^

Notre classe

Le nouveau plan Renault : une « Renaulution » pour les actionnaires !

Le plan annoncé par le nouveau patron de Renault n’a rien de neuf. C’est la reprise la plus classique des solutions capitalistes en période de crise : il organise la destruction de capacités de production comme condition de la restauration des profits. L’objectif de De Meo est de faire passer les capacités de production de Renault d’un total de 4 millions aujourd’hui à 3,1 millions en 2025 : une destruction des capacités de production de près d’un quart !

mardi 19 janvier

Article du Blog NPA auto-critique publié initialement sur le site du NPA : ici

Restaurer les profits

Après les pertes de 2020, De Meo veut restaurer les profits.de Renault avec comme objectif une marge opérationnelle de 2 % en 2023 et de 5 % en 2025, à comparer aux 8 % atteints chez PSA l’année dernière. Plus de profits en produisant moins de voitures cela exige plus de profit par voiture en produisant le moins cher possible et en vendant le plus cher possible.

Un milliard de plus de réduction de coûts fixes

D’où l’objectif de réduire les coûts de fabrication de 600 euros par véhicules par une pression sur les fournisseurs, la standardisation des outils de production Renault Nissan, et l’intensification du travail pour ceux et celles restant en place. Deux milliards de réduction des coûts fixes ont été annoncés en juin 2020, avec pour conséquences, d’entraîner la fermeture de plusieurs usines et de supprimer 4 600 emplois en France et 15 000 dans le monde, De Meo rajoute un milliard d’euros de plus de réduction de coûts.

Vendre les voitures le plus cher possible grâce aux subventions publiques

Métier de base du commerce automobile, cette pratique habituelle est grandement facilitée aujourd’hui par les aides publiques qui se déversent sur les privilégiés pouvant acheter des voitures électriques au prix moyen de 35 000 euros. Produire moins de voitures mais les vendre chacune plus chère afin de réaliser un profit global supérieur : ce tour de passe-passe est largement facilité par ces subventions qui font des voitures électriques une machine à cash pour les firmes automobiles.

Voilà pourquoi en pleine pandémie, de crise économique et de montée du chômage, le pari de vendre des voitures plus chères a un peu de crédibilité. Merci les subventions publiques ! Mais c’est un pari à très court terme car la crise économique déjà menaçante va s’amplifier avec la persistance d’une pandémie non encore maîtrisée.

De nouvelles suppressions d’emploi à venir

Cette réduction des capacités de production liée à cette priorité aux profits entraînera nécessairement une casse sociale. Mais si ce nouveau plan est très précis sur les objectifs de rentabilité présentés pour allécher les investisseurs financiers, il reste flou sur les sacrifices que la réalisation de ces objectifs devra pourtant imposer aux salariés. Ceux-là sont pourtant inscrits dans le plan même de De Meo « Renolution » comme il s’en vante, tu parles !

Partage du travail entre toutes et tous

Oui, il faut se préparer à de nouvelles attaques contre les salariés. La réduction du quart des capacités de production, ce sont des usines fermées et des milliers de suppressions d’emplois, à commencer comme d’habitude par les intérimaires et prestataires. Et ces suppressions d’emplois s’accompagnent d’une dégradation des conditions de travail pour celles et ceux qui restent.

L’emploi chez Renault ne sera défendu ni par une augmentation totale de la production de voitures impossible à envisager dans les années qui viennent, ni par la soumission à une concurrence entre usines où chacune devrait défendre sa part de production. La baisse de la production prévue par Renault peut et devrait servir à améliorer les conditions de travail, à en finir avec les horaires décalés et le travail de nuit, à réduire la durée du travail, et à partager le travail disponible entre toutes et tous.




Mots-clés

Renault   /    Renault-Nissan   /    Notre classe