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Politique

L’État se prépare en amont de la bataille des retraites

Le ministère de l’intérieur commande… 1280 LBD à l’usine Alsetex

Depuis le mouvement des Gilets jaunes la répression contre le mouvement social ne cesse de s’intensifier et le gouvernement investit toujours plus pour armer le corps répressif. La nouvelle commande du ministère de l’Intérieur : 1280 LBD, véritable arme à mutiler, arme barbare, qui blesse, mutile, éborgne, traumatise. À une semaine du 5 décembre, le ton est donné.

samedi 30 novembre

Crédit photo © SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, la répression contre le mouvement social n’a cessé de s’intensifier. Dés lors l’armement des forces de police et de gendarmerie également. En décembre dernier, le gouvernement avait déjà offert un beau cadeau aux forces de répression : 450 "super flash-balls" et 1280 LBD 40. Six mois plus tard, en juin, c’est 40.000 grenades de désencerclement et 25 millions de ... cartouches de fusil d’assaut qui sont commandées.

Aujourd’hui, ce sont 1280 exemplaires de LBD mono coups que le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, vient de commander à l’usine Alsetex, entreprise d’armement française, dans la Sarthe. Et ce alors que ces véritables armes à mutiler ont blessé plusieurs centaines de Gilets jaunes, et éborgné plus d’une vingtaine d’entre eux.

La commande se compose également de 270 lanceurs multicoques 4 coups, et 180 lanceurs multicoques 6 coups, ces nouveaux fusils pouvant tirer des munitions en rafale. Ils permettent en effet de shooter 4, ou 6 cartouches en quelques secondes sur des manifestants. Le calibre du barillet permet de tirer aussi bien des balles en caoutchouc que des « grenades lacrymogènes ou explosives ». Ces mêmes grenades lacrymogènes qui ont tué Zineb Redouane il y a un an.

La valeur totale de cette commande est estimée à 1 638 400 euros ! À l’heure où le gouvernement ne cesse de répéter qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses publiques pour justifier les politiques d’austérité menées dans les services publics, qui ne cessent de précariser toujours plus les conditions de vie et de travail de ses agents.

Alsetex, c’est cette même usine qui avait fourni la commande de 40 000 grenades de désencerclement en juin dernier. Et qui se fait des milliards et un marché juteux, en vendant et exportant des armes aux gouvernements des 4 coins du monde, qui les utilisent pour tenter de briser toute contestation sociale. Des milliards sur le dos et la vie de celles et ceux qui osent s’opposer aux politiques et au système en place. Car en effet, si Alsetex se définit comme le « leader des produits pour la gestion démocratique des foules  », les armes qu’elle produit sont utilisées en réalité pour étouffer, dans le sang, différents processus politiques. En 2013, une étude a révélé que cette dernière avait fourni des grenades lacrymogènes pour réprimer la révolte au Bahreïn, qui auraient fait 43 morts. L’entreprise est également connue pour produire les grenades OF F1, le modèle qui a tué Rémi Fraisse, et les GLI-F4 qui ont amputé plusieurs personnes ces derniers mois.

Depuis plusieurs mois, c’est donc un véritable arsenal de guerre qu’accumule le gouvernement qui se prépare et s’organise pour faire face aux prochains conflits sociaux qui émailleront le reste du quinquennat. Et en premier lieu le combat contre la réforme des retraites qui s’annonce très suivi. À une semaine du 5 décembre, le spectre des grèves de 1995 mais aussi Gilets jaunes, avec une possibilité de contagion de leurs méthodes radicales et spontanées à d’autres secteurs de la population, notamment dans le monde du travail ou la jeunesse, le gouvernement et les classes dominantes commencent à prendre peur. Mais aussi à s’organiser : matraquage idéologique, opération de déminage, jeu de la division, mais aussi évidemment le volet répression. Le gouvernement a en effet montré sa détermination à faire passer sa réforme des retraites. Un recul autour de ce projet serait un échec très important pour Macron et la bourgeoisie française. Il faut dés lors s’attendre à un combat très dur contre le gouvernement, qui n’hésitera pas à jouer sur tous les tableaux pour éteindre la contestation et passer en force sa réforme, y compris la carte de la répression.

C’est déjà ce qu’il commence à faire, notamment au niveau des lycéens, qui se sont fait durement réprimés ces derniers jours dans plusieurs établissements où ont eu lieu des débrayages. Gaz lacrymogène mais aussi tirs de LBD ont été utilisés contre ces derniers. L’attitude du gouvernement et tous ces éléments donnent le ton. Face à ça, il est central qu’on commence nous aussi à s’organiser et à répondre par un mouvement de grève massif et une coordination entre les différents secteurs qui se mettront en lutte, afin d’imposer un rapport de force conséquent permettant de faire face à toutes ces violences, sociales, policières, que le gouvernement nous impose.




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