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Politique

Reprise de l'école le 11 mai

Le gouvernement fait face à la colère des enseignants, élèves et parents

Reprise étalée en fonction des classes d'âge, volontariat des parents, groupes restreints... Le gouvernement ne sait plus comment faire pour tenter de calmer la légitime colère déclenchée par l'annonce d'Emmanuel Macron de la réouverture des établissements scolaires à partir du 11 mai. Au détriment de la situation sanitaire et du risque encouru pour les personnels de l'éducation nationale, les enfants et leurs parents.

lundi 27 avril

Crédit photo : Philip Davali / Ritzau Scanpix / AFP

Le retour en classe se fera selon le volontariat des parents. C’est la dernière annonce faite par l’Elysée ce jeudi concernant la réouverture des établissements scolaires – exception faite des universités – à partir du 11 mai prochain, date de début du déconfinement. Et ce alors qu’Edouard Philippe doit préciser ce mardi devant l’Assemblé nationale les grandes lignes du plan de déconfinement qui sera mis en place à partir du 11 mai.

Cette annonce du retour à l’école avait provoqué [une grande colère dès les annonces faites par Emmanuel Macron, le 13 avril dernier https://www.revolutionpermanente.fr/Reouverture-des-ecoles-Macron-se-fout-des-inegalites-il-veut-remettre-les-parents-au-boulot]. Depuis, le gouvernement a semblé naviguer à vue sur la question, changeant plusieurs fois de braquet, sans parvenir à atténuer la colère que génère une décision qui vise avant tout à permettre à des milliers de parents de reprendre le chemin du travail pour relancer l’économie, au grand mépris de leur santé, de celle de leurs enfants et de celle de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale.

Un volontariat, alors que de nombreux parents avaient déjà fait savoir leur ferme intention de ne pas envoyer leurs enfants le 11 mai, en guise donc d’effet d’annonce pour la Macronie. Le mardi, Jean-Michel Blanquer avait déjà tenté de calmer l’incendie en donnant quelques précisions sur cette rentrée, décidée alors que la plupart de nos voisins européens ont déjà acté que les écoles ne réouvriraient pas avant septembre. Le ministre de l’Education nationale avait notamment précisé que les retours seraient échelonnés en fonction des classes, certains ne retrouvant le chemin de l’école que le 25 mai, soit deux semaines plus tard.

Un retour en classe dangereux qui ne rime à rien

Un volontariat qui, pensé pour désamorcer la colère des parents, n’a fait que provoquer un mécontentement encore plus grand pour nombre d’entre eux. En effet, pour beaucoup, la question ne se posera pas puisqu’il faudra reprendre le chemin du travail, bien souvent sans aucun respect des mesures sanitaires nécessaires alors que le risque d’une seconde vague épidémique est bien présent. Pour ces parents, il faudra donc cumuler les risques pris sur leur lieu de travail à ceux de leurs enfants, qui passeront donc la journée dans des établissements scolaires incapables de leur offrir le strict minimum comme du savon ou du gel hydroalcoolique pour se protéger.

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Pire, cette reprise est particulièrement incompréhensible sur le plan pédagogique lui-même alors qu’il ne reste qu’un mois de cours ; une incompréhension renforcée par l’irruption du volontariat. Comment les enseignants vont-ils pouvoir gérer la sacro-sainte continuité pédagogique sur deux fronts, celui de ceux qui viendront en classe puis le soir ou sur leurs temps de repos, continuer de proposer à ceux qui restent chez eux des contenus à réaliser à distance ?

D’autant que la justification initialement brandie par la Macronie pour justifier ce retour forcé en classe, à savoir gommer les inégalités créées par les cours à distance, ne tient plus à partir du moment où chacun peut venir en cours ou non. Pourquoi alors ne pas avoir pensé un dispositif spécialement destiné à ces élèves qui, bien souvent faute de moyens, n’ont pu suivre le rythme scolaire imposé pendant ces presque deux mois de confinement ? Peut-être parce que la logique qui anime ce gouvernement depuis le début de la pandémie n’est pas une logique pédagogique pour les élèves, ni une logique sanitaire. Mais bien une logique économique, qui considère que tout cela a assez duré, quitte à mettre des vies en danger.

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