^

Politique

Le Comité Adama attaque Lallement en justice après ses accusations d’antisémitisme

Le Comité Adama porte plainte contre Didier Lallement pour dénonciation calomnieuse, et pour faux en écriture publique, montrant que le mouvement ne se laissera pas attaquer par des accusations calomnieuses.

vendredi 19 juin

Crédits photo : BERTRAND GUAY / AFP

Lors du rassemblement contre les violences policières du 13 juin, une vidéo a été publiée par le journal d’extrême droite Valeurs Actuelles. On y entend une personne proférer l’insulte antisémite « sale juif ! », propos évidemment inacceptable, en direction semble-t-il des militants de Générations Identitaires qui déployaient par provocation au sommet d’un immeuble une banderole censée défendre les victimes du soi-disant “racisme anti-blanc”.

Cette insulte antisémite doit être fermement condamnée, mais il s’agit néanmoins d’un cas isolé dans cette manifestation massive contre les violences policières et n’est donc en aucun cas représentative du mouvement. C’est pour cette raison qu’Assa Traoré, soeur d’Adama Traoré et fondatrice du comité vérité et justice pour Adama a déposé deux plaintes, jeudi 18 juin contre le préfet de police de Paris Didier Lallement, la première pour dénonciation calomnieuse, la seconde pour faux en écriture publique.

De fait, la préfecture de Paris cherche à utiliser ce cas isolé pour interdire la manifestation et la réprimer au motif que cette insulte était scandée par "les manifestants". Didier Lallemand a en effet fait preuve de généralisation , tweetant via le compte de la préfecture de Police de Paris dès la parution de la vidéo. Il évoque dans son tweet « les manifestants », sautant sur l’occasion pour tenter de discréditer les militants présents. D’après le texte de la plainte que France Info a pu consulter, « Didier Lallement, ne pouvait pourtant ignorer que les termes ‘sales juifs‘ n’avaient pas été scandés par les manifestants le 13 juin 2020 place de la République mais qu’un seul homme semblait avoir tenu de tels propos ». Ainsi, selon l’avocat du comité Adama : « en affirmant dans un signalement au procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale que ’les manifestants’ avaient proféré des injures à raison de la religion, le préfet se rend coupable de dénonciation calomnieuse mais aussi du crime de faux en écriture publique puisqu’il a altéré la vérité dans un document officiel ». En déposant ces deux plaintes, le Comité Justice et Vérité pour Adama prouve une nouvelle fois qu’il ne laissera en aucun cas leur message d’antiracisme manipulé par quelconque instance. Le comité Adama cherche actuellement un maximum de personnes pour se constituer partie civile pour étayer leur plainte.

Pour se constituer partie civile, il convient d'adresser un mail au cabinet Bouzrou Associés pour l'en informer, l'...

Publiée par La vérité pour Adama sur Jeudi 18 juin 2020

Par ailleurs, le deux poids, deux mesures vis-à-vis du traitement réservé par la police aux militants xénophobes de Générations Identitaires. De fait, alors que le préfet s’était précipité pour condamner l’ensemble des manifestants pour antisémitisme, il n’a eu aucun propos négatif pour ces militants d’extrême droite. Au contraire, ils ont été "exfiltrés" (selon les termes d’une des militantes du groupuscule) par la police, n’ont pas été menottés et ont même posté un selfie d’eux dans le fourgon, sourire aux lèvres. Et n’ont par la suite subi ni garde à vue ni poursuite.




Mots-clés

Répression policière   /    Police   /    Violences policières   /    Répression   /    Politique