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Le conducteur qui a sauvé 70 personnes dans les Ardennes est un héros, quoiqu’en dise le gouvernement

Alors que partout en France les cheminots ont fait valoir leur droit de retrait et « posé le sac », le gouvernement et la direction de la SNCF s’acharnent à dénoncer un mouvement social « illégitime ». Ils banalisent l’accident qui a eu lieu mercredi et qui, sans l'intervention du conducteur, aurait pu coûter la vie à 70 personnes à bord du train - et ce à cause de l'absence d'autres agents, due aux suppressions de postes dans l'entreprise.

vendredi 18 octobre

L’indifférence. C’est la seule chose qu’a laissé paraître Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur RMC, il a seulement déclaré que « le conducteur a très bien réagi et mis en œuvre les mesures de sécurité ; il a mis en sécurité l’ensemble des passagers ». En deux phrases, le secrétaire d’État fait comme si tout était normal : un accident de train, où un TER heurte un convoi exceptionnel et blesse le conducteur qui, seul et blessé à la jambe, doit aller sécuriser le train en marchant 1,5km, avant de revenir s’occuper des passagers, étant seul dans le train à cause des suppressions de postes dans l’entreprise. Pour tous les usagers du train, ce conducteur n’est rien d’autre qu’un héros qui a sauvé 70 vies : en effet, d’autres trains arrivant sur la voie auraient pu causer un « sur-accident », si le cheminot n’était pas parvenu à mettre en place la procédure d’urgence assez rapidement.

La question que tout le monde devrait se poser est la suivante : et si l’accident avait été plus grave pour le conducteur ? Si au lieu d’une blessure à la jambe le conducteur avait été dans l’incapacité de se déplacer ? Si celui-ci était même mort dans l’accident ? Aurait-on dû, pour économiser un poste de contrôleur dans le TER, mettre en danger tous les passagers du train ? Les images du TER, dont l’avant a été déchiqueté par l’impact au point de mettre hors-service la radio, montrent que de telles hypothèses sont loin d’être fantasques !

Mais non, le gouvernement et la direction de la SNCF préfèrent minimiser ces risques, réduire l’acte de ce cheminot à une simple « conscience professionnelle », et critiquer tous ses collègues qui se disent simplement : « et si cela arrive dans mon train et que je suis seul, comment ferais-je ? Comment, dans ces conditions, puis-je assurer la sécurité de mes passagers ? ». Comme on le voit dans cet accident, notre sécurité est dépend parfois du hasard des accidents car la SNCF, un « service public », préfère faire passer les économies sur les contrôleurs, qui sont avant tout des agents censés assurer la sécurité à bord des trains. Contrairement à ce que dit le secrétaire d’État quand il affirme que « ce n’est pas normal de prendre les usagers à témoin d’une prise de position syndicale sur un dispositif qu’ils contestent », heureusement que les cheminots, partout en France, aujourd’hui, ont fait passer la sécurité des passagers, qui sont clairement en danger dans les TER où les conducteurs sont seuls à bord, avant les priorités de la direction de l’entreprise. Notre sécurité vaut plus que leurs profits !




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