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Notre classe

Bientôt tous smicards ?

Le SMIC revalorisé en août : c’est tous les salaires qu’il faut indexer sur l’inflation et augmenter !

Dès le 1er août, le SMIC sera à nouveau revalorisé, cette fois de 2.01%. Cette indexation du salaire minimum sur l'inflation permet de maintenir le salaire réel des travailleurs les plus pauvres, il est vrai à un niveau très bas. Mais ces augmentations ont aussi une conséquence plus indirecte : de plus en plus de bas salaires se trouvant un peu au-dessus du SMIC sont "rattrapés" par celui-ci. Bientôt tous au SMIC ?

jeudi 21 juillet

Quatrième revalorisation du SMIC en moins d’un an. Cela pourrait apparaître comme une bonne nouvelle, si elle correspondait à une augmentation de salaire réel. Mais le SMIC ne fait en réalité que suivre la hausse des prix. Indexé sur l’inflation, il augmente donc en la suivant à chaque nouveau bond de 2%. Autrement dit, entre la dernière revalorisation du SMIC, en mai 2022, et celle à venir en août, les prix auront déjà augmenté de 2% environ.

Aucun "coup de pouce" au SMIC n’est en vue au-delà de ces revalorisations automatiques. Le gouvernement reprend les théories fumeuses sur la "boucle prix-salaires", selon laquelle une augmentation des salaires serait automatiquement répercutée sur les prix par les pauvres patrons obligés de maintenir leurs marges. Pourtant, on observe que les marges de nombreuses multinationales et entreprises du CAC40 n’ont jamais été aussi hautes, en pleine inflation, et que les hausses des prix de l’énergie ou des produits alimentaires ne sont à aucun moment dues à des augmentations de salaires des salariés de TotalEnergies, Engie ou EDF...

En plus de maintenir dans la pauvreté toute une génération de smicards, comme l’ont dénoncé les grévistes de Chronodrive, ces revalorisations du salaire minimum ont une autre conséquence indirecte. Ils viennent pulvériser tout espoir d’avancement de carrière ou de salaire chez une large majorité de travailleurs à bas salaires.

Dans les grèves sur les salaires au fil des NAO que l’on observe depuis plus d’un an, ce sentiment d’être "rattrapés" par le SMIC est de plus en plus fort.

Ce sentiment, qui va croissant, exprime en partie le fait que beaucoup ont intégré la mise en concurrence entre travailleurs : avec telle compétence, tel poste ou telle ancienneté, ils ne méritent pas d’avoir le salaire du collègue qui fait le ménage ou qui travaille en caisse. L’individualisation des salaires, au travers des augmentations individuelles et primes en tout genre, encourage cette concurrence depuis des années.

Mais au-delà de ça, ce sentiment est aussi la source d’une colère, dirigée bien plus envers les patrons dont on voit qu’ils ne subissent pas la crise. Les pleins d’essence à 100€ ne leur font ni chaud ni froid, les augmentations de salaire qu’ils proposent ne dépassent pas les 2 ou 3%, soit moitié moins que l’inflation.

Cette colère va être mêlée après l’été au fait que de nombreuses NAO (Négociations Annuelles Obligatoires) de ce début d’année ont intégré des "clauses de revoyure" pour la rentrée, et donc que des nouvelles négociations vont s’ouvrir. L’occasion de nouvelles grèves salariales, voire de grèves hors de tout cadre de négociation !

Comme nous l’avons discuté dans notre émission, « l’inflation remet la question de la lutte des classes au centre ». Il faut nous y préparer, pour que notre colère ne soit pas enfermée dans des plans de bataille bidons comme la journée isolée du 29 septembre de la CGT ou la marche contre la vie chère de Mélenchon appelée un samedi pour esquiver la question de la grève.



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