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Titularisation des intérimaires !

Le Mans. 200 ouvriers de Renault en grève contre la suppression de la pause rémunérée

Ce mardi, près de 200 ouvriers de l'usine Renault du Mans ont répondu à l'appel à la grève de la CGT pour faire face à une attaque de la direction contre leur pause rémunérée. Une première date importante dans un contexte d'inflation forte et de pression sur le pouvoir d'achat, avec une participation inédite des travailleurs intérimaires.

mercredi 6 juillet

Crédits photo : CGT Renault Le Mans

Ce sont près de 200 ouvriers des lignes de production de Renault à Le Mans qui ont décidé de suivre l’appel à la grève de la CGT Renault Le Mans pour répondre à l’offensive de la direction. Cette dernière tente en effet de supprimer la pause rémunérée de 20 minutes pour les nouveaux travailleurs arrivant à l’usine.

L’objectif de la direction est évidemment de réduire indirectement les salaires, en supprimant la rémunération de cette pause, pour tenter de retirer toujours plus de profit du travail de ces ouvriers. Des mots de Christophe Janvier de la CGT, recueillis par Ouest-France, « Cela représente une perte de 80 euros par mois pour les nouveaux et futurs collègues ».

Cette perte sèche concerne les nouveaux arrivants, mais l’on peut imaginer qu’elle constitue au fond une attaque plus ciblée sur les intérimaires. En effet, il semble possible de les considérer comme de nouveaux arrivants lorsqu’il renouvelle leur contrat.

Un élément particulièrement parlant et marquant de cette mobilisation est la participation à la grève de nombreux intérimaires, 25 % des grévistes selon Christophe Janvier. C’est un fait majeur dans la mesure où les intérimaires sont dans une situation de précarité de l’emploi importante et soumis à la pression de ne pas être réembauché. Pour ces faits de grève, les intérimaires risquent donc beaucoup, de purement et simplement perdre leur emploi dans une période où les prix ne cessent d’augmenter.

Leur volonté de tout de même se battre pour la pause rémunérée marque une combativité exemplaire et constitue un possible signe d’un réveil des secteurs très précaires de la classe ouvrière. En solidarité avec les nouveaux travailleurs, plusieurs lignes de production ont été paralysées par les grévistes. Pour aller plus loin dans les demandes, la question de l’augmentation des salaires est aussi évoquée dans le cadre de la mobilisation, sans revendication précise pour l’heure.

Pour nous soutenir, c’est par ici !

Ce mouvement de grève est très intéressant à suivre et appel non seulement à l’extension du mouvement aux autres travailleurs de l’usine, mais y compris dans d’autres lieu de travail pour arracher des augmentations de salaire net, pour faire face à l’inflation, et pour titulariser tout le personnel précaire

Sans réponse concrète du patron, les grévistes sont clairs : "si il faut, un mouvement de plus grande ampleur sera organisé la semaine prochaine".

De fait, les revendications sur les augmentations plus générales de salaires sont essentielles pour pouvoir agréger encore plus de travailleurs de l’usine, mais il semble aussi fondamental de revendiquer une protection pour les grévistes intérimaires qui risquent gros. Cette protection peut-être très concrètement la demande de titularisation en CDI de l’ensemble des personnels précaires de l’usine !



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