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Politique

Rhétorique de la « prise d’otage »

Le député LREM du Pas-de-Calais traite les grévistes de « terroristes »

Sur les ondes d’une radio locale, le député LREM du Pas-de-Calais a accusé les grévistes de « prendre la France en otage », de faire du « terrorisme ». Une rhétorique classique mais néanmoins scandaleuse de la part d’un gouvernement qui cherche par tous les moyens à criminaliser la grève, les travailleurs mobilisés et leurs moyens d’action.

mardi 7 janvier

Il ne s’agit pas d’un « dérapage ». En traitant les grévistes de « terroristes » et de « preneurs d’otage », le député de la République en marche du Pas-de-Calais Jean-Pierre Pont, utilise une rhétorique classique pour criminaliser les grévistes. À l’antenne de la radio locale Delta FM, ce député a ainsi déclaré à propos de la grève contre la réforme des retraites et d’éventuels blocages de dépôts pétroliers : « Pour moi, prendre la France en otage, c’est tout à fait illégal. Et, évidemment on va peut-être me critiquer, c’est des faits de terrorisme. »

Interpellé par ses propos violents et calomnieux, scandaleusement insultants pour les véritables victimes d’attentats terroristes, Jean-Pierre Pont persiste et signe, allant jusqu’à comparer la grève aux prises d’otages au Liban : « Pour moi, otage me fait penser aux otages au Liban, aux otages quand il y a eu les affaires à Paris […] Ça pourrait se terminer par des morts, c’est pas possible… Couper l’électricité à une maison de retraite ou à un centre hospitalier, écoutez, franchement, non, je ne peux pas admettre ça ». Une rhétorique qui ne s’incommode pas, par ailleurs, de reprendre une fake news d’un autre député LREM qui avait faussement affirmé que les agents EDF avaient coupé l’électricité à un hôpital.

Mais en termes de propos scandaleux et insultants, assimilant grévistes et terrorisme, ce député n’en est pas à son coup d’essai. En effet, en 2018 et à propos de la bataille du rail, il avait incriminé les grévistes pour leur « responsabilité dangereuse – voire criminelle », avec des arguments particulièrement fumeux visant à instaurer un climat de terreur autour de ce conflit : « dans les rares trains bondés qui circulent, les salariés se rendant à leur travail et les voyageurs risquent malheureusement de constituer des cibles idéales pour les terroristes islamistes ».

Autant de sorties médiatiques visant à criminaliser les grévistes et leurs moyens d’action, qui démontrent que du côté de la macronie, tous les coups sont permis pour essayer de mettre fin au conflit.

Crédit photo : JPP




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