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Politique

Extrême-droite

Le leader des Zouaves Paris, tatoué de symboles nazis, interpellé après le meeting de Zemmour

À l’heure de la surenchère réactionnaire, où les lignes de l’extrême droite sont disputées notamment par le gouvernement Macron, le chef des Zouaves Paris et un autre militant ont été interpellés suite au tabassage des militants de SOS Racisme lors du meeting de Zemmour à Villepinte.

mercredi 15 décembre 2021

Dix jours après le tabassage au meeting de Zemmour, le 5 décembre dernier à Villepinte, des militants de SOS Racisme par les Zouaves Paris pour y avoir arboré des t-shirts formant « Non au Racisme », le dirigeant du groupuscule néonazi, Marc de Cacqueray-Valmenier, a été interpellé à son domicile par la brigade de recherche et d’intervention (BRI) ce mardi, ainsi qu’un second militant ce mercredi. Les deux hommes de respectivement 23 et 18 ans ont été placés en garde à vue pour « violences volontaires ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours », aggravées par les circonstances de réunion et d’armement.

« Protégés par la police observant sans broncher mais interpellant les manifestant antifascites, [paradant] dans Villepinte avant le meeting, traquant tout opposant à leur candidat d’extrême droite » puis remerciés par le staff de Zemmour pour leur agression ultra-violente des militants antiracistes, les Zouaves Paris ont fait figure de soutiens de la première heure de Zemmour. Le visage de ses membres, on ne peut plus proche du candidat, sont bien connus, à commencer par celui de leur leader, Marc de Cacqueray-Valmenier. Ce dernier appartient à une famille bien fournie : de Régis de Cacqueray-Valmenier, abbé de la Fraternité Sainte-Pie X catholique intégriste de Civitas, à Louis de Cacqueray-Valmenier, conseiller municipal RN du Mans ; en passant par le général Norbert de Cacqueray, signataire de la tribune des militaires publiée par Valeurs Actuelles en avril dernier.

Le parcours personnel du chef des Zouaves est bien riche lui aussi. En janvier 2019, il est condamné à six mois de prison avec sursis pour des violences commises lors de l’acte III des Gilets jaunes et prend part, à la tête des Zouaves, à l’agression du cortège des militants du NPA. En décembre de la même année, il se rend à un concert de métal néonazi en Ukraine, l’occasion de rencontrer, affublé d’un t-shirt GUD, le bataillon Azov de la même mouvance. Le 4 juin 2020, date anniversaire de la mort de Clément Méric, il participe à l’attaque à coup de barres de fer dans le bar antifa Le Saint-Sauveur, situé à Ménilmontant dans le XXème arrondissement de Paris ; son jugement pour cette affaire se tiendra en janvier prochain. En automne 2020, comme le révélait Libération il part combattre dans le Haut Karabakh « aux côtés des Arméniens chrétiens contre les Azerbaïdjanais musulmans ». Il poste sur Instagram une photo de lui armé dans un treillis sur lequel on distingue une totenkopf, insigne SS. Streepress note que Marc de Cacqueray-Valmenier est par ailleurs lui-même tatoué de plusieurs autres symboles du IIIème Reich.

Le groupe dirigé par Marc de Cacqueray-Valmenier, véhément défenseur de la campagne Zemmour est une des recompositions du GUD, dissout en 1981, regroupant en autre des membres issu de Génération Identitaire, dissoute en mars dernier ou encore de l’Action Française. L’appellation choisie par le groupuscule néonazi est évocatrice, reprennant le nom d’ « une unité de l’armée française [de la guerre d’Algérie] disparue en 1962 […] ils sont les derniers à quitter l’Algérie après avoir lutté contre le FLN », comme souligne Guillaume Farde, consultant sécurité de BFMTV.

La nature de l’agression des militants de SOS Racisme par les Zouaves au meeting de Zemmour et sa pleine légitimation par le staff, ou encore le candidat lui-même, s’inscrivent dans la droite lignée du discours porté par ce dernier. La clarté du message envoyé est pleine.

En réaction, dans un contexte de campagnes présidentielles pour 2022 bien lancées, le gouvernement Macron s’est placé en « indigné », oeuvrant d’une hypocrisie on ne peut plus criante. Darmanin, ministre de l’intérieur, qui, en février, disputait publiquement le monopole de l’extrême droite avec Le Pen ou encore expliquait que l’Action Française faisait la « grandeur de la démocratie » a exprimé sa volonté de dissoudre les Zouaves. « J’ai engagé la procédure de dissolution de ce groupement de fait que sont les Zouaves, qui est un groupe de personnes qui vient soit du GUD [ancien syndicat étudiant d’extrême droite] soit d’Action française, c’est-à-dire de mouvements d’ultradroite bien connus. » formulait donc le ministre le Ministre de l’intérieur ce dimanche. Une énième et bien inutile mascarade du gouvernement Macron qui tente ironiquement de s’affirmer comme le barrage de 2022 à une extrême droite avec laquelle il concurrence pourtant sur de multiples terrains. Car outre les limites déjà soulevées par de nombreux médias quant à l’application de la dissolution d’un « groupement de fait » - les Zouaves ne faisant pas l’objet d’une association d’un point de vue législatif - cette mesure est par son essence même illusoire. La dissolution des organisation d’extrême droite les plus radicales ne marque que le départ de nouveaux groupes de même nature, GUD, Génération Identitaire ou les Zouaves à l’appui.

Nous affirmons notre soutien indéfectible aux militants tabassés par l’extrême droite ainsi qu’à ceux réprimés par la police ce dimanche. Contre les sorties racistes, xénophobes et anti-LGBTI de l’extrême droite, de Zemmour, et plus largement d’un champ politique toujours plus réactionnaire, la construction d’un projet véritablement révolutionnaire est plus que jamais nécessaire. C’est en ce sens que nous soutenons la candidature d’Anasse Kazib, ouvrier issu de l’immigration, pour faire entendre en 2022 la voix de nos luttes, des opprimé.e.s, des travailleur.se.s et des quartiers populaires.



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