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Vos guerres nos morts !

Le Pentagone reconnaît le massacre de dix civils dont sept enfants lors de la retraite d’Afghanistan

Qualifié « d’erreur stratégique » le massacre a été reconnu par l’armée américaine après la déclassification des images ce 10 janvier révélant le meurtre par bombardement d’un drone.

jeudi 20 janvier

@AFP Wakil Kohsar

Des images de surveillance aérienne montrant le bombardement qui a fait dix morts parmi des civils, ont récemment été déclassifies par le département de la défense américain à la suite d’une action en justice intentée en vertu de la loi sur la liberté d’information. C’est la première fois que les images de cette attaque du 29 août ayant tué dix civils innocents dont sept enfants sont rendues publiques.
Ces images prises de deux angles différents, fournissent de nouveaux éléments sur les dernières minutes qui ont précédé la frappe injustifiée sur une maison de la capitale.

Selon le New York times qui a été le premier à diffuser ces images, ces dernières auraient été prises par deux drones MQ-9 Reaper, montrant la scène de la frappe avant, pendant et après qu’un missile ait frappé une voiture civile dans une cour d’une rue résidentielle. Les familles des victimes accusent le pentagone de crime de guerre du fait de la frappe qui aurait déclenché un incendie tuant par la même les civils.

Une opération criminelle de la part de l’armée qui avait traqué pendant huit heures une Toyota Corol, dans le cadre de la lutte supposée contre l’organisation Etat Islamique. Le conducteur du véhicule pris pour cible n’était autre que Zemari Ahmadi, un civil employé par l’organisation humanitaire américaine Nutrition and Education International.

Vendredi dernier, L’armée américaine et le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin ont finalement confirmé le décès des civils en question en raison des frappes américaines. Le gouvernement américain s’est alors confondu en excuses, déplorant une « erreur tragique » de la part des militaires ayant mené l’opération : Notre enquête conclut désormais que cette frappe était une erreur tragique déclarait le général Kenneth McKenzie, chef des forces américaines en Afghanistan. Je présente mes plus sincères condoléances aux proches encore en vie de ceux qui ont été tués, a également déclaré le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, dans un communiqué, en reconnaissant que l’homme pris pour cible était juste une victime innocente, comme les autres personnes tragiquement tuées.

Seulement, les dernières images délivrées par le pentagone prouvent bien qu’il ne s’agit pas d’une simple erreur de la part des militaires. Si les images sont floues, on peut toutefois très bien y voir des passants dans la rue mais aussi deux silhouettes dans l’enceinte même de la maison prise pour cible. Loin d’être une erreur, il s’agissait simplement d’une opération militaire dans le cadre de la guerre impérialiste et brutale ; menée par les Etats-Unis pendant près de vingt ans en Afghanistan. Il apparaît alors clair que la vie des civils afghans n’a que très peu de valeur aux yeux des différentes administrations américaines, et que la vie de dizaines de civils vaut bien la peine d’être sacrifiée au prix d’un homme recherché.

Cette guerre « contre le terrorisme » que mènent les Etats impérialistes comme les Etats-Unis ou encore la France dans les pays du Moyen-Orient et qui dure depuis une vingtaine d’années aurait fait plus d’un million de victimes directes dans la région selon un rapport réalisé dans le cadre du projet Costs of war à l’Université de Brown. De plus, le bilan humain des interventions impérialistes occidentales ne se limite pas aux nombres de personnes tuées « sur le coup », mais il comprend également les nombreux bouleversements dans la vie des habitants vivant dans les zones attaquées, difficiles à quantifier mais bien réels.

Cette affaire révèle alors ce que l’on savait en réalité déjà à propos de la brutalité qui caractérise toutes les guerres impérialistes et dans le cas de l’Afghanistan, la politique d’intervention par l’armée américaine pendant près de vingt ans sur le territoire. Pour l’heure, celles et ceux qui sont responsables du meurtre des dix civils innocents dont sept enfants n’ont pas été appelés devant la justice et règne une forme bien connue d’impunité totale à l’égard de l’administration Biden.



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