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Jeunesse

Leur guerre, nos morts !

Le 14 avril, tous dans la rue pour l’inscription et la régularisation de tous les étudiants réfugiés !

Alors que 4 millions de personnes fuient la guerre en Ukraine, les gouvernements mettent en place un tri raciste aux frontières. Confronté·e·s en France au racisme d'État et à l'hypocrisie du gouvernement français, des centaines d'étudiant·e·s fuyant la guerre se retrouvent sans inscription, et sont même menacé·e·s d'être renvoyé·e·s du pays pour celles et ceux qui n'ont pas la nationalité ukrainienne. Face à cette situation, à l'initiative du Poing Levé, les organisations de jeunesse appellent à se rassembler le 14 avril pour l'inscription de toute.s les étudiant·e·s fuyant l'Ukraine, et la régularisation de tou·te·s les réfugié·e·s !

mardi 5 avril

Alors que la guerre sévit en Ukraine, ce sont 4 millions de réfugiés qui sont sur les routes de l’exil depuis le début du conflit. Cette situation met en lumière l’hypocrisie des gouvernements face a l’accueil des migrants. En effet, la classe politique, des Républicains à Marion Maréchal en passant par les éditorialistes de CNews ne cessent de hiérarchiser diviser les personnes qui fuient le conflit sur la base de critères réactionnaires. Valérie Pécresse a ainsi déclaré qu’il ne fallait accueillir « que les personnes qui ont la nationalité ukrainienne ».

Dans la réalité, les mesures mises en place par l’Europe se plient à cette revendication xénophobe. En effet, la « protection temporaire » mise en place pour les réfugiés qui fuient la guerre ne concerne que ceux qui ont la nationalité ukrainienne. En plus d’être un statut précaire, qui ne dure que deux ans, cette protection exclut ainsi tous les réfugiés d’Ukraine qui ont d’autres nationalités, qui étaient étudiants et travailleurs dans le pays. En France, le gouvernement Macron pratique ce tri raciste tout en augmentant de manière historique le budget des armées, pour contribuer à l’escalade guerrière sur le continent européen, dans la droite lignée du reste de l’OTAN.

Dans les universités, les étudiants étrangers qui fuient l’Ukraine qui n’ont pas la nationalité ukrainienne se retrouvent sans possibilité de continuer leurs études, ni même de travailler, après avoir tout quitté pour sauver leurs vies. À Paris 8 particulièrement, ce sont plus de 150 étudiants ayant fui l’Ukraine qui ne peuvent pas s’inscrire à l’Université.. À Paris 1, la présidence de l’université a rétorqué « on ne peut pas accueillir tous les réfugiés », face aux organisations étudiantes qui demandaient un accueil inconditionnel des réfugiés venant d’Ukraine. Face à l’ampleur de la crise, les présidences des Universités de Paris 9, Lyon 3, Sorbonne-Paris-Nord et Angers se sont positionnées dans une tribune parue dans le Monde pour l’accueil de tous les réfugiés venus d’Ukraine, quelle que soit leur nationalité. 

À l’initiative du Poing Levé, une dizaine d’organisations de jeunesse (FSE, FIDL, Jeunes Écologistes, Jeunes Génération•s, Jeunes Insoumis, Jeunes Socialistes, L’ALTERNATIVE, La Voix Lycéenne, Mouvement National Lycéen, Paris Queer Antifa, RED-Jeunes, SOS Racisme, UEAF, UNEF) se sont rassemblées pour appeler à des rassemblements partout en Francele 14 avril pour l’inscription et la régularisation de tous les étudiants réfugiés.

Soyons nombreux et nombreuses le 14 avril, pour montrer au gouvernement et aux présidences d’université que nous refusons le traitement raciste des réfugiés. Alors que les médias et les gouvernements capitalistes profitent de la guerre pour déblatérer des discours belliqueux et renforcer les budgets de l’armée, cette initiative est un premier jalon pour la construction d’une réponse politique antiraciste et anti-impérialiste face à la guerre !

