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Politique

Allocution d'Edouard Philippe sur les retraites

Le gouvernement persiste et signe, "travailler plus longtemps n’est plus un tabou" selon Philippe

À la veille du "vendredi noir" à la RATP, Edouard Philippe s'est exprimé devant le Conseil économique, social, et environnemental pour préciser le calendrier de la réforme et "rassurer" les Français comme le confiait l'entourage du premier ministre à France Info.

jeudi 12 septembre

Crédits photos : AFP / ERIC FEFERBERG

Tout en tentant d’apaiser au mieux la colère qui commencera à s’exprimer dans plusieurs secteurs dès ce vendredi avec une première grève à la RATP, le gouvernement confirme toutefois l’objectif premier de la réforme : nous faire travailler plus longtemps pour des salaires de misère.

Et c’est confirmé de la bouche du premier ministre, "travailler plus longtemps [ne serait] plus un tabou". À lui de confirmer ensuite que le gouvernement compte détricoter secteur par secteur les 42 régimes spéciaux de retraite pour mettre en place un régime universel qui allonge le temps de travail de tous.

Et si Edouard Philippe veut lisser les tensions que la réforme génère en faisant passer l’objectif gouvernemental pour une ambition partagée par le monde du travail, il se garde bien de renouer avec la méthode bulldozer de l’acte 1 du quinquennat. En effet, le calendrier que le premier ministre dessine ce jeudi s’inscrit consciencieusement dans le "changement de méthode" de l’exécutif. Concertations citoyennes pendant près d’un an, concertations syndicales jusqu’en décembre, et une réforme qui devrait entrer en vigueur uniquement en 2025, soit trois ans après le terme du quinquennat Macron.

"Donner du temps au temps" comme disait Raymond Soubie sur le plateau télé de France 5, voilà une condition sine qua non pour que la réforme des retraites ait une chance d’aboutir. Car si le « plan de bataille » concocté par les directions syndicales ressemble plus à un puzzle de dates qu’à une stratégie à la hauteur de cette attaque historique contre les retraites, la colère de certains secteurs du mouvement ouvrier comme dans la Santé ou à la RATP pourrait bien ouvrir une brèche à même d’entraîner un mouvement d’ensemble.

Et le fait de réserver l’application de la réforme seulement aux travailleurs nés après 1963 pourrait ne pas suffire à atomiser le vent de contestation qui s’apprête à souffler. Comme preuve les estimations pour ce vendredi 13 qui prévoient 90 à 100% de grévistes à la RATP, une première journée qui rappelle la mobilisation qui avait fait reculer Juppé en 1995. Affaire à suivre.




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