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Racisme et violences d’Etat

Offensive sécuritaire

Le PS vote avec la macronie le durcissement des peines pour les refus d’obtempérer et les rodéos urbains

Cette semaine, le projet de loi LOPMI est débattu à l’Assemblée. Jeudi soir, deux amendements qui criminalisent les victimes de refus d’obtempérer et les rodéos urbains proposés par la majorité ont été votés par le PS.

vendredi 18 novembre

Crédits Photos : B. Guay / AFP

La loi LOPMI constitue le nouveau projet sécuritaire du gouvernement. Il prévoit notamment un renforcement de l’appareil policier à travers une augmentation conséquente du budget de 15 milliards. Après avoir été adopté largement au Sénat, et même renforcé par celui-ci notamment sur la question des condamnations pour refus d’obtempérer, la loi est de nouveau débattue à l’Assemblée nationale.

Ainsi, LR, le RN, mais aussi le PS, votent article par article la loi sécuritaire de Darmanin tout en ajoutant des amendements qui en augmentent les aspects les plus réactionnaires. Deux amendements proposés par la majorité et votés jeudi soir, en faveur d’une augmentation des peines pour les « refus d’obtempérer » et les « rodéos urbains », en sont le meilleur exemple.

Des amendements qui visent à renforcer l’impunité policière

Prévus autour de l’article 7 de la loi LOPMI, ces amendement prévoient, comme le relate La Chaine Parlementaire :

« Une modification de l’article L233-1 du Code de la route permettant l’augmentation du nombre d’années d’emprisonnement en cas de refus d’obtempérer (de deux ans à trois ans) et un doublement de l’amende (de 15 000 euros à 30 000 euros). »

« L’Assemblée a aussi adopté dans les mêmes termes les précisions du Sénat à l’article 236-1 du Code de la route  : le "risque de mort" fait désormais partie des circonstances permettant de prononcer des peines dans le cadre d’un jugement pour rodéo urbain. »

Deux amendements qui s’ancrent dans une logique sécuritaire d’augmenter toujours plus les peines et la répression. Mais ils ont également pour but de renforcer l’impunité des forces de l’ordre et des violences qu’elles commettent. En effet, ils s’inscrivent dans un contexte où les morts sous les balles de la police sous prétexte de « refus d’obtempérer » se multiplient. Les « rodéos urbains », eux, sont régulièrement invoqués dans les version des forces de répression pour justifier les homicides policiers.

Dès lors, la logique derrière ces amendements est de toujours plus criminaliser les victimes de violences policières, et d’entretenir les discours des forces de répression les justifiant.

Au delà des amendements de la majorité, LR et le RN poussent aussi à la surenchère sécuritaire pour se délimiter du gouvernement sur la droite. Ainsi, Eric Ciotti, qui incarne l’aile la plus sécuritaire des LR, a proposé de doubler les places dans les centres de rétention administratifs (CRA) au nom du « lien » entre insécurité et immigration. Le RN quant à lui a proposé de mettre en place la technique du « contact tactique » utilisé Outre manche. Ce « contact tactique » est réalité ni plus ni moins qu’une autorisation qui permet à la police de renverser avec leurs véhicules les personnes en scooter qui seraient en train de faire des « rodéos urbains ». Une surenchère immonde proposée par la droite et l’extrême-droite dans la course à qui sera le plus sécuritaire.

Le PS vote avec le gouvernement et l’extrême droite

Au delà de la droite et l’extrême droite, la majorité a reçu l’appui des 5 députés socialistes présents lors des votes sur les deux amendements proposés par le gouvernement jeudi soir. Le PS a ainsi voté à l’encontre des autres partis qui forment la NUPES qui pour leur part, ont voté soit contre (LFI et PCF) ou se sont abstenus (EELV). Une fracture au sein de la NUPES assumée par le député PS Michaël Delafosse qui a critiqué ouvertement la FI au micro de Jean-Jacques Bourdin :

« Elle (La France Insoumise) est dans l’erreur. Elle a parfois des propos à l’égard des forces de sécurité qui ne sont pas acceptables. On a entendu la « police tue ». Non, la police protège ! Il ne faut pas envoyer des propos qui contribuent à déstabiliser l’autorité publique. La police a besoin de sentir notre soutien. »

Les positions que défend Delafosse ne sont pas nouvelles pour le PS. Le parti, qui a réussi à survivre grâce à l’alliance de la NUPES cherche aujourd’hui à s’en délimiter sur les questions sécuritaires. Même Olivier Faure, figure de la frange pro-NUPES du PS, a voté en majorité en faveur des articles et de certains amendements de loi LOPMI. Ainsi, le PS, qui a mené de nombreuses politiques sécuritaires lorsqu’il était au pouvoir, reste fidèle à lui même malgré le nouveau vernis progressiste que lui a offert la France Insoumise au sein de la NUPES.



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