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Politique

Emplois fictifs

Le FN contraint de rembourser plus de 300 000 euros au Parlement européen

Alors que les soupçons d’emploi fictif n’en finissent plus d’éclabousser le couple Fillon, allant jusqu’à obliger le candidat de la droite à la présidentielle à s’exprimer sur le plateau du 20h, le FN semble se faire en ce moment bien discret. Et il y a de quoi, car il n’y a pas que dans les poches des Fillon que l’argent du contribuable tombe indûment… En effet, c’est bien près 300 000 euros que le FN va devoir rembourser au Parlement européen pour l’affaire des assistants parlementaires.

vendredi 27 janvier 2017

Une facture salée

Klaus Welle, secrétaire du Parlement, a ainsi envoyé deux courriers à Marine Le Pen, le 5 décembre 2016 et le 6 janvier 2017, lui demandant de rembourser les sommes versées à deux assistants parlementaires dans la mesure où elle n’a pas été capable d’en justifier l’activité. En effet, Catherine Giset, tout d’abord, a perçu 298 500 euros entre 2010 et 2015 pour ce poste, or aucun document ou témoignage ne permet d’établir la réalité de son travail en tant qu’assistante, comme le soutiennent les enquêteurs de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf). Et pour cause, Mme Giset était bien plus occupée par ses fonctions de chef de cabinet du parti de Marine Le Pen à Nanterre sur la même période. Mais l’affaire ne s’arrête pas là…

En effet, toute fin 2011, un certain Thierry Légier a également perçu 41 554 euros pour la même fonction d’assistant parlementaire, sans non plus pouvoir apporter la moindre preuve de son activité. Précisons également que ce dernier a aussi été le garde du corps de Mme Le Pen pendant un temps avant de devenir assistant, ou plutôt fantôme du Parlement. Comme quoi tout est possible en terme de reconversion professionnelle quand on est bien entouré…

C’est donc le cumul de ces salaires que le Front national doit aujourd’hui rembourser au Parlement européen. Mais plus encore, il faut à Marine Le Pen rembourser les salaires de Catherine Giset d’ici la fin du mois si elle ne veut pas voir ses indemnités d’euro-députée divisées par deux : 3 100 euros seraient déduits de ce qu’elle perçoit mensuellement (soit 6 200 euros) et les 4 300 euros de frais généraux supplémentaires seraient également supprimés. De plus, tout manquement aux délais de recouvrement impartis lui vaudra l’application d’un taux d’intérêt.

Un FillonGate qui tombe à point nommé

Une telle affaire de gros sous sur le dos des contribuables tombe bien sûr mal en pleine campagne présidentielle, mais heureusement les emplois fictifs ne sont pas que l’apanage du Front national. Toutefois, la ligne de défense est toujours la même : on hurle à la calomnie et au complot. Si cela n’a pas marché pour Marine Le Pen qui est restée incapable de démontrer le travail de ses « assistants », cette posture échoue encore plus lamentablement pour François Fillon qui à chacune de ses interventions et celles de ses rares soutiens s’empêtre dans les contradictions. Dernière en date : il aurait rémunéré ses deux enfants, lorsqu’il était sénateur entre 2005 et 2007, pour leurs services d’avocat, or ce n’est que bien plus tard que ces derniers ont prêté serment.

Ainsi donc le parti de Marine Le Pen fait bien de rester à couvert et laisser Fillon se prendre les pieds dans le tapis. Toutefois, il est toujours tentant de pousser son adversaire politique vers la sortie comme en témoignent les tweets des cadres du FN. En effet, ces derniers sont quand même sortis de leur réserve sur l’affaire et ironise bien hypocritement sur la posture « féministe » de Fillon qui tente de se défendre en arguant une prétendue misogynie de l’article du Canard enchaîné. Mais de quel féminisme parle-t-on lorsqu’il provient de personnalités politiques qui se revendiquent anti-IVG et qui voudraient le retour des femmes au foyer ?

Une fois de plus, le FN nous fait la démonstration de son opportunisme nauséabond s’en mettant plein les poches sur notre dos et instrumentalisant le féminisme.




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