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« Le combat, on doit le mener tous ensemble ! » 3 ans après : justice pour Gaye Camara !

3 ans après la mort de Gaye Camara par une balle de la police, le collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara organisait, dimanche, une journée en sa mémoire. D'autres collectifs étaient présents à leurs côtés pour dénoncer l'impunité policière.

lundi 14 juin

Crédits photo : Collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara

Ce dimanche 13 juin était organisée par le collectif Justice et Vérité pour Gaye Camara une commémoration en la mémoire de Gaye Camara, tué par la police le 16 janvier 2018. Plusieurs soutiens étaient présents aux côtés de la famille et des proches du défunt. N’ayant pas pu se réunir depuis le début du COVID, cette journée était très symbolique pour le collectif.

Comme le raconte Mahamadou Camara, frère de Gaye Camara dans un entretien accordé à Révolution Permanente, Gaye Camara s’est juste trouvé au mauvais endroit au mauvais moment et ça lui a couté la vie. « Gaye était en vacances hors de France et il n’est rentré que lundi soir. Le mardi matin, il est parti voir ma belle-sœur qui avait accouché, le soir Gaye est parti déposer un ami à Épinay-sur-Seine, devant le véhicule qui avait été volé. Il partait pour rentrer chez lui dans son propre véhicule quand la police a surgi, et elle ne l’a pas laissé partir. Ils ont tiré à 8 reprises sur son véhicule et Gaye a pris une balle dans la tête. Dans la nuit du 16 janvier 2018 mon petit frère s’est retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment, et il est mort d’une balle dans la tête. Ils ont attendu 14h pour nous prévenir. Et alors que Gaye avait sa carte d’identité et son permis de conduire, Gaye a été déposé sous X. »

Plusieurs collectifs de Justice et Vérité étaient présents pour soutenir la famille et dénoncer l’impunité policière. Le comité vérité et justice pour Lamine Dieng a pris la parole : « Les politiques vont soutenir les forces de l’ordre, demander plus de moyens pour réprimer et tuer ! Il faut se battre, paix pour Gaye Camara, vérité et justice pour tous ! ». Le collectif justice pour Ibrahima Bah a exprimé sa conviction et sa motivation dans cette lutte : « On continue ce combat pour que tout le monde sache que c’est la police qui a tué Ibo ! ». La famille d’Olivio Gomez, tué par la police, était également présente.

Entouré des enfants qui jouent sur le terrain de foot, le frère de Gaye Camara appuie sur l’importance de continuer de se réunir, de continuer d’échanger et de s’allier pour combattre l’impunité policière : « C’est important de commémorer, c’est important de voir toutes les familles de victimes qui sont venues, le combat on doit le mener tous ensemble. ».

Anasse Kazib était aussi présent pour apporter tout son soutien au collectif. « C’est pas normal qu’on ait à se battre pour obtenir justice sur quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver », « On mérite d’avoir tout, on mérite d’en finir avec l’exploitation et l’oppression qu’on vit au quotidien, celle qui est policière, celle qui est raciale et celle qui est sociale ! ». Ensuite, c’est Samir Elyes, membre du collectif Gaye Camara qui a pris la parole : « Si on fait rien pour nos quartiers, c’est pas l’État qui viendra faire les choses ! », et en profite pour apporter tout son soutien à la candidature aux présidentielles d’Anasse Kazib : « Il va se présenter aux présidentielles, on se doit de le soutenir parce qu’il va parler de nous, il va parler des quartiers, il va parler de ces parents qui travaillent matin, midi et soir pour un SMIC qui n’a pas augmenté ! ».

Comme le dit Mahamadou Camara : « Ça a toujours été un système. Comment la police nationale a été créé ? Le passeport à la base c’était quelque chose pour les noirs sous l’esclavage, pour qu’ils aient le droit de se déplacer. La justice, l’État, tout le système, c’est un système colonial. Les institutions françaises, on le sait très bien, sont racistes. ». Les mouvements Black Lives Matter de l’été derniers ont commencé à dénoncer ce racisme d’État et ont permis l’interdiction d’une méthode létale : la clé de bras. Cependant, rien n’a changé et depuis, des personnes continuent de mourir entre les mains de la police. Face à cette impunité policière, il est nécessaire d’être aux côtés de ces familles qui luttent pour obtenir justice et vérité.




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