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Politique

Le gouvernement accepte que Renault ferme certains sites et licencie au nom de la « compétitivité »

Au nom de la « compétitivité », Bruno Le Maire a annoncé ce lundi 25 mai que le gouvernement accepte que Renault ferme certains sites et ainsi d’ouvrir la voie aux licenciements des travailleurs.

lundi 25 mai

Crédit photo : AFP - BERTRAND GUAY

Au micro de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin, Bruno Le Maire a cette fois eu le mérite de la clarté. « Est-ce que vous pouvez dire ce matin qu’il n’y aura pas de suppression de postes ? », la réponse du ministre de l’Economie est « non ».

« Je ne peux pas vous le dire, et je pense que ce ne serait pas responsable de le dire », ajoute-t-il. Un discours qui change radicalement des prises de ses annonces le 14 mai où il affirmait que « L’Etat jouera tout son rôle, comme actionnaire de référence chez Renault, pour veiller à ce que les choix qui sont faits ne soient pas faits au détriment de l’emploi ou des sites industriels », comme le remarque le journal Marianne.

Dès lors, le gouvernement assume désormais clairement sa position : il accepte que Renault ferme des usines, les licenciements qui vont avec, et pire, il les justifie au nom de la « compétitivité ».

Pour illustrer sa doctrine, Bruno Le Maire développe le scénario à venir si Renault ne "s’adapte" pas : « Renault sera toujours moins compétitif, et Renault continuera d’être en péril, et dans deux ou trois ans, il y aura un ministre de l’Economie qui malheureusement sera obligé de dire qu’on met la clef sous la porte de Renault, parce qu’on ne lui a pas permis de se renouveler, de se moderniser, de rester dans la course mondiale de l’industrie automobile, qui est féroce ».

Dans son interview, le ministre de l’Economie cherche à rassurer tout en remettant au cœur la nécessité pour Renault d’avoir les mains libres. « Bien sûr que nous serons attentifs à chaque emploi, bien sûr que nous serons attentifs à chaque salarié, mais nous voulons laisser la possibilité à Renault d’adapter son outil de production. De l’adapter en faisant attention à certains choix ». En moins d’une semaine, ces « choix » seraient donc devenus nécessaires, des choix qui aboutiront probablement à des fermetures de sites et des licenciements et ceux malgré les 5 milliards d’euros de prêts garanti par l’Etat.

Parmi les quatre sites qui sont menacés de fermetures, Flins, Choisy-le-Roi, Dieppe et Caudan, le ministre de l’économie dit vouloir s’opposer à la fermeture du premier « parce qu’il n’y a pas de raison pour nous, quand on regarde attentivement, que Flins ferme », « mais il peut y avoir d’autres choix, qui sont nécessaires ». Une « maigre consolation » donc puisque que le maintien de Flins pourrait se faire au détriment d’autres sites. En somme, le gouvernement prépare ainsi les esprits aux fermetures de sites et licenciements.

Si pour l’heure, les fermetures de sites restent à l’état de menace, les travailleurs seront bientôt fixés. En effet, la stratégie du constructeur sera connue en fin de semaine avec un plan d’économie estimé à deux milliards d’euros. Un plan qui d’ores et déjà a ravivé la colère des travailleurs de l’usine Renault de la Fonderie de Bretagne où 200 travailleurs ont débrayé face aux menaces de fermeture.




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