^

Politique

Répression

Laurent Nunez à la préfecture de Paris : un éborgneur en remplace un autre

Après de multiples scandales et connu pour avoir été l'éborgneur des Gilets jaunes, le préfet de Paris Didier Lallement va quitter son poste. Il sera remplacé par Laurent Nunez, ancien secrétaire d'État de l'autre éborgneur des Gilets jaunes, Christophe Castaner.

mardi 19 juillet

Crédits photo : LUDOVIC MARIN / AFP

Didier Lallement va nous quitter le 20 juillet. Ainsi en ont décidé ses patrons, Emmanuel Macron et Gérald Darmanin. Après plus de 3 années au style martial, un record de longévité pour la préfecture de Paris, placées sous le signe du matraquage ou des mutilations des Gilets jaunes, le champion de la répression du gouvernement va tirer sa révérence. En effet, le scandale de la finale de la ligue des champions aura fragilisé une figure particulièrement détestée de la macronie et de sa répression. Et si officiellement le préfet quitte son poste en raison de son « âge trop avancé », il s’agirait surtout pour le gouvernement de se débarrasser d’un élément aux multiples déboires.

Aux dernières nouvelles, le remplaçant annoncé de Didier Lallement sera Laurent Nunez, dont la nomination sera entérinée mercredi 20 juillet après le conseil des ministres. Et si on peut légitimement se réjouir du départ de Lallement, après 3 années qui auront été placées sous le signe d’une méthode de répression particulièrement violente, son remplaçant s’annonce, en toute cohérence, d’ores et déjà dans la même lignée.

Actuellement coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, Laurent Nunez est un historique de la macronie. Il travaille d’abord à la sécurité intérieure (DGSI) avant d’être nommé secrétaire d’État à la sécurité intérieure auprès du ministre Christophe Castaner. Énarque, le futur préfet de Paris a également occupé les fonctions de préfet des Bouches-Du-Rhône et de directeur de cabinet du préfet de police de Paris.

L’homme n’est donc pas un perdreau de l’année en matière de répression et il présente avec lui de solides gages et une solide expérience de la coercition, des atouts non négligeables pour la macronie. Laurent Nunez s’inscrit directement dans la continuité de l’œuvre de Didier Lallement, une œuvre à laquelle il a directement contribué durant le mouvement des Gilets jaunes en participant, aux côtés de Castaner et du préfet de Paris, à la répression et à la violence mise en place contre les Gilets jaunes.

Outre ses fonctions au sein du ministère de l’Intérieur, le secrétaire d’État écumait alors les plateaux télés pour défendre la violence des policiers et la répression mise en place par Lallement face aux Gilets jaunes comme sur le plateau de BFMTV par exemple. En clair, ce que nous propose le gouvernement, c’est la continuité d’une méthode de répression et de coercition fortes dans une séquence où l’inflation et les difficultés du gouvernement Macron pourraient augurer de colères sociales et où le rôle de préfet de police comme bras armé du gouvernement aura une importance capitale.

Laurent Nunez aura donc la lourde tâche de remplacer l’éborgneur Lallement dans une séquence qui pourrait être difficile et dans un climat instable pour la macronie. Il ne faut pourtant pas se tromper : si le départ de Lallement est une bonne nouvelle pour tous les mutilés et les victimes de la répression, la nomination de Laurent Nunez ne présage en rien un changement.



Mots-clés

Préfet   /    Répression policière   /    Police   /    Christophe Castaner   /    Paris   /    Répression   /    Politique