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Politique

« Tête haute et mains propres » ?

Le FN, pourri comme les autres !

Le FN, dernièrement, faisait feu de tout bois. Après la mise en scène plus ou moins pilotée (ou du moins très largement contrôlée) du conflit entre le père et la fille, pour mieux normaliser le parti d’extrême droite, après les bons résultats dans les sondages et une université d’été marseillaise censée préparer la formation aux élections régionales de décembre, voilà Marine Le Pen rattrapée par « les affaires ». Un peu comme tous ces « politiciens corrompus » qu’elle critique à longueur de discours. En cause, le détournement des remboursements de frais de campagne par l’État. Jean-Patrick Clech

jeudi 10 septembre 2015

Hier, la justice a mis en examen le parti en tant que tel, pour abus de biens sociaux et complicité d’escroquerie dans l’enquête sur son financement. Après la mise en examen de six dirigeants et cadres d’extrême droite, tous très proche de Marine Le Pen, c’est la formation en tant que telle qui est épinglée, cette fois-ci, par les juges Renaud van Ruymbeke et Aude Buresi.

L’affaire remonte aux élections législatives de 2012. À l’époque, pour accroître le remboursement par l’État des frais de campagnes des candidats réalisant plus de 5%, les aspirants frontistes à la députation sont obligés d’acheter un « kit de campagne » surévalué de 16500€. Riwal, une entreprise de com’ dirigée par Frédéric Chatillon, un proche de Le Pen, est le fournisseur du kit en question. Vu l’ampleur de la somme, le candidat FN se voit obligé de contracter un prêt auprès de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen (encore elle !), qui exige un taux d’intérêt de 6,5%, bien supérieur à celui communément pratiqué par les banques. 525 des 565 candidats qui se présentent en 2012 ont dû acheter le kit en question, une quasi obligation pour être investi. Au passage, on voit que les bonnes vieilles pratiques de racket et d’intimidation de l’extrême droite se perpétuent, au sein de son propre camp, même sous la houlette de Le Pen fille.

Parmi les six dirigeants déjà mis en examen, dans un premier temps, on compte le vice-président du FN, Jean-François Jalkh, mais également Chatillon, le patron de Riwal, ancien chef de file du Groupe Union Défense (GUD), le « syndicat » étudiant nazillon que Marine Le Pen fréquentait assidûment lorsqu’elle était inscrite en fac de droit(e) à Assas. En ligne de mire également, Jeanne, un micro-parti qui n’a rien à envier à toute ces formations-coquilles de noix qui pullulent chez Les Républicains ou les centristes, pour mieux racler les fonds de tiroirs de l’argent public et toucher des subventions.

Pour un parti qui n’est même pas encore arrivé aux « affaires », traîner ce genre de casseroles fait tâche. Fut un temps où Jean-Marie Le Pen disait marcher « la tête haute et les mains propres ». La « tête haute » avec son passé de tortionnaire en Algérie, c’était déjà tout un programme. Les mains propres, il ne les a jamais eues. Sa fille, semble-t-il, s’inscrit dans la droite ligne de son paternel. On ne pourra pas l’accuser de manquer de constance ni de fidélité.




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