^

Monde

Communiqué du NPA Jeunes

Le NPA Jeunes réclame la libération du militant algérien Yani Aidali et de tous les manifestants arrêtés

mardi 8 octobre

Ce matin notre camarade Yani Aidali, militant du Parti Socialiste des Travailleurs (PST) et figure du mouvement étudiant a été arrêté par le régime algérien pendant la marche étudiante hebdomadaire à Alger et emmené au commissariat avec une vingtaine de manifestants dans un fourgon de police. Les forces de répression ont tenté d’empêcher la manifestation étudiante de se dérouler, interpellant près d’une centaine de manifestants, la plupart étudiants, mais aussi des journalistes à l’image de Mustapha Benfodil, journaliste à El Watan.

Ce coup de force intervient alors que le soulèvement populaire en Algérie débuté le 22 février reprend de plus belle avec la rentrée sociale, contre le régime qui tente, après le départ de Bouteflika forcé par la rue à démissionner en avril dernier et le rejet massif des élections du 4 juillet par les masses populaires, d’imposer des élections présidentielles pour le 12 décembre prochain, ainsi qu’un projet de loi de finances criminel qui s’attaque aux restes des acquis de la lutte héroïque du peuple algérien pour son indépendance nationale contre l’Etat colonial, en bradant encore un peu plus les richesses nationales aux multinationales impérialistes à l’image du groupe pétrolier français Total, et en appauvrissant les travailleurs et les couches populaires.

Après les arrestations des porteurs de drapeaux amazigh, de la délégation La France Insoumise en visite à Béjaïa dirigée par la députée Mathilde Panot, la condamnation de la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) Louisa Hanoune à quinze ans de prison ferme, ou encore l’arrestation et le maintien en détention de Karim Tabbou, une des figure du hirak, le pouvoir réprime maintenant duremement le mouvement étudiant et la jeunesse. Cette même jeunesse qui s’est élevée contre un régime autoritaire, antisocial, et corrompu qui la condamnait à un avenir précaire, et ne lui laissait le choix qu’entre la misère ou l’exil à l’image des milliers de harragas qui traversent la Méditerranée sur des embarcations de fortune chaque année et se retrouvent sans-papiers en France et en Europe, quand ils ne disparaissent pas tragiquement au large.

Ce samedi 5 octobre, jour de commémoration de la révolte d’octobre 1988 en Algérie, les forces de répression avaient encore arrêté plus de 120 manifestants, dont des militants du Réseau Action Jeunesse (RAJ) dans la capitale. Le régime dirigé par le chef de l’état-major de l’armée Ahmed Gaïd Salah et le gouvernement par intérim Bensalah-Bédoui, tente d’empêcher que le mouvement étudiant s’auto-organise pour exprimer ses revendications sociales et démocratiques et pour l’action, et serve par là d’exemple aux travailleurs et à l’ensemble des masses populaires algériennes opprimées de même qu’aux peuples des pays voisins tels que le peuple égyptien qui descend dans les rues contre le régime militaire du maréchal Al Sissi. Il cherche ainsi à garantir les intérêts des puissances impérialistes, en particulier de l’Etat français en Afrique, en tentant d’étouffer la jeunesse qui a joué un véritable rôle d’avant-garde dans le mouvement populaire algérien.

Le NPA Jeunes exige la libération immédiate de notre camarade Yani Aidali ainsi que de l’ensemble des prisonniers politiques, et se solidarise avec la lutte exemplaire du peuple algérien pour sa libération du joug de l’impérialisme et la satisfaction de ses aspirations sociales et démocratiques que seule la grève générale et l’auto-organisation est en mesure d’imposer comme l’a montré la classe ouvrière algérienne qui a fait décamper Bouteflika en se mettant massivement en grève au mois de mars dernier. Nous nous doterons de tous les moyens nécessaires pour le soutenir dans ce combat.

Le 8 octobre à Paris

Photo : JMB//Phototheque Rouge : Yani à l’Université d’été du NPA




Mots-clés

NPA jeunes   /    Algérie   /    Monde