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« Le peuple guadeloupéen se rebelle, ils ne sont pas seuls » : manifestation de solidarité à Paris

Depuis deux semaines, le peuple guadeloupéen est mobilisé contre l’autoritarisme sanitaire et les conditions de vie et fait face à une violente répression de l’Etat français. Ce dimanche, près de 300 personnes ont marché en solidarité, alors que les organisations de gauche restent désespérément silencieuses.

lundi 29 novembre 2021

Crédits photo : Flora Carpentier

Ce dimanche 28 novembre avait lieu à Paris un rassemblement en soutien aux guadeloupéens·es en lutte face à l’État colonial Français à l’appel du Kolèktif doubout pou gwadloup et de l’association Choukaj. Près de 300 personnes étaient présentes et ont manifesté de la Place de la République à la place de la Nation.

Si la lutte en Guadeloupe est partie de l’autoritarisme sanitaire, la cause de la lutte est bien plus profonde. « Derrière cette résistance est venu se greffer d’autres problématiques sociales qui existent depuis très longtemps chez nous. La question du pouvoir d’achat, de la pauvreté et de la paupérisaiton, la question des droits qui ne sont pas respectés, mais aussi la place de la population autochtone dans les institutions qui la concernent » explique ainsi Charles Henri Gustave, fondateur de l’association culturelle Choukaj.

Les manifestants ont également dénoncé la répression française avec l’envoi du GIGN et du RAID, mais également la mise en œuvre d’un couvre-feu. Même durant la mobilisation du dimanche 28 novembre, le déploiement des forces de répression était important.

Les manifestants étaient nombreux à être originaires de Guadeloupe, évoquant les problématiques de l’île. « La frustration ce n’est pas que le pass sanitaire. Y’a plein d’autres problèmes. Y’a des problèmes d’eau, y’a le chlordécone, y’a le chômage, et c’est pour ça qu’on fait grève et qu’on manifeste » expliquait ainsi Anthony, cheminot à l’Infrapôle Paris Nord.

Dans la manifestation, Fatia Alcabelard est revenue sur la mort de son père, Klod Jean-Pierre, tué par la police en novembre 2020, et sa solidarité avec le mouvement. « C’était important d’être là parce que ça fait un moment que le peuple de Guadeloupe souffre, c’était important de montrer notre soutien à la mobilisation là-bas » a-t-elle expliqué.

Sophia Sabine, membre du collectif Chlordécone 0 Poison, a quant à elle noté « On se mobilise contre l’obligation vaccinale mais aussi parce que 92% d’entre nous sont empoisonnés au chlordécone et les responsables ne sont pas inquiétés alors que quand on se mobilise on est de suite emprisonnés. » Elle a en ce sens dénoncé la situation de ses camarades emprisonnés pour leur participation au mouvement.

Une manifestation de solidarité importante avec le mouvement en Guadeloupe, mais qui pose la question de l’absence de mobilisation des grandes organisations de la gauche. Celles-ci étaient largement absentes et n’ont toujours pas appelé à la moindre mobilisation de solidarité après deux semaines de mouvement en Guadeloupe mais également en Martinique.

Comme nous le notions la semaine dernière : « En soutien au peuple guadeloupéen, il est essentiel que les directions syndicales et l’ensemble des organisations de gauche fassent preuve d’une solidarité active. La radicalité des mobilisations en Guadeloupe et les revendications qui s’y expriment peuvent être un point d’appui pour la construction d’un grand mouvement d’ensemble. En ce sens, il est impératif de montrer que les guadeloupéens ne sont pas seuls, en dénonçant la répression coloniale et en organisant la solidarité. Dans le même sens, il faut travailler à l’extension du mouvement dans la continuité de la dynamique en cours en Martinique.



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