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Le 14 décembre, vers une jonction d’une nouvelle ampleur entre « Gilets Jaunes », jeunes et « Gilets Rouges » ?

Après plusieurs semaines de mobilisation des Gilets Jaunes, la jeunesse scolarisée commence à rentrer en action à l'initiative des lycéens et maintenant des étudiants. Le 14 décembre sera une première date de grève nationale appelée dans divers secteurs. Celle-ci doit être un point d'appui pour que le mouvement ouvrier organisé se joigne à la mobilisation.

mercredi 12 décembre 2018

©XAVIER LEOTY / AFP

Plusieurs structures syndicales appellent à la grève le 14 décembre, pour rejoindre le mouvement de Gilets Jaunes et de jeunesse en cours. Après un communiqué intersyndical paru le 6 décembre qui dénonçait la « violence » des gilets jaunes, accourant au secours d’un Macron au plus mal, de nombreuses sections syndicales (fédérales et locales) et militants, notamment dans la CGT, avaient réagi vigoureusement contre la compromission des directions confédérales. C’était notamment le cas de la Fédération Nationale des Industries Chimiques de la CGT, qui avait dénoncé un "coup de poignard dans le dos de ceux qui luttent actuellement", appelant à une rencontre nationale confédérale pour décider d’un plan de mobilisation nationale ainsi qu’à la grève dans toutes les industries chimiques et pétrolières vendredi 14 décembre. Depuis, plusieurs secteurs se sont mis en branle, appelant également à la grève ce jour-là, alors qu’initialement la direction confédérale de la CGT appelait à une journée d’action... sans arrêter le travail. C’est notamment le cas de la CGT cheminots, la CGT spectacle, la CGT PSA Mulhouse et Valenciennes. Mais au-delà des fédérations et unions locales CGT, une large intersyndicale de l’enseignement secondaire et supérieur appelle à la mobilisation des enseignants et personnels administratifs.

Alors que l’acte IV du mouvement des Gilets Jaunes a démontré que le climat de terreur instauré par le gouvernement n’avait en rien entaché la détermination du mouvement, il a également montré que le mouvement devait passer un cap pour faire céder le gouvernement et aller plus loin que des mesurettes telles que l’arnaque des « 100 euros ». Le gouvernement qui, il y a deux mois se présentait « jupiterien », « bulldozer » inébranlable, commence à reculer. C’est le moment de le faire plier. Pour imposer le rétablissement de l’Impôt Sur la Fortune et une hausse significative des salaires, il va falloir paralyser réellement l’économie du pays. Ces revendications sont partagées par une majorité des salariés et classes populaires du pays. La colère généralisée doit se traduire dans une grève de masse active, seule méthode qui permettrait de bloquer réellement la machine, mais aussi de libérer du temps à l’ensemble des travailleurs qui bloquent les ronds points tout en continuant de travailler, et qui pourraient finir par s’épuiser.

Pour le lancement d’une dynamique de généralisation de la grève, le mouvement ouvrier organisé a une responsabilité centrale, celle de faire grève et converger dès le 14 avec les Gilets jaunes et les jeunes mobilisés qui font face à une répression féroce. De nombreuses initiatives communes auront lieu dans le pays. Dans la capitale, un comité d’action et d’organisation initié par les cheminots de l’inter-gares et le comité justice et vérité pour Adama s’est réuni hier, notamment pour préparer les actions de cette journée. L’idée défendue par ces cheminots : faire du 14 décembre une journée de grève active, cesser le travail et converger avec d’autres secteurs mobilisés pour des actions communes tout le long de la journée. Du côté de la jeunesse, diverses organisations syndicales lycéennes et étudiantes appellent à la mobilisation (UNEF, Solidaires, UNL, etc.) et dans plusieurs universités et lycées se préparent des blocages afin de libérer les étudiants et leur permettre de se mobiliser aux côtés des gilets jaunes et grévistes dans les actions prévues.

Face aux multiples pressions qui pèsent sur le mouvement, à l’image de l’instrumentalisation de l’attentat de Strasbourg et des déclarations scandaleuses de membres du gouvernement faisant du chantage à l’arrêt de la mobilisation, la journée du 14 décembre doit être une réussite et marquer le début d’une jonction d’une nouvelle ampleur entre les « gilets jaunes », les jeunes et les « gilets rouges ».




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