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Le « grand soldat » Pétain : Olivier Faure et le PS rejoignent les défenseurs de Macron !

Alors que Mathilde Panot s’est retrouvée sous le feu des attaques de LREM et du RN après avoir dénoncé la réhabilitation de Pétain par le président de la République, Olivier Faure n’a pas hésité à rejoindre les défenseurs de Macron, "regrettant" le tweet. Une prise de position révélatrice du camp dans lequel s’est toujours trouvé le PS, et des tensions qui traversent la NUPES.

lundi 18 juillet

Crédits photos : Thomas SAMSON / AFP

La chef de file des insoumis à l’assemblé, Mathilde Panot, a déclenché une levée de bouclier générale suite à son tweet du 16 juillet. Dans ce dernier, la députée pointe l’actualité du combat contre l’antisémitisme et la responsabilité de la macronie dans la réhabilitation de l’extrême droite.

Une prise de position qui a immédiatement provoqué une levée du bouclier de la part de LREM et du RN, mais aussi de plusieurs figures du PS, parmi lesquelles Olivier Faure, pourtant figure de la NUPES.

La réhabilitation de Pétain, un leitmotiv de la macronie et du RN

Le tweet de Mathilde Panot fait en effet référence à l’hommage que Macron avait rendu au maréchal Pétain en 2018, à l’occasion du centenaire de l’armistice. Macron avait alors qualifié le collaborationniste, antisémite, bourreau des mutins de 1917 et des révoltés marocains du Rif de « grand soldat ». Un hommage que Macron réitérera à plusieurs reprises. En 2020, dans un entretien à l’Express, il en fait le « héros de 17 » et parle d’un « grand militaire ».

Face à ce rappel des faits, les ténors de la macronie et du RN sont immédiatement montés au créneau. Du côté des proches de Macron, Clément Beaune, ministre délégué chargé des Transports, considère que la réhabilitation de Pétain par Macron n’est qu’un « petit débat politique du moment » et demande à Panot de : « présenter [ses] excuses à la France, vite » , avant d’enchaîner, sur BFM TV : « cela dit quelque chose de la grande confusion qui anime certains chez la France insoumise ». Le ministre du travail, Olivier Dussopt, lui emboite le pas : « Aucune limite dans l’indécence » commente-t-il. Suivi de près par Agnès Firmin Le Blodo, ministre déléguée en charge de l’organisation territoriale et des Professions de santé : « Quelle honte ! » ; la ministre déléguée auprès de la première ministre chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes Isabelle Rome : « la nausée » ; « palme de l’abject, de l’indigne » pour la députée Renaissance Prisca Thévenot sur CNews. Du côté du RN, le ton est encore plus cash : Sébastien Chenu déclare que la députée « ferait mieux de la fermer ».

Face aux attaques contre Panot, le PS montre son vrai visage, celui d’allié de la macronie

Alors que le PS a largement profité de la NUPES pour se refaire une santé politique, les députés socialistes n’ont pas hésité à se joindre au chœur des révisionnistes réactionnaires. Le député socialiste Jérome Guedj a ainsi dénoncé l’idée d’une équivalence entre le macronisme et le régime de Vichy, ce qui, pour être vrai, ne se retrouve à aucun moment dans les déclaration de Mathilde Panot. Le maire socialiste de Rouen Nicolas-Mayer et la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga ont, quant eux, eu respectivement mal à « leur gauche » et « mal à leur France ».
 

Mais c’est surtout Olivier Faure qui donne le ton de la rupture avec le reste de la NUPES, lorsqu’il s’agit de dénoncer le rôle de l’Etat français dans le génocide juif et les accointances idéologiques entre Emmanuel Macron et le RN. Le secrétaire général du PS se fait ainsi un devoir de remettre Mathilde Panot à sa place : « Il y a un temps pour tout, et parce que ces événements sont une blessure dans notre Histoire, ils supposent que ce jour-là, on s’abstienne de toute formule qui peut prêter à polémique, et donc je regrette effectivement que ces mots aient été prononcés ce jour-là ».

Présenté par son autrice comme une tentative « lancer l’alerte sur le moment politique que nous vivons » – alerte, somme toute, assez timide, la députée LFI ayant par la suite éludé le sujet du rôle de la majorité présidentielle dans la montée de l’extrême-droite en France – la polémique autour du tweet de Mathilde Panot aura eu le mérite de faire ressortir les contradictions internes à la NUPES. Elle rappelle de quel côté se trouve le PS, qui, s’il prétend faire un virage à gauche au sein de la NUPES, reste un parti solidaire de la bourgeoisie, allié du camp présidentiel, et prêt à rentrer dans le "front Républicain" LREM-RN lorsqu’il s’agit d’évoquer la mémoire des crimes de l’Etat français.



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