Les rassemblements auront lieu à :

Paris, 18h sur la Place du Panthéon ;
Toulouse, 19h Jean Jaurès ;
Bordeaux, 18h30 Place de la victoire ;
Rennes, 12h30 à l’Université Rennes 2 ;
Marseille, 18h sur le parvis de la fac Saint-Charles ;
Montpellier, 12h30 à l’université Paul Valery ;

Pour organiser des rassemblements dans vos villes, contactez Le Poing Levé à l’adresse : [email protected]

LE COMMUNIQUÉ :

Nous demandons une garantie d’inscription pour tou·te·s les étudiants fuyant l’Ukraine, et la régularisation de tou·te·s les réfugié·e·s ! Poutine a entamé l’invasion de l’Ukraine il y a un mois, bombardant des civils et rasant des quartiers entiers dans des villes comme Marioupol, Myolaïv, Kharkiv ou Kiev. Pour fuir ces tueries, ce sont plus de 3 millions d’Uukrainiens et de personnes originaires notamment d’Afrique, d’Afghanistan ou d’Inde résidants en Ukraine qui ont déjà dû fuir le pays, provoquant la plus importante « crise migratoire » en Europe depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Parmi ces réfugié·e·s, on compte énormément de jeunes, dont des milliers d’étudiants étrangers venus en Ukraine, qui y étaient installés pour y suivre un cursus universitaire. Dans la seule ville de Kiev résidaient 76 000 étudiants internationaux.

Avec le début des bombardements, ces réfugié•e•s ont pris la route du jour au lendemain, abandonnant leurs appartements et leurs affaires, n’emportant que le minimum vital et le peu d’argent qu’ils ont pu sortir des banques. Ils sont arrivés en France après des périples de plusieurs jours, de longues marches dans le froid, ils ont pour beaucoup vécu les violences racistes aux postes frontières et les camps de réfugiés. L’ONG Lighthouse Reports a révélé que plusieurs étudiant·e·s d’origine africaine qui vivaient en Ukraine sont actuellement détenu·e·s dans des centres fermés pour étranger·e·s en Pologne.

Une grande partie de ces étudiant·e·s, qu’ils aient la nationalité ukrainienne ou non, souhaitent maintenant pouvoir poursuivre les études qui ont été interrompues par l’invasion russe. Si Darmanin, qui n’est pas en reste dans la traque aux migrant·e·s, en appelle hypocritement à faire preuve « d’humanité » vis-à-vis des réfugié·e·s d’Ukraine, il n’y a toujours aucun dispositif permettant d’assurer aux étudiant·e·s ayant fui l’Ukraine de pouvoir se réinscrire en France.

Par ailleurs, si les étudiant·e·s ayant la nationalité ukrainienne bénéficient d’une « protection temporaire », les autres sont sous la menace d’une expulsion, après avoir fui la guerre et traversé tout le continent dans de terribles conditions.

Aussi, pour condamner l’agression Russe contre l’Ukraine, de nombreux établissements français d’enseignement supérieur et de recherche, à la demande du ministère, suspendent leurs partenariats avec la Russie en annulant des manifestations scientifiques et les échanges prévus pour la rentrée de septembre 2022. Les étudiant·es et universitaires russes ne doivent pas être confondu·e·s avec la politique de Poutine. Parmi elles et eux se trouvent d’ailleurs des opposant·es à cette politique. Au contraire, l’intensification des échanges universitaires permet toujours d’affaiblir les tendances nationalistes et d’élargir les solidarités.

Nous, organisations de jeunesse, sommes attentives à ce que toutes les jeunesses trouvent dans nos universités un lieu d’accueil. Si ce gouvernement ne s’est jamais illustré dans l’accueil digne des réfugiés, nous souhaitons cependant contraindre le ministère de l’Enseignement Supérieur à prendre ses responsabilités, des mesures vitales, pour des milliers de jeunes réfugiés. Pour cela, nous revendiquons :

• l’abrogation de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·e·s étranger·e·s

• que tou·te·s les réfugié·e·s soient immédiatement inscrit·e·s gratuitement à l’université dans leurs filières

• que tou·te·s, sans distinction de nationalité, soient immédiatement régularisé·e·s

Pour faire entendre nos revendications, nous nous rassemblerons partout en France jeudi 14 avril.

SIGNATAIRES :

FSE
FIDL
Jeunes Écologistes
Jeunes Génération•s
Jeunes Insoumis
Jeunes Socialistes
L’ALTERNATIVE
La Voix Lycéenne
Le Poing Levé
Mouvement National Lycéen
Paris Queer Antifa
RED-Jeunes
SOS Racisme 
UEAF
UNEF



Mots-clés

Guerre en Ukraine   /    Etudiants étrangers   /    Etudiants    /    Migrants   /    Hausse des frais d’inscription   /    Paris 8   /    Ukraine   /    Université   /    Réfugiés   /    Jeunesse