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Le gouvernement ne reculera pas sur sa réforme de l’assurance chômage malgré la crise

La pandémie du COVID-19 aura un dur impact sur le marché du travail. Avec près de 9 millions de travailleurs en chômage partiel qui viennent s’ajouter aux millions de chômeurs, le gouvernement a décidé de ne pas revenir sur sa réforme qu’importe l’impact sur les futurs chômeurs de la crise qui arrive.

jeudi 16 avril

Ce mercredi, un décret est paru afin de faire un geste en direction des chômeurs très impactés par la crise du COVID-19. Tout d’abord, il y aura une prolongation des indemnisations pour les chômeurs en fin de droits. Le décret permet que le paiement des allocations aille « jusqu’à la fin du mois civil au cours duquel intervient la fin du confinement ». Cela est valable pour les personnes en fin de droit entre le 1er mars et le 31 mai.

Ceux qui ont démissionné afin de changer de travail avant la pandémie, et qui de fait n’ont pu accéder à leur nouvel emploi, pourront toucher leurs allocations chômage. Les intermittents auront également droit à leurs indemnités même s’ils n’ont pas effectué leurs 507 heures. La réduction des allocations de 30 % au bout de 6 mois de chômage est également « suspendue pendant la durée de la crise sanitaire ».

Et c’est tout ! Bien peu au regard de l’impact de la pandémie sur l’économie mondiale. On est bien loin des déclarations de Pénicaud, ministre du Travail, en mars dernier, qui expliquait démagogiquement que personne ne serait laissé « au bord de la route ».

Les chômeurs devront faire face aux conséquences économiques du COVID-19 et la réforme du gouvernement

Avec le confinement, son impact sur l’économie et le marché du travail, les chômeurs peineront encore plus à retrouver un emploi stable. Cela relèvera quasiment de la mission impossible de trouver un travail dans les mois qui suivront.

Le gouvernement ne fait que prolonger pour trois mois des aides bien faible pour les travailleurs privés d’emploi. En outre, le gouvernement a été clair, il n’est pas question de renoncer au deuxième volet de la réforme qui entrera en vigueur au 1er septembre.

En premier lieu, il est question de la règle de calcul des indemnités. La période d’inactivité sera prise en compte pour calculer le salaire journalier de référence qui déterminera l’indemnité chômage. Ce sont donc les travailleurs qui alternent les CDD et périodes d’inactivité qui verront leurs indemnités baisser drastiquement. Si le gouvernement a annoncé que, « à titre exceptionnel, les périodes d’inactivité non couvertes par un contrat de travail au cours de la période de crise sanitaire ne seront pas prises en compte » cela ne fait que repousser l’inévitable.

Car contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, il y aura des laissés pour compte, notamment les chômeurs que le gouvernement n’a de cesse d’attaquer avec sa réforme. Ceux qui sont privés d’emploi actuellement devront faire face à crise économique d’ampleur, qui signifie moins d’offres. De plus, il faut s’attendre a des licenciements et des fermetures d’entreprises après le déconfinement ce qui fera affluer encore plus de chômeurs. Certaines entreprises, comme Daher, sous-traitant aéronautique, ont déjà commencé à annoncer des licenciements massifs. Et les millions de chômeurs seront encore plus perdants car aucune mesure ne les protégera.

A l’inverse de ces attaques croissantes du gouvernement et du patronat, en cette période de crise, il est urgent de se battre pour interdire les licenciements, et pour que chaque personne précaire ou privée d’emploi bénéficie d’une allocation à hauteur du SMIC.

Crédit photo : AFP




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