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Politique

De l’air, de l’air : ouvrez les frontières !

Le gouvernement relance l’idée de quotas d’immigration

Dans un entretien donné au JDD, Christophe Castaner a expliqué que, excepté les demandes d’asile, « la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale », relançant un sujet déjà ouvert par Macron au moment du grand débat.

lundi 17 juin

Crédit photo : Thomas Samson / POOL / AFP

Depuis le résultat des élections européennes, le gouvernement continue sa poussée à droite. Preuve en est, les dernières déclarations du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Dans un entretien au Journal du dimanche, le ministre a expliqué que si « En matière d’asile, les quotas sont contraires à nos engagements internationaux – et à mon éthique personnelle. » il en était tout autrement pour les autres formes d’immigration légale. «  Mais la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d’autres modes d’immigration légale.

Dans la lignée des arguments réactionnaires traditionnels, Edouard Philippe a notamment distingué les « bons migrants » des « mauvais », ciblant notamment le regroupement familial, « l’immigration économique », ou encore les étudiants étrangers. Lesquels ont vu les frais d’inscription explosés.
Visiblement, il faut jouer une finale de Top14 ou escalader un immeuble pour sauver un enfant pour être considéré comme un “bon” migrant et être régularisé. Depuis le début de son quinquennat, Macron n’a cessé d’attaquer les migrants, notamment avec sa loi Asile et immigration présenté par Gérard Collomb, loi qui visiblement n’était pas suffisante. Cette loi a augmenté la durée de rétention à 90 jours (contre 45 précédemment), a raccourci le délai de recours en cas de refus de la demande d’asile et permet l’enfermement des mineurs en centre de rétention. Dans un clip de campagne pour les Européennes, LREM avait montré une immigration décrite comme massive et invasive, qui menacerait les « Français » et qu’il s’agirait de contrôler.

Juste après les résultats de ces élections qui ont vu le RN l’emporter, Emmanuel Macron loin de se présenter en rempart contre l’extrême-droite est allé braconner sur les terres de Marine Le Pen. Il avait expliqué que « pour être ouvert, il faut avoir des limites. Il faut avoir une maison donc il faut avoir des frontières […] Et aujourd’hui, force est de constater que les choses ne tiennent pas comme elles devraient ». Estimant que les frontières des accords de Dublin « ne marchent plus » avant de charger directement Schengen : « quitte à ce que ce soit un Schengen avec moins d’États [...] Je ne veux plus de gens qui ne veulent pas tenir la frontière commune et sont dans le laxisme » .

Cette déclaration de Castaner n’est donc pas chose nouvelle d’un point de vue idéologique étant donné la véritable chasse aux migrants organisée par le gouvernement et appliquée avec zèle par les forces de répression depuis le début du quinquennat de Macron. Ce dernier cherche à restreindre encore davantage le droit de circulation. Si les quotas sont mis en place, ils ne changeront rien à la crise migratoire mondiale, principalement dû aux interventions impérialistes qui poussent des milliers de personnes à fuir leurs pays. Au contraire, cela viendra renforcer l’immigration dite illégale. Ce n’est pas la France qui va payer une telle politique restrictive et xénophobe mais les migrants eux-même qui prendront encore plus de risques pour atteindre l’Europe forteresses. Il faudra s’attendre à d’autres cas dramatiques dans les centres de rétention à l’instar de ce jeune ivoirien qui s’est suicidé la prison de Grasse la veille de son expulsion du territoire. Ce sang-là comme le sang des milliers de migrants morts aux portes de l’Europe forteresse tache les mains de nos dirigeants, sur les mains de Castaner et Macron tout particulièrement. Il est plus que tant, dans cette période de crise politique et économique favorable à l’extrême-droite, de porter des revendications internationalistes et anti-impérialistes. Les migrants ne sont pas des statistiques ou des chiffres ! Refugees Welcome !

Ainsi en mai, les “gilets noirs” occupaient l’aéroport de Roissy contre les déportation pour lutter contre cette “guerre” faite aux sans papiers et aux étrangers “illégalisés”.




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