de celle de TISSEO lors du mouvement de l’an passé).

Augmentation générale des salaires

Leur revendication immédiate est l’obtention d’une augmentation générale des salaires de 50 euros. L’arrivée des médias dans la journée du 11 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse à 10 heures devant l’usine toulousaine, est une étape importante de la lutte, d’autant plus pendant l’entre-deux tours des élections régionales. En effet, les actionnaires ne voudraient pas d’une médiatisation trop importante de la grève et craignent que ce premier mouvement social depuis 1972 s’inscrive sur le long terme. C’est pourtant par l’instauration d’un rapport de force durable, capable de faire plier la direction, que les revendications plus que légitimes des ouvriers pourront être satisfaites. La solidarité d’une partie des « cols blancs », qui voient leur activité remise en cause elle aussi avec la suspension des études pour les 10-15 prochaines années, serait un pas en avant. Et si, les différentes grèves en cours commençaient à converger (clinique du Pont des Chaumes à Montauban, les agents municipaux de la ville...), les Michelland et autres patrons pourraient commencer à avoir peur pour leur chemise, notamment à l’approche de NAO qui pourraient s’annoncer plus tendues que l’an passé.




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