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Jeunesse

Pour financer la hotline ?

Le gouvernement veut supprimer 35 millions du budget de la vie étudiante

Alors que Frédérique Vidal a annoncé la mise en place d'une « hotline » consacrée à la précarité étudiante, le gouvernement cherche à sabrer les budgets alloués à la vie étudiante, selon Public Sénat. Le Sénat s'est opposé à cette suppression.

mardi 19 novembre

Crédits illustration : Jet d’encre

Plus c’est gros, plus ça passe ? C’est sans doute ce que c’est dit le gouvernement, tant l’information semble irréelle. Alors que la jeunesse se réveille sur le terrain de la lutte, suite à l’immolation d’un étudiant précaire à Lyon, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a annoncé la mise en place d’une « hotline ». En soi, cette « mesure » semble si déconnectée de la réalité qu’elle paraît risible. Mais c’est une seconde information qui vient de tomber. Selon Public Sénat, le gouvernement n’a rien trouvé de mieux, pour boucler le budget 2019, que de supprimer 35 millions d’euros du budget alloué à la vie étudiante !

Si le Sénat, par le biais d’un amendement PS, a bloqué cette suppression, cette tentative gouvernementale est un véritable affront à la jeunesse. En effet, ce budget permet de financer, entre autres, les bourses étudiantes via le CROUS. Or, c’est précisément par impossibilité de toucher ni les bourses, ni les aides d’urgences, que l’étudiant lyonnais a commis l’irréparable.

Une telle décision est à mettre en miroir avec les fanfaronnades de l’exécutif qui se vante d’avoir revalorisé les bourses de 46 millions d’euros en début d’année pour faire face à l’augmentation du coût de la vie étudiante. D’autant plus à l’heure où le discours officiel se borne à répéter que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tout ne serait que problème d’information : les étudiants ne seraient pas au courant de ce à quoi ils ont droit, tout ne serait pas utilisé... d’où la solution magique du numéro vert ! S’il y a un manque d’information, c’est bien celui de savoir combien le patronat se fait sur le dos des étudiants en les exploitant dans des jobs sous payés ou des stages pas payés du tout, d’être conscient de la façon dont cette précarité est utilisée pour faire pression sur l’ensemble du monde du travail. Une telle information rendrait d’une part plausible mais également tout à fait naturelle la mise en place d’un revenu équivalent au SMIC pour les étudiants financé intégralement par le patronat !

Une nouvelle, en tout cas, qui est révélatrice de la voie à suivre pour faire plier un gouvernement déterminé à attaquer sans cesse les plus précaires. A l’opposé des concertations dans des salons dorés et des dialogues en catimini, la voie de la grève et de la lutte, avec en ligne de mire la date du 5 décembre pour un mouvement généralisé contre Macron et son monde.




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