^

Politique

Acharnement judiciaire

Le journaliste Gaspard Glanz condamné à une amende pour avoir fait un doigt d’honneur aux policiers

Ce vendredi, Gaspard Glanz, journaliste de 32 ans du média indépendant Taranis News, a été condamné à une amende pour outrage à agent. Cette sentence tombe plus de six mois après l’évènement, le 20 avril dernier, où il avait fait un doigt d’honneur à deux policiers alors qu’il venait d’esquiver une grenade de désencerclement.

vendredi 15 novembre 2019

 Crédit photo : ZAKARIA ABDELKAFI AFP OR LICENSORS 

Voici le nouvel épisode de la longue série « Une justice à double vitesse ». Le 20 avril dernier, après avoir été visé par une grenade de désencerclement, le reporter indépendant Gaspard Glanz sous la colère, avait brandi un doigt d’honneur aux deux policiers. Il n’en a pas fallu plus pour que les forces de l’ordre l’immobilisent au sol puis l’arrêtent. L’homme de 32 ans, journaliste chez Taranis News, était jugé aujourd’hui, pour « outrage à agents ». Il a été finalement condamné à dix euros d’amendes par jour pendant trente jours ; soit 300 euros d’amendes. Il devra aussi verser 100 euros à chacun des deux policiers pour « préjudice moral ». On ne peut qu’imaginer le traumatisme que ça a dû être pour les policiers de recevoir un doigt d’honneur...

Si la condamnation semble absurde c’est parce qu’elle l’est. De nombreuses personnes depuis les gilets jaunes ont été condamnées et jugées pour des faits minimes. On se souvient du jeune qui avait écopé deux mois de prison pour avoir appelé à un rassemblement dans un live Facebook, ou encore du gilet jaune qui a écopé de huit mois de prison ferme pour un coup de pied dans un fourgon. Cela paraît ridicule d’avoir eu une telle exemplarité judiciaire pendant six mois, pour avoir au final un verdict d’une « petite » amende. La disproportion est énorme entre le zèle que fait la justice pour traiter avec fermeté ce genre de non-évènement ; et les centaines de plaintes déposées pour violences policières qui n’ont jamais donné suite à un seul procès de policier. Depuis les gilets jaunes, cette justice qui fonctionne à deux niveaux, a de plus en plus de mal à cacher ses apparences. Nous faisons clairement face à une justice de classe, qui sert directement les intérêts du pouvoir en place.

L’excès de zèle des policiers ce jour-là pour un petit geste qu’ils ont pourtant l’habitude de voir, n’est pas due au hasard, la cible était choisie. Gaspard Glanz étant un reporter suivi chez les gilets jaunes et impliqué dans le mouvement, il faisait office de figure, et ce jour-là, son arrestation a servi d’exemple, voire de menace.




Mots-clés

Gaspard Glanz   /    journalisme   /    Gilets jaunes   /    Répression   /    Politique