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« Le mouvement s’est structuré à la base » : les cheminots mobilisés cette semaine en Alsace sur le réseau TER

Mardi 9 novembre, les travailleurs du réseau TER en Alsace rentrent en grève pour dénoncer le manque d’effectif due à une précarisation des postes et à la dégradation des conditions de travail. Cette mobilisation qui s’annonce très suivie est un symptôme de plus d’une colère très forte des salariés de la seconde ligne, notamment dans les transports.

lundi 8 novembre

Suite à l’appel à la grève sur le réseau TER de l’intersyndicale SUD-Rail, CGT, CFDT-CGAAC (conduite) et FO, ce début de semaine est marqué par une forte mobilisation des cheminots dans le Grand Est. Dans l’ex-région Alsace, plus de 7 TER sur 10 sont a priori annulés pour le mardi 9 novembre, une dynamique sur laquelle est revenu avec nous Mathieu Relin, cheminot syndiqué SUD Rail à Mulhouse et militant Révolution Permanente.

Les raisons de la colère ? « Localement le mouvement s’est structuré à la base. Les conducteurs ont décidé de se mobiliser suites aux changements de roulement imposés par le plan de transport 2022, qui vont augmenter les cadences sans pour autant embaucher. Ensuite, ce sont les cheminots de la vente, de l’escale et les contrôleurs qui ont suivi sur la base d’un ras le bol face à un sous-effectif chronique. Il faut savoir qu’il y a un gros manque de personnel lié à des difficultés de recrutement. C’est la conséquence directe des postes précaires qui sont proposés : des CDD avec de très faibles salaires en horaires décalées (travail les dimanches et jours fériés), personne n’en veut, surtout depuis janvier 2020 et la fin des embauches au statut » explique le cheminot.

Concrètement les grévistes revendiquent de meilleures conditions d’embauche, en CDI, avec une hausse des salaires pour réellement palier à la pénurie de main d’œuvre produite par des offres d’emplois précaires. Actuellement la grève se construit sur les 2 journées du 9 et 10 novembre. C’est un début de mobilisation qui pourrait bien se durcir 1 mois plus tard. « Le 12 décembre c’est le jour du déploiement du nouveau plan de transport qui prévoit d’augmenter la charge de travail des conducteurs. Si d’ici là rien n’a bougé au niveau de la direction, on discute avec les collègues de partir en grève reconductible à partir de ce moment-là, on décidera en AG » témoigne Mathieu Relin.

La colère qui s’exprime actuellement est la conséquence directe de l’escroquerie de l’ouverture à la concurrence mise en place en 2018 avec le nouveau pacte ferroviaire. Cette réforme, contre laquelle les cheminots avaient déjà massivement lutté, a eu ses premières applications dans la région du Grand Est. Cela explique aussi l’ampleur du mouvement de grève dans cette zone, avec des cheminots qui subissent en premier des conditions de travail sacrifiées pour augmenter les marges de profit.

Globalement, c’est toute la première et deuxième ligne de travailleurs et travailleuses qui ont fait tourner la société pendant la pandémie qui se retrouve aujourd’hui avec des conditions de travail qui, au mieux, n’ont pas changé, au pire se dégradent, à l’image des salariés des transports. Le sentiment de colère est donc large d’autant plus qu’il s’ajoute à un contexte de forte hausse des prix, de l’alimentaire au carburant, qui touche en premier les travailleurs les plus précaires.

Dans ce cadre, Mathieu Relin l’affirme : « On a intérêt à lutter de manière commune avec les différents secteurs du transports. Quand on voit les camarades de Transdev qui ont fait huit semaines de grève contre la dégradation des conditions de travail sur une dizaine de dépôts de bus d’Île-de-France, on voit forcément le lien qu’il y a à faire dans le cadre de notre combat nous aussi contre la productivité à outrance et la rechercher de compétitivité face à une concurrence qui vise surtout à faire baisser les conditions de tous les travailleurs du transport. On aurait plus de force ensemble. »

Plus largement, dénoncer cette casse du service public et faire entendre la colère de la première et seconde ligne, c’est le sens de la candidature aux élections présidentielles d’Anasse Kazib, ouvrier de la SNCF. Une candidature que nous portons pour faire entendre nos luttes et défendre notamment la proposition d’une entreprise unifiée des transports, sous le contrôle des travailleurs et des usagers plutôt que du patronat. Et cela dans l’objectif d’avoir des transports gratuits mais aussi au service d’une véritable transition écologique. Un programme qui s’imposera nécessairement par la construction d’un rapport de force par la grève, à l’image du combat que mènent actuellement les cheminots du Grand Est contre la dégradation de leur condition de travail.




